Sur scène, Sarah-Anna ne prévient pas : elle tranche. Avec un humour noir acéré et un sens du rythme redoutable, l’ancienne infirmière devenue humoriste impose, avec Salé, un premier spectacle à son image : sans filtre, frontal et résolument vivant. « J’ai l’impression d’avoir un superpouvoir : faire rire plein de gens en même temps », confie-t-elle, encore surprise par ce virage amorcé presque par hasard. Pendant sept ans, elle a exercé au service cancérologie du CHU de Rennes. Un univers où le rire, loin d’être déplacé, devient « un bouclier » face à la gravité du quotidien. « Il n’y a rien de plus vivant que la fin de vie, parfois », dit-elle, évoquant ces patients capables d’humour jusqu’au bout. Une expérience qui irrigue aujourd’hui son écriture, nourrie d’absurde, de cynisme et d’une lucidité parfois dérangeante. Avec Salé, Sarah-Anna explore sans détour les contradictions de la société, les relations amoureuses ou amicales, et les petites névroses contemporaines. « J’ai une heure quinze pour dégueuler aux gens tout ce que j’ai sur le cœur », lâche-t-elle, sourire en coin. Un défouloir partagé avec le public, qu’elle embarque dans un univers où l’on rit souvent… en se demandant si l’on devrait. Révélée sur les scènes rennaises, la jeune femme a franchi un cap en 2023 en remportant le prix du jury du festival Rire & vilaine, avant de conquérir le public du festival d’Avignon 2025, où son spectacle a affiché complet. Depuis, la tournée s’enchaîne et les salles suivent. Car derrière l’irrévérence, Sarah-Anna revendique une forme de catharsis. « Les gens aimeraient parfois être énervés, péter un plomb. Moi, je le fais avec eux et pour eux. » Et dans cette libération collective, une chose est sûre : on sort secoué, hilare… et bel et bien vivant.
Vendredi 29 mai (20:30)
Au Vox
