Posté le 29 avril 2026 par La Rédaction
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Dans les plis dorés des coteaux du Beaujolais, entre ceps noueux et clochers élancés il est un homme qui écoute encore battre le coeur des mots. Jean-Luc Gonin n’est pas seulement poète : il est passeur, veilleur, semeur d’images. À 62 ans, cet enfant du Val de Saône porte un projet à la mesure de son attachement au territoire : une Anthologie de la poésie du Beaujolais, comme un grand livre ouvert sur l’âme d’un pays. Car ici, dit-il, « la vigne parle autant que les hommes ». Derrière la renommée des crus et la beauté classée des paysages, se cache une mémoire plus fragile : celle des vers écrits à l’ombre des collines. Des voix parfois oubliées, d’Émile de Villié à Pierre Aguétant, que Gonin exhume avec patience, au fil des archives et des rencontres. Guide de pays autant qu’artisan de poésie, il tisse des liens entre patrimoine et imaginaire. Ses balades poétiques, de la Dombes au Beaujolais, invitent à ralentir. Une chapelle devient refuge, un étang miroir, un chemin promesse. On marche, on écoute, et le paysage se met à parler. Dans les écoles, les villages, les châteaux, il défend une idée simple : la poésie n’est pas un luxe, mais une respiration. « Elle relie le ciel et la terre », confie-t-il. Comme une bulle d’oxygène dans nos vies pressées, elle éclaire, apaise, rassemble. Son anthologie, encore en gestation, se veut mémoire et promesse. Rassembler ces auteurs, les transmettre aux jeunes générations, c’est redonner au Beaujolais une part oubliée de son identité. « Ne pas le faire serait un manquement », insiste-t-il. Car au-delà du vin, des pierres et des fêtes, il est une richesse invisible : celle des mots. Une richesse à partager, à lire, à dire. Enfin associer la poésie au vin et à l’œnotourisme, c’est aussi offrir une autre manière de découvrir le Beaujolais, le promouvoir par la beauté des mots et l’élégance des vers, le talent de leurs auteur(e)s.

Jean-Luc Gonin
jlg-dbs@hotmail.fr à Morgon, hameau de Villié-Morgon dans le Beaujolais