Le ciel, on en connaît quoi, finalement ? Les jolis couchers de soleil qu’on publie sur Instagram ? L’étoile du berger (« Si, regarde, c’est celle qui brille le plus… »), la casserole (« Tu vois pas le manche, avec les points alignés, là ? »), la Lune ? Et plus loin, c’est comment ?
« La station spatiale, c’est 400 kilomètres. La Lune, c’est 400 000. Mars, c’est entre 40 et 400 millions de kilomètres. À chaque fois, il y a un facteur 1 000 sur la difficulté : c’est 1 000 fois plus loin, 1 000 fois plus dur… »
Thomas Pesquet, astronaute
Oser
Au-delà du ciel bleu -noir en vrai -, il est tout un monde que l’Homme découvre au gré de ses conquêtes explorations, chaque fois un peu plus loin. Avec l’infinie satisfaction, le 21 juillet 1969, de mettre enfin la main, ou plutôt le pied, sur la Lune. Depuis le “petit pas” de Neil Armstrong, d’incroyables découvertes et, 50 ans plus tard, l’ambition de fouler Mars, 4e planète de notre système solaire. Ainsi une mis- sion spatiale a-t-elle permis d’y envoyer Curiosity, et plus récemment Perseverance, avec, à bord du second, SuperCam, un outil d’analyse du sol martien. De quoi galvaniser les scientifiques et nourrir les espoirs d’une colonisation spatiale (dont nous ne verrons pas la couleur… et c’est tant mieux). En attendant les vols habités jusque sur la planète rouge – qu’on laisse pour l’instant à Netflix avec sa série Away -, l’Agence spatiale américaine planche sur un retour sur la Lune, pour la première fois depuis 1972, à l’horizon 2024. Un demi-siècle nécessaire au financement du très ambitieux programme Artemis, dont les missions habitées permettront à des Américains (dont des femmes !) bien sûr, mais aussi à des Européens, et certainement au Français Thomas Pesquet, de marcher dans les pas du dernier équipage sur la Lune : Apollo 17. S’il n’est pour l’heure que pressenti pour rejoindre la station qui orbitera au- tour de la Lune, le spationaute Thomas Pesquet est en revanche certain de prendre les commandes de l’ISS (Station spatiale internationale), qu’il a rejointe cette fin avril dans le cadre de la mission Alpha. Un second long séjour qui servira la recherche scientifique – notamment sur la maladie d’Alzheimer – et la préparation du but ultime… Mars. Les collégiens de Saint-Pierre (à Marboz) n’en perdront pas une miette, grâce à la candidature retenue de leur établissement pour communiquer par radio – d’ici fin mai, début juin – en direct et depuis l’ISS, avec leur héros des étoiles. Une bien belle façon d’apprivoiser les sciences.

Comprendre
Si, pour toi, la Voie lactée – ou Milky Way -, c’est d’abord une barre au chocolat, écoute Muse (pas la musique, quoique planante, mais la voix experte, facilitatrice et aindinoise du spatial) ! Derrière Muse, Christine Aubouin-Decroix, les pieds sur Terre et le reste… loin dans les étoiles. Une passionnée qui s’emploie à répondre aux ques- tions des plus petits – et des plus grands -, en donnant les clés pour prendre la juste mesure des distances. « Si le soleil était une pastèque, la Terre serait un grain de sable situé à une quarantaine de mètres. Et nous, nous serions sur ce grain de sable. » Une mise à l’échelle qui a le mérite de… rapprocher les peuples, et tout à la fois re- lativiser notre place au sein du Grand tout.
À l’aide de mots simples et d’exemples imagés, la Muse spatiale démystifie le trop loin, le trop compliqué, au service d’un accès universel à (la compréhension de) l’aventure spatiale.
Dis, raconte-moi l’espace !
http://lamusenparle.blogspot.com
lamusenparle@orange.fr
Expérimenter
Observer le ciel avec les bons instruments.
Éteignez les lumières. Ou en tout cas fuyez-les. Levez la tête et ouvrez grand les yeux. Vous pourrez déjà reconnaître différentes constellations, qui seront autant de repères pour observer d’autres objets Les applis sur mobile accompagnent la manœuvre : Star Walk, Sky Portal et Stellarium, parmi les gratuites.
Les conseils du connaisseur
« Le champ des possibilités est très vaste, c’est ensuite une question de budget. Celui-ci déterminera d’une part le diamètre et la qualité optique de l’instrument choisi (plus le diamètre est grand, plus l’instrument permettra de voir des objets peu lumineux ; d’autre part, la précision de la monture. En parti- culier si l’on veut faire de l’imagerie, en adaptant à l’instrument un appareil photo reflex ou une caméra.»
Jean-Claude Alléhaux, Association astronomique de l’Ain
Les jumelles
Pour qui veut aller un peu plus loin, une paire de jumelles – avec un grossissement minimum de 10 – donnera accès à quelques objets du ciel profond, comme la galaxie d’Andromède ou la nébuleuse d’Orion. Un conseil, cependant : fixer les jumelles sur un pied photo, ou les caler sur un mur ou un bâton, pour éviter les tremblotements. Bouger ici de quelques millimètres, c’est voyager d’un coup de plusieurs milliers de kilomètres là-bas ! « L’amas des Pléiades est un spectacle magnifique, avec des étoiles bleutées qui sont comme des pierres précieuses sur un fond de velours noir », indique Jean-Claude Alléhaux.
La lunette astronomique
Autres appareils, autres levels. La lunette astronomique est de ces instruments qui permettent de naviguer dans le ciel. Installée sur une monture équatoriale, elle aide en effet à suivre sa cible, en compensant le déplacement dû à la rotation de la Terre. On observe avec elle de nombreux détails sur la Lune, les anneaux de Saturne et les bandes nuageuses de Jupiter.
Le téléscope
Le télescope offre quant à lui une vision plus “lumineuse”, donc plus adaptée à la recherche d’objets faiblement lumineux comme les galaxies. Les plus communs, de type Dobson, sont déclinés en de nombreux modèles, d’une centaine à un millier d’euros. Le pointage goto, communément utilisé en astronomie amateur pour une exploration détaillée du ciel, suit, lui, automatiquement la cible visée et garde en mémoire la position de milliers d’objets célestes remarquables. De quoi voir simultanément – avant initialisation de l’instrument sur quelques étoiles connues – tous les objets répertoriés. Et en avoir la tête qui tourne.
Plus d’infos : astro.ain@gmail.com – http://astronomie-ain.fr/
à suivre…
Table ronde :
Pourquoi s’envoyer en l’air ? Une table ronde « sérieuse mais pas trop », avec deux astrophysiciens, sur les grandes avancées scientifiques, les nouveaux territoires d’exploration et les prochaines grandes découvertes.
Samedi 15 mai, de 17h à 19h30 à la Maison de la culture et de la citoyenneté (réservation sur le site d’Altec).
Plus d’infos ? contact.altec@ccsti01.org
Rendez-vous avec les étoiles
Balade aux étoiles – Les 2 et 9 août, à Arnans.
Courte marche jusque dans un pâturage au-dessus du village. Un animateur, muni d’un pointeur laser, explique les constellations visibles dans le ciel à ce moment, et raconte les légendes qui leurs sont attachées. Tous publics.
Réservation auprès de l’OT de Bourg – 04 74 22 49 40
Nuit des étoiles
Observation du ciel au télescope
– Vendredi 6 août, à l’observatoire de l’AAA, au-dessus de Ceyzériat
– Samedi 7 août, à la ferme-musée de la Forêt, à Courtes.
L’Expo « La Terre depuis l’espace : photographies de Thomas Pesquet » qui devait être présentée à la MCC de Bourg en mai est reportée en 2022.
