Posté le 2 septembre 2021 par La Rédaction

Les habitués du Stade Verchère croisent sa haute silhouette, chaque dimanche dans les gradins du mythique stade. Celui, qu’amicalement, ses amis appellent « Bobech », ne rate aucun match et encourage son équipe violette. Bien connu des burgiens, non seulement par sa haute stature mais également par son humilité et sa gentillesse, le droguiste « du haut de l’avenue », est tout aussi réputé dans l’univers du rugby violet, que pour sa personnalité bienveillante. Ce n’est qu’au retour de son service militaire en 1951, que Pierre Bonnet signe sa première licence. « J’aurais aimé commencer plus tôt, mais mon Père ne le souhaitait pas, pourtant avec les copains nous tapions des ballons devant l’église Bel Air ». Ses qualités sportives, son sens du jeu lui font intégrer d’abord l’équipe réserve, « ma taille (1.92m), mon poids (92kg), m’ont servi et faisaient de moi un joueur de deuxième ligne. Et c’est à côté du vaillant et redoutable Raymond Beraud, qui avait 40 ans alors que j’en avais tout juste 20, que j’ai pu évoluer dans cette équipe réserve, qui tenait les premiers rôles du Championnat de France. »

pierre bonnet usbpa

Le sérieux à l’entrainement, ses performances en deuxième ligne lui ouvre les portes de l’équipe première, 1955. « Au début c’était pour les matchs du Challenge Du Manoir où je remplaçais Félix Perrin ou Gaby Jouvent, puis, petit à petit mon nom s’inscrivait sur la feuille de match pour les rencontres de championnat ». Cette équipe formée « que de bressans », avait fière allure, elle était redoutable sur tous les terrains de l’hexagone. On y retrouvait « des copains comme Loulou Bourgeois, Trincéa, Hyvernat, Roger Robin, Pierrot Poncet, Taponnard, Arredi, De Bony, Renoud, Favier, Terreau. Cette puissante équipe parvint en 1958, à franchir sans encombre les phases qualificatives, éliminant des formations telles que Béziers, le LOU, Narbonne, Cognac, Brive, Montferrand, « du beau monde », pour enfin se retrouver à Tulle le 19 mai 1958, et disputer contre Le Boucau la finale du Championnat de France. « Une journée bien sûr inoubliable pour nous tous. Face à nous une équipe coriace, très rugueuse, difficile à jouer. Au bout du temps règlementaire nous étions à égalité, mais à la fin des prolongations, par 16 à 5, nous remportions le Championnat de France et pouvions lever fièrement le bouclier de Brennus ».

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Le regard de Pierre Bonnet sur l’équipe actuelle, Championne de France de Nationale, est pondéré et prudent, « Pas grand-chose n’est comparable. Le jeu est différent, plus rapide, plus physique, les joueurs sont des professionnels, ils s’entrainent tous les jours. De notre temps, il fallait aller à la scierie Terreau allée de Challes pour récupérer du bois afin de pouvoir chauffer l’eau des douches, ou casser la glace sur le terrain, comme ce jour où nous recevions Montélimar. Quelle époque ! Mais ce que je retiens le plus, c’est que tous les copains étaient des Bressans, et ça noue des liens pour la vie ». Pierre Bonnet, reprendra dès septembre sa place dans la tribune pour applaudir et encourager ses chers violets. « Il y a de bons joueurs dans cette équipe à l’instar de Dupont, un gars qui suit perpétuellement le ballon. C’est ce que je demandais à mes cadets, lorsque je devins à la fin de ma carrière sportive entraineur des Cadets ». Lorsque vous passerez, joueurs, entraineurs, ou simple spectateur dans le long couloir du Centre de formation de l’USB, arrêtez-vous devant le maillot violet que portait Pierre Bonnet en 1958, et qu’il a généreusement offert à son club de cœur.