Après les délices du Grand marché de Bourg, direction le terroir jurassien pour découvrir et goûter aux secrets de ses vins aux appellations d’origine contrôlée.
Benoît Sermier, président de cette 24e édition, y croit : la 3e sera la bonne ! Reportée de 2021 à 2022, puis de février à avril, la Percée aura bien lieu du 1er au 3 avril. Sans blague. Née en 1997 à l’initiative de Bernard Badoz pour faire connaître et promouvoir le vignoble du Jura – parmi les plus petits de France avec à peine 2 000 hectares de vignes, tous cépages confondus -, la Percée du vin jaune tourne depuis chaque année dans un village différent. Pour ne pas servir un vigneron, ou un territoire plutôt qu’un autre. Rendez-vous festif, la Percée réunit une cinquantaine de producteurs, installés dans les caves, jardins et garages mis à leur disposition par les habitants du village hôte ; et une foule de visiteurs. De Franche-Comté bien sûr, de partout en France, de Belgique, de Chine et d’Amérique. Cette année, et pour la seconde fois de son histoire, Cramans accueillera l’événement. En coulisses depuis un an, deux en fait, Benoît œuvre comme chef d’orchestre à sa préparation. Un travail de titan, qui mobilise tout un village et près de 500 bénévoles, pour laisser à tous un souvenir impérissable. Car la Percée se veut le rendez-vous des amateurs, des découvreurs aussi, dans un cadre convivial et de tradition. On y déguste du vin jaune, bien sûr, mais aussi toutes les autres variétés des caveaux représentés. En marge des dégustations, plusieurs temps forts : une vente aux enchères notamment, la bénédiction des tonneaux et leur incontournable… percée par le parrain de l’édition, Laurent Gerra. Comme nouveauté cette année, l’organisation d’une soirée de prestige le vendredi, avec privatisation des caveaux et découverte des spécialités régionales. De quoi accueillir et satisfaire une clientèle professionnelle, en plus des visiteurs “classiques” de l’événement.
Dans un esprit festif le samedi, plus familial le dimanche. Le tout, sans débordement !
En pratique
Cramans, c’est où ? À la frontière Jura/Doubs, à moins de 5 minutes d’Arc-et-Senans.
Navettes depuis Mouchard.
Avec l’expérience d’éditions à 50 000 personnes, le comité organisateur a limité à 25 000 le nombre d’entrées, avec système de réservation en amont. La billetterie en ligne propose plusieurs formules :
• une soirée prestige à 45 € /personne, vendredi 1er avril dès 18 h
• un pass journée à 22 € /personne le samedi, 20 € le dimanche
• un pass week-end à 35 €
Avec chaque entrée, un verre et 10 tickets.
Au programme
Le samedi : messe, cérémonie de mise en perce, intronisations, passation du robinet, dégustation du millésime 2015, visite des caveaux jusqu’à 18 h, concours de cuisine.
Le dimanche : visite des caveaux (jusqu’à 17 h cette fois), vente aux enchères, mixologie et diverses animations…
Pass sanitaire obligatoire (sauf évolution de la législation). Accès interdit aux mineurs non accompagnés.
Vin jaune, vin de paille , Macvin…
quelles différences ?
C’est par cette question que tout a commencé. Devant ce qui était pour lui une évidence, le fondateur de la Percée a souhaité donner au public, encore novice, toutes les clés pour reconnaître et apprécier à sa juste valeur les spécialités du vignoble jurassien. « Il faut beaucoup de pédagogie, plaide Cédric Ducoté, au Domaine Rolet d’Arbois. C’est là tout le travail des cavistes et sommeliers, prescripteurs de nos vins. » Celui aussi des vignerons présents à la Percée, pour échanger avec le public, conseiller, faire goûter… Bref : porter haut les couleurs – et saveurs – du Jura.
Vin jaune
Né par accident – la légende raconte qu’un vigneron ayant abandonné un vieux fût au fond de sa cave aurait découvert des années plus tard la magnifique métamorphose de son vin -, il est aujourd’hui “l’or” du Jura. Issu à 100 % du cépage Savagnin, le vin jaune est placé dans un tonneau de chêne, pendant 6 ans et 3 mois. Le secret ? Surtout, ne pas remplir. Pour permettre le contact avec l’air et, de fait, la formation d’un voile de levure en surface. Ainsi protégé des mauvaises oxydations, le vin développe le sotolon qui fait toute son identité. Au goût, on retrouvera la note typique de noix fraîche, et divers arômes d’épices, pomme et champignon…Embouteillé en clavelin, un contenant de 62 cl (correspondant, sur un litre, au volume de vin restant après vinification), le vin jaune offre une teneur en alcool entre 14,5 et 15 degrés. Si la vinification sous voile est utilisée sur d’autres parcelles, pour le Xeres espagnol notamment, elle demeure propre au Jura. « Essayez avec n’importe quel autre vin, vous obtiendrez du vinaigre ! » Combinaison gagnante de l’ambiance de cave, du climat changeant et, bien sûr, du Savagnin comme vin de base. Dit “clivant”, de par son goût très prononcé, le vin jaune s’invite à table dès l’apéritif avec des lamelles de Comté. Il est aussi parfait associé aux foies gras, crustacés et viandes blanches. En témoigne l’iconique poulet de Bresse au vin jaune et aux morilles.
Vin de paille
Il doit sa sucrosité aux raisins qu’on l’on aura fait sécher 2 à 3 mois, avant la fermentation alcoolique. Plus sirupeux que le vin jaune, il distille des arômes d’abricot sec. On le marie, plutôt en fin de repas, avec une tarte aux noix ou un mœlleux au chocolat. Avec un ratio d’un kilo de raisin pour 10 cl de vin de paille (de par le phénomène d’évaporation de l’eau), il est présenté en bouteille de 37,5 cl.
Macvin
Alliage de jus de Chardonnay et Savagnin aux 2/3, et de marc de Jura à 1/3, vinifié en tonneau entre 3 et 5 ans, il est un vin sucré, “dangereux” (teneur en alcool : 18 ), que l’on consomme plutôt à l’apéritif. On le compare facilement au Pinot des Charentes.
