Un frisson parcourt la foule massée le long des barrières. Les naseaux fument, les casaques éclaboussent la piste de couleurs vives. Les enfants s’émerveillent du spectacle. Les grands-parents et parents ne manqueraient pour rien au monde la reprise des courses à l’Hippodrome Bel Air. À moins d’un kilomètre du cœur de ville, le site offre un décor champêtre où le sport se vit à hauteur d’homme. Ici, pas de distance glacée : on croise les propriétaires, on salue les jockeys, on observe les chevaux entrer et sortir des boxes. « On est presque au milieu des courses », résume Patrick Baiardi, vice-président d’une société animée par 70 bénévoles passionnés. Le public peut même embarquer gratuitement dans un minibus, juste derrière la voiture des commissaires. À cet instant, le spectacle devient sensoriel : le martèlement des sabots résonne dans la poitrine, les drivers encouragent leurs trotteurs, et la ligne droite semble interminable. Sensations garanties.
La saison comptera sept réunions, de mars à juin, pour près de 60 courses. Cinq journées seront consacrées au trot sur la piste en sable, deux au galop sur l’herbe. Deux publics se croisent : les parieurs sportifs et les amateurs de spectacle. Certains viennent sans jamais jouer, juste pour vibrer en direct. « Ça n’a rien à voir avec la télévision », glisse Patrick Baiardi. Dans la vaste salle chauffée avec mezzanine ou depuis les tribunes extérieures, chacun choisit son point de vue. Cet hiver, 50 000 euros ont été investis pour améliorer l’accueil des chevaux et la sécurité : aire de lavage, caméras en ligne droite, régie vidéo modernisée. Dans l’Ain, aux côtés de Divonne-les-Bains, Châtillon cultive sa singularité : une ambiance conviviale où l’on vient dès midi déjeuner, respirer et vibrer. Si le soleil est au rendez-vous, jusqu’à 2 000 spectateurs sont attendus. À 5 € l’entrée, gratuite pour les moins de 18 ans, la promesse est simple : vivre le galop au plus près.
