Seins nus, slogans en lettres noires sur le torse, couronnes de fleurs sur la tête : nous avons tous en mémoire ces images d’actualité, où de jeunes activistes se débattaient les poignets enserrés par les mains de policiers. Elles se battaient contre un gouvernement arbitraire et corrompu… C’était en Ukraine en 2008. Par leur mode d’action, ces femmes donneront naissance à l’un des mouvements les plus importants du XXIe siècle, mais pas toujours compris : Femen. Charlène Favier, burgienne d’origine, a sorti le 16 avril son deuxième long métrage sur la naissance de ce mouvement de liberté. Elle l’a intitulé Oxana, du nom de sa fondatrice. « J’ai commencé à travailler sur ce film en 2021. C’est le producteur de mon premier film Slalom qui m’a parlé d’Oksana, cofondatrice des Femen. Comme 90 % des gens, je connaissais sans connaître, j’étais mi-fascinée, mi-agacée. On ne comprenait pas bien pourquoi ces femmes manifestaient les seins nus et en même temps, on pensait : « C’est super, elles se mobilisent, mais pourquoi de cette manière ? » Il m’a dit, cette fille va t’intéresser, car elle est peintre, elle a fait les Beaux-Arts à Paris. Tu devrais te renseigner. Avant de faire un film, j’ai fouillé son histoire, lu des articles sur elle, et j’ai très vite perçu qu’elle était incroyable et avait un parcours étonnant. Elle a une trajectoire qui ressemble à celle de Jeanne d’Arc, jusqu’au sacrifice final : son suicide, en 2018. J’ai alors rappelé le producteur et je lui ai dit : « Ça m’intéresse ! » J’ai commencé à travailler sur ce film, il n’y avait pas la guerre, et le film va sortir à un moment où l’on ne va jamais autant parler de l’Ukraine, de la Russie, de Poutine et de tout cela. J’ai tellement de chance de faire ce métier, qu’il faut s’en saisir pour changer le monde.
Oxana, de Charlène Favier,
avec Albina Korzh,
actuellement au cinéma.
