Posté le 3 février 2022 par La Rédaction

Pas de « Bonne journée à ce soir » qui vaille : eux passent leurs journées ensemble ! Comment gérer le quotidien lorsque vie pro et vie perso ne font qu’une ? Nos amoureux racontent…


Sandra et Déborah, ou la magie de l’inattendu

sandra et deborah

On dit qu’il n’y a pas de recette. À part celle, peut-être, de s’en remettre au hasard. Loin d’attendre, même soupçonner la moindre rencontre en milieu professionnel, Sandra et Déborah ont pourtant tout misé sur elle.

C’est à Téréva, il y a près de 6 ans, que leurs destins se sont croisés. Sandra est alors en couple et maman d’un petit garçon de 18 mois. Déborah, tout juste séparée. L’une travaille à la data, l’autre au e-marketing. À la faveur d’un réaménagement des espaces, leurs services respectifs investissent le même plateau. Et déjà, Déborah repère Sandra. “Sans plus.” Aux cafés succèdent les confidences, jusqu’à cette métaphore qui laisse entendre à Sandra la préférence de Déborah pour les femmes. « On est obligées de trouver des parades… » Sandra d’avouer à son tour son penchant homosexuel. S’ensuivent taquineries, quelques doutes, et ce manège qui confère sa magie à tout début d’histoire. S’il y avait la moindre garantie ? Aucune, mais Sandra ose et quitte son compagnon pour retrouver Déborah quelques jours plus tard. Au travail, la rumeur fait son œuvre et les efforts des filles pour rester discrètes – arriver à deux voitures, prendre des sorties différentes – sont vite réduits à néant. Quelques allusions, vannes lourdes et langues médisantes, mais rien qui puisse ébranler leurs (désormais) certitudes. Jusqu’au départ de Déborah pour un ailleurs professionnel et ce grand vide. La présence de l’autre, les quelques échanges en marge du travail, le rythme en commun manquent à Sandra, qui ne tarde pas à jeter la clé elle aussi, pour écrire leur histoire sur un autre terrain. Privé.

Par amour

Sandra découvre avec Déborah la pleine confiance en soi, la liberté d’agir, de dire et se comporter comme bon lui semble. Un grand chamboulement, pour le meilleur. Son fils Maxime ne garde quant à lui que le souvenir de sa maman en couple avec une compagne. Auparavant très renfermé, il gagne peu à peu en maturité et assurance, et s’ouvre davantage. À l’école, il explique à qui ne comprend pas qu’il a un papa, et deux mamans. Parfaite normalité. Échaudée par le parcours de ses parents, Sandra n’a pas foi en le mariage. Et n’a pas envie d’un autre enfant. Déborah, tout l’inverse. « À condition de ne pas le porter. » Mais l’évidence a souvent raison des principes… Un vendredi soir, Déborah fait sa demande à Sandra. « Ça n’aurait pas été possible de dire non. » Un an et demi plus tard, elles célèbrent et scellent leur amour. Mais Déborah n’en démord pas, et parvient à convaincre Sandra d’être maman à nouveau. Ensemble, cette fois. Face à la lourdeur des démarches officielles, les filles entreprennent la recherche d’un donneur. Rencontre, définition du cadre et finalement accord entre les parties : lui demeurera dans l’ombre tant que l’enfant n’aura pas de question à lui poser. Elles seront ses seuls parents. S’ensuit une conception toute artisanale par l’insémination de… Déborah ! Neuf mois plus tard naît Adélaïde, pour le plus grand bonheur de son grand frère Maxime et de ses mamans, désormais quittes sur l’expérience de la maternité. Ou presque. Car Sandra n’a pas partagé ce bonheur avec celle qui l’accompagne. Mais l’avenir est plein de promesses.


Carole et Fabien, une recette qui marche

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Avec l’ouverture du Café de la Préfecture en 2011, ils n’en étaient pas à
leur coup d’essai. C’est en 1998 que ces amoureux se lancent dans l’achat de leur restaurant, 6 ans après le début de leur histoire. Carole, jusqu’alors en poste dans le secrétariat et en renfort de Fabien (déjà dans la restauration) les week-ends, le rejoint à temps plein pour monter leur propre affaire. Sans appréhension particulière, si ce n’est celle d’être à la hauteur de l’engagement. Et des compétences. Avec toujours un chef cuisinier à leurs côtés, Fabien et Carole officient en salle, jonglant entre accueil et service des clients. Un ballet apportant son lot de surprises quotidiennes : « Chaque service est différent ». Et source de tension. Mais le duo ne perd pas de vue son objectif n°1 : satisfaire sa clientèle, et relève chaque fois le défi haut la main. Une quête d’excellence que l’un et l’autre cultivent au travail comme en privé. Un état d’esprit, aussi. Celui qui ne s’appesantit pas sur les problèmes. Celui qui relativise et voit toujours que « les choses pourraient être plus graves ». Après près de 30 ans passés ensemble, Fabien et Carole se connaissent par cœur, et se présentent sans effort ni fard auprès de leurs clients : « On ne se déguise pas, on est vrais ». Une authenticité qui plaît, gage aussi d’une parfaite harmonie au travail. Au sein d’un secteur qui n’offre que peu de répit – avec souvent des horaires à rallonge -, le couple choisit de ménager du temps en famille. De quoi trouver son équilibre et garder intacte la passion du métier. Il n’est pas question pour eux d’entrevoir l’avenir autrement que tous les deux. Le binôme fonctionne, a pris ses marques et développé son savoir-faire. Et tant qu’on aime ce qu’on fait…


Laurence et Jean-Luc : « On est indissociables »

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Il n’aura pas fallu plus de 3 ans à ces deux-là pour ajouter à leur idylle le coenseignement d’une discipline artistique. À l’époque, elle est musicienne, lui déjà danseur puisque né, grandi et formé au centre ouvert par ses parents 20 ans plus tôt. Laurence danse, se perfectionne, et tous deux développent une pédagogie qui leur ressemble. Ainsi le – déjà très soudé – binôme prend-il la relève, dispensant à leurs danseurs à la fois l’art, et la manière. Avec, dès le début et aujourd’hui encore, une formidable complémentarité. Au point, parfois, de jouer la comédie auprès de leurs danseurs : « On fait semblant de s’engueuler, et eux y croient ! Ça nous fait rigoler, et puis ça met un peu de piment… » Après 25 ans à partager le parquet, Jean-Luc et Laurence affichent une belle complicité. Belle, et évidente. Car même les désaccords n’ont pas raison de leur parfaite entente : « Tout est très naturel. On parle, on tranche, et on assume. » Toujours très à l’écoute, l’un de l’autre et eux des autres, ils mêlent rigueur et bienveillance, dosant savamment flexibilité et intransigeance. En prenant garde de laisser sa place à chacun. Au sein du couple, comme en tant que coachs. En parfaits équilibristes, bâtisseurs aussi, ils font de leur quotidien « un monde à part, hors du temps ». Une bulle dont on ne perçoit l’énergie et l’émotion que si l’on en fait partie. « Ça n’aurait pas été possible autrement. Une personne qui ne le vit pas ne peut pas le comprendre. » Ni accepter d’y consacrer sa vie. « Car on ne décroche jamais vraiment. » Ambassadeurs d’une technique irréprochable, Jean-Luc et Laurence se veulent aussi prescripteurs d’un savoir-être vertueux, nourri de l’acceptation, de la compréhension et du respect du sexe opposé. Une règle d’or, à l’évidence.


Amandine et Anthony : transparence et Véry thés

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L’aventure entrepreneuriale (d’abord avec boutique en ligne et vente par un réseau de distributeurs, ensuite avec boutique en dur à Ceyzériat) a commencé voilà 3 ans. Les amoureux, qui avaient déjà travaillé ensemble auparavant, n’ont eu aucune appréhension à se lancer. Ça collait, ils le savaient. Sensibilisés à l’équilibre des arômes sur les plans olfactif et gustatif, Amandine déjà par le thé, Anthony plutôt par le vin, ils élaborent leurs mélanges, attendus ou plus incongrus, dans un souci écologique constant. Fort d’une parfaite entente, le couple offre un accueil chaleureux à ses clients, avec toujours une pointe d’humour. Parfois aux dépens l’un de l’autre, et comme « seul l’un [d’eux] a beaucoup d’autodérision… » Conscients de leur chance d’œuvrer à deux à la réussite de leur affaire, ils savourent de pouvoir enfin s’organiser comme bon leur semble, et profiter du fruit de leur travail. Un travail qui se veut aussi passion, de par la nature de l’activité, et la façon dont elle est exercée. Car le couple duplique sa démarche, environnementale notamment, jusque dans le travail, en faisant du bio, du local autant que possible, du vrac et rechargeable autant de modes de consommation à adopter. Des valeurs à l’unisson pour avancer en harmonie. Même si Anthony ne tient pas en place, « j’ai du mal quand ça ne bouge pas », Amandine temporise et apprécie chacune de leurs réalisations. Un équilibre précieux, teinté de bonne humeur, qui participe de l’esprit convivial régnant à la boutique. Au point parfois de remplacer le prénom de l’un… par son surnom dans le domaine privé. C’est drôle, attendrissant, et spontané. « On ne revendique pas de travailler en couple, mais l’on ne s’en cache pas non plus ! » À la bonne heure…


Yanne et Gilles, au plus profond des sens

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C’était il y a près de 20 ans. Elle était chanteuse (nourrie des répertoires de Joan Baez et Bob Dylan), lui musicien (dans un registre plus blues, rock). Chacun dans leur groupe, mais déjà libres et solaires. Bercés par la musique – et l’esprit – des années 1970, attirés tous deux par la guitare et l’acoustique, ils font d’une répétition commune le théâtre de leur évidence. « On se comprenait très fort. » Sur le plan artistique, sur tout le reste aussi. Ils se vouent très tôt, et aujourd’hui encore, une admiration mutuelle. Ces deux puristes, attachés davantage au plaisir de faire de la musique plutôt qu’à l’idée d’en vivre, apprécient chaque moment passé à composer, jouer ou arranger leurs morceaux. Avec, en point d’orgue, le partage de la scène et cette faculté, naturelle et désarmante, d’embarquer tout le monde. Yanne et Gilles créent leur propre univers, à la fois très ancré et haut perché. Une symbiose qui autorise à toutes les excentricités puisque « raison ou tort, [ils sont] d’accord ! » À “vieillir”, eux préfèrent dire qu’ils grandissent ensemble. Et se font grandir. L’un nourri de l’être et du savoir de l’autre. Au-delà de la musique, chacun trouve à s’épanouir, elle à cheval, lui au bout d’une canne à pêche. Une façon de se rejoindre ailleurs, au plus près de la nature et de sa vérité. Un gage d’équilibre, aussi. D’autant qu’entre eux, pas de hiérarchie qui vaille. Des rôles, oui : selon ses compétences. Mais de la place pour deux. Convaincus qu’ensemble on est plus forts, imbattables même, « tout seuls on n’est vraiment pas terribles », Yanne et Gilles cultivent l’intelligence du cœur. Avec respect toujours, avec amour surtout. Et sur scène comme en privé, ils font du bien.