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Faites une escapade aux abords de la source de la Reyssouze

C’est un coin de nature tapissé de verdure. De vasques aux pierres moussues en bassins romantiques, l’eau qui sourd de la roche court jusqu’au lavoir doublement chapeauté. Là, elle attend en vain les lavandières qui ne viennent plus battre leur lessive ni babiller les nouvelles du village. Nous sommes à Journans, au pied de la côte qui grimpe vivement à l’assaut du Revermont. Plus haut, sur cette longue croupe jurassienne, l’eau ne ruisselle pas. Elle s’infiltre et se perd dans la roche calcaire couturée de fissures, de dolines et de failles insondables. Ici, l’eau circule en douce, sous nos pas, dans les entrailles mystérieuses de la montagne blanche. Après son secret voyage dans le ventre perforé du Revermont, elle ressurgit là où on ne l’attend pas. Car l’eau est immortelle. Elle monte au ciel et nous revient, lavée des péchés des Hommes, en pluie ou, parfois, en résurgences comme ici à Journans où la Reyssouze naît au pays des cavets(1).

Les enfants grimpent sur son dos
C’est là, dans un berceau de pierre au milieu des buis odorants, qu’elle murmure ses premiers vagissements. La Reyssouze est fille du Revermont mais, sans attendre, la Bresse s’en empare et l’adopte. Elle la traverse et y grandit doucement. Elle s’y prélasse, s’y étale et serpente dans le creux de ses courbes bocagères. Sur son chemin buissonnier, elle prend un peu de l’eau de la Dombes et consent à livrer au paisible pêcheur à la ligne sa friture d’échatouts(2). Plus loin, sans les réveiller, elle traverse les moulins assoupis dans son lit et accepte, à Bouvent comme à Montrevel, les jeux d’eau de colonies d’enfants qui grimpent sur son dos. Elle donne à Bourg quelques modestes quais, méandre à nouveau le long du champ de foire et draine cette Bresse humide qui sans elle serait restée bourbeuse. Épuisée par les Hommes, la Reyssouze finit du côté de Pont-de-Vaux par livrer ses eaux et ses fardeaux à l’indolente Arar : le nom antique de la Saône dont César en personne, observant son cours si lent, se demandait si elle venait de septentrion ou si elle s’y rendait.

Accès à la source de la Reyssouze à Journans
Stationner sur le parking de la Mairie. Direction cente-village, prendre à droite passer devant le restaurant La Source, puis tout droit chemin de la Reyssouze
(1) Les cavets, nom donné aux viticulteurs du Revermont.
(2) Échatout, l’autre nom du gardon.

La Reyssouze se prélasse dans le creux des courbes bocagères de la Bresse sur 75 km.
©Thierry Moiroux

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