La Revermontoise Fanny Robin, directrice de la Fondation Bullukian, fondatrice de Campagne Première, est lauréate de l’édition 2025 du BMW Art Makers, aux côtés de l’artiste Raphaëlle Peria.
Elle fait partie de celles et ceux qui s’emploient à tisser des liens entre l’art et le réel, la mémoire et le vivant. Fanny Robin, directrice artistique de la Fondation Bullukian à Lyon, commissaire d’exposition indépendante et fondatrice du festival Campagne Première, vient d’être distinguée par le prestigieux programme BMW Art Makers 2025. Aux côtés de l’artiste Raphaëlle Peria, elle portera le projet Traversée du fragment manquant, une exploration poétique et visuelle autour de la disparition des platanes du canal du Midi. Une oeuvre à la fois sensible et engagée, à découvrir cet été aux Rencontres d’Arles, puis à l’automne au Grand Palais, dans le cadre de Paris photo. Le jury a retenu leur duo parmi 382 candidatures dont 42 % émanaient de l’international. « Avec Traversée du fragment manquant, nous invitons les spectateurs à une échappée poétique au coeur de l’image photographique », explique Fanny.
Imprimées par transparence, les images gravées et grattées par Raphaëlle Peria deviennent empreintes, traces d’un monde en mutation. Fanny, en cheffe d’orchestre discrète, tisse les correspondances, donne la mesure du geste, structure le regard. Elle qui depuis 17 ans, trace un sillon singulier dans le paysage artistique français. À 22 ans, elle prenait la direction artistique de la Fondation Bullukian, alors un espace de 90 m². Aujourd’hui, elle œuvre au cœur de ce centre d’art de 1 500 m2 situé place Bellecour à Lyon, salué pour sa programmation audacieuse et son exigence artistique. Sa ligne est claire : rendre l’art accessible, sans jamais transiger sur la qualité. « Vulgariser, oui. Mais toujours avec exigence. » La dernière exposition, présentée dans le cadre de la Biennale d’art contemporain, a attiré plus de 30 000 visiteurs ! En 2018, elle fondait Campagne Première, une biennale d’art contemporain en milieu rural, dans son village d’adoption de Revonnas.
Là, les œuvres investissent granges, maisons, corps de ferme. Les artistes y sont accueillis en résidence, en lien étroit avec les habitants, les savoir-faire, le patrimoine local. « Je ne suis spécialiste de rien, mais curieuse de tout », confie-t-elle. Cette curiosité insatiable la mène des ateliers aux galeries, des écoles aux jurys, toujours à la recherche de talents émergents. Elle s’intéresse aux artistes qui travaillent la matière, qui fouillent les racines pour interroger notre présent. Aujourd’hui, Fanny Robin figure parmi les curatrices à suivre selon notre confrère Madame Figaro, la seule sélectionnée hors de Paris. Une reconnaissance nationale, qui vient consacrer un parcours mené dans l’ombre, avec exigence, constance et humilité. Les graines semées prennent racine. De Revonnas à Arles, de l’Ain au Grand Palais, Fanny Robin, mère de deux enfants, incarne cette nouvelle génération de curateurs pour qui l’art n’est pas une vitrine, mais un chemin de traverse.
Fondation Bullukian
26, place Bellecour à Lyon
