Vous l’avez forcément entendu sur Tropiques FM (Radio B actuellement) il y a quelques années. Pourtant avant de poser sa voix et ses valises en Bresse, c’est à des milliers de kilomètres de Bourg que Georges Ravat a fait ses premiers pas dans le monde des médias.
Ses débuts en Nouvelle-Calédonie
Originaire de la région parisienne, fils de gendarme, Georges a passé une partie de son enfance à Madagascar, et de son adolescence en Martinique. « J’ai toujours voulu écrire », confie-t-il. Dès le lycée, il pige pour France-Antilles, « je me souviens de mon premier reportage. C’était au sujet des bruits des engins à moteur à Fort-de-France la nuit ». Puis direction la Nouvelle-Calédonie, après son service militaire en Martinique en 1968, et « c’est là que je suis vraiment tombé dans le journalisme », souligne Georges. A son arrivée, il enchaîne les boulots en tout genre : camionneur, cariste, surveillant d’externat. En parallèle, il travaille dans un hebdomadaire à Nouméa “la voix du Cagou” (le cagou est l’oiseau emblématique de la Nouvelle-Calédonie) où il écrit des articles culturels. « J’ai pris parti pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, très rapidement », souligne-t-il. Un engagement politique important pour Georges qui réalise à cette époque-là plusieurs documentaires sur les Kanaks (les habitants premiers du pays).
Bref retour en France, et plus précisément du côté de Lyon. Là, Georges troque son costume de journaliste et devient responsable culturel à la Maison des Jeunes et de la Culture de Gerland. Il participe notamment à la création du Festival du film court au Ciné Zola à Villeurbanne, festival qui vient de fêter sa 40e édition. La MJC fermée, « pour cause de gauchisme », Georges repart en Nouvelle-Calédonie. À partir de 1984, il est embauché dans un journal prokanak lancé par Edwy Plenel. Quelques temps plus tard, il fait ses premiers pas à la radio indépendantiste, Radio Djiido, où il est correspondant dans la province nord, sur la côte ouest, où il réside, tout en continuant à s’investir politiquement pour l’indépendance.
Tropiques FM de 1999 à 2013…
Pour des raisons familiales, Georges revient en France, et c’est là que son aventure radiophonique se poursuit. Il est embauché à Tropiques FM en 1999, par le président de l’époque Charles Vieudrin qui souhaite faire évoluer la radio vers de l’information. « Je prenais l’antenne à 7h du matin en direct avant les journaux », se souvient-il. « Je faisais animateur, le bulletin d’infos, on avait des magazines de 45 minutes ». Quatorze années passionnantes, marquées par de nombreuses rencontres avec des politiques et notamment Jean-Michel Bertrand. Fin de l’aventure Tropiques FM en 2013. Georges à 65 ans mais pas question pour lui de prendre sa retraite.
…et Radio Salam actuellement
Ali Abed, co-fondateur de Radio Salam, le contacte car il souhaite avoir un journal en français à l’antenne. Mission acceptée pour Georges. « Tous les matins, j’enregistre un flash d’informations qui est diffusé à 11h30 à et 18h », dans les studios de la Rue Prévoté à Bourg, en compagnie d’Amira Boudra, technicienne et animatrice à Radio Salam mais également aux côtés de Charles Vieudrin. Georges a eu 72 ans le 11 mai dernier et quand on lui demande s’il souhaite repartir en Nouvelle-Calédonie, Georges répond que non. « J’aime la Bresse, ça me rappelle la Nouvelle-Calédonie, c’est plat. Et surtout, j’aime bien les Bressans ! »
