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IL ÉTAIT UNE FOIS… François Villeminot, la passion des trains… Un confrère disparu bien trop tôt

Avec nos confrères et consoeurs, dont certains, disparus, sont toujours bien enracinés dans nos têtes et mémoires, c’est une famille que nous formons tous ensemble, quel que soit le journal, le titre, auquel nous appartenons, tout comme le degré d’amitié ou quelques bisbilles entre nous. La grande famille de la Presse. Et dans cette famille il y eut François. François Villeminot. Et l’on est encore quelques-uns, dans ce monde de la presse d’hier, à l’avoir bien connu, à avoir travaillé avec lui, et à nous rappeler ce coup de massue qui nous avait tous frappés à l’annonce de sa mort un soir de l’an 2000, alors que nous changions de siècle et de millénaire un peu plus tôt. L’ami François venait de quitter la famille, d’abord la sienne, désemparée, Odile l’épouse, Mathilde 20 ans, Marion 17 ans, Clémence 13 ans, ses filles chéries, la nôtre aussi, touchée en plein coeur de notre métier. Depuis Chatillonen- Michaille où, se sentant mal, il s’était arrêté avant de faire un malaise cardiaque qui s’avéra fatal, il avait été ramené tard le soir à Bourg alors qu’il était parti le matin même pour un reportage en pays savoyard. Et nous étions quelques-uns, de sa famille et de ses collègues, à être là dans cette nuit de fin d’été en septembre 2000, abasourdis par la brutalité des évènements, à attendre son retour. Il faisait doux et l’on avait froid. Il avait 54 ans !

Une âme cheminote
Les années ont passé, les filles de François ont grandi, ont eu chacune des enfants, cinq « p’tits loups » (son expression favorite, toute de tendresse), qu’il n’aura pas connus, mais auxquels on aura appris à connaître ce grand-père qui aurait été un raconteur d’histoires formidable, chanteur compositeur en s’accompagnant lui-même à la guitare, comme quand il était animateur et directeur de MJC jadis, avant d’entrer dans le journalisme. Des histoires de trains surtout, un passionné de trains François, petits en miniature occupant une pièce entière de sa maison de Ceyzériat, ou plus grands et anciens hors du temps. Cette vieille locomotive à vapeur par exemple, quand on avait fêté sur deux jours en mai 85, le centenaire de la ligne Bourg-Oyonnax et qui crachait sa fumée de gare en gare au milieu des fanfares villageoises, pour le plaisir de s’en mettre plein les yeux et les narines…
Comme il était heureux ces jours-là, notre François, à l’avant-poste de cette grande fête populaire. Et comme il aurait été sensible à cet évènement son grand-père cheminot, qui lui avait donné le goût du rail à travers cette vie ferroviaire ! Et puis, il y eut ces excursions avec le Picasso, une « micheline » qui avait repris du service sous l’impulsion de François et de son association, et qui sillonnait toute la campagne environnante loin à la ronde.Tu nous faisais respirer l’air du passé François, et ces déplacements aux allures modérées avaient aussi un doux parfum de balades en famille pour toutes générations confondues.

Le pape et François
On en oublierait presque de parler de son métier de journaliste qu’il exerça avec rigueur et honnêteté intellectuelle jusqu’au bout, dans tous les secteurs d’activité, hormis le sport, mais y compris la pêche, en méditatif qu’il était, à Lons-le-Saunier, à Oyonnax, à Villefranche ou à Bourg enfin. Et l’on eut toujours plaisir à travailler à ses côtés. Ayant acquis de solides connaissances en matière religieuse, en partie dues à son passage adolescent en séminaire près de Luxeuil, François se vit confier par le Progrès, en plus de son travail au quotidien en agence, la tâche de réunir un maximum d’éléments pouvant servir à constituer les pages nécrologiques quand Jean-Paul II, vieillissant et malade, serait mort. Rien d’étonnant à cela, tous les grands médias du monde entier font de même pour ne pas être pris au dépourvu quand une célébrité, quelle qu’elle soit, perd la vie… François s’exécuta, mais sa mission s’arrêta lors de ce funeste mois de septembre 2000, cinq ans avant la mort de Jean-Paul II. Le travail de François ne fut pas perdu, un collègue lyonnais prit le relais et, en 2005, à la lecture de la nécro de Jean-Paul II dans le Progrès, on reconnut parfois la plume de notre ami disparu… Et puis, pour terminer sur une note plus gaie, il y a cette anecdote qui forme comme un trait d’union, entre hier et aujourd’hui. Mathilde, presque encore bébé, m’avait été confiée un soir par ses parents Odile et François, partis assister à un spectacle. À leur retour, l’apprenti baby-sitter que j’étais s’était à moitié endormi, laissant s’ébattre gentiment celle qui allait devenir l’excellente journaliste qu’elle est aujourd’hui…

François, pipe à la bouche, une des multiples pipes posées sur son bureau, exerça longtemps dans l’Ain.

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