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J’ai testé pour vous… un contrôle routier avec le service des douanes

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Ils sont aux péages et sur les aires, quand ce n’est pas sur le bord des autoroutes, à l’affût du véhicule « intéressant » qui fera l’objet d’un contrôle dans les règles de l’art… Immersion sur le terrain avec les douanes de Péronnas.


Ce matin-là, à la brigade, l’effectif est réduit. « Constatation d’armes, hier soir », justifie la cheffe d’unité. Ils seront donc quatre agents plus un maître-chien sur le terrain au lieu d’une dizaine, ceux de la veille ayant dû procéder – en heures de nuit – aux vérifications d’usage en pareille situation. La matinée sera organisée autour de contrôles routiers, le long de l’A39. Tantôt sur aire, tantôt depuis le bord de route, en départ arrêté. « On est au carrefour de plusieurs axes. » Et le secteur est vaste, de Domsure au nord à Miribel au sud, et de Belleville-en-Beaujolais à l’ouest à Poncin à l’est. Un secteur, couvert en routier par une vingtaine d’agents, dévolus au sein de la brigade péronnassienne à la lutte contre la fraude… À la recherche, donc, de marchandises sensibles ou prohibées : tabac, stupéfiants, armes, contrefaçon, transport d’argent en lien avec les trafics, jusqu’aux biens culturels et espèces en danger. « Notre rôle est de surveiller les flux. » Soit la circulation et/ou la détention de produits mentionnés. Aussi la douane coordonne-t-elle des vacations, avec chacune un objet précisé sur l’ordre de service, quant au type de véhicules et marchandises visés… « Bien sûr, les agents sont laissés libres de – encouragés même, à – prendre des initiatives quand ils le jugent utile », l’objectif n’étant pas de multiplier les contrôles mais de mieux les cibler. En tant que BSI – brigade de surveillance intérieure -, celle de Péronnas intervient sur les axes autoroutiers et de contournement. Jamais en zone urbaine. Elle est la seule du département, celles de Bellegarde et Ferney-Voltaire (BSE) se concentrant sur les flux ferroviaires et aéroportuaires.


Flair
Les douaniers peuvent ici compter sur le renfort d’un chien stups entraîné à la détection des marchandises odorantes, parmi lesquelles des stupéfiants. Un labrador bientôt à la retraite dont la relève part ce printemps en formation. « Il a permis l’an dernier de saisir quelque 6 tonnes de tabac ! » Un gros coup, fruit de l’engagement constant du maître-chien pour entraîner le flair de son champion. Car s’il reconnaît aisément l’odeur du cannabis – sous forme d’herbe ou de résine -, l’animal sait aussi trouver les substances type cocaïne, ecstasy, héroïne, amphétamines… En témoigne l’exercice réalisé sur un camion stationné à l’aire de Bourg Teyssonge, le maître recourant à un accessoire d’entraînement pour le cacher derrière une trappe, à proximité des pneumatiques. Il n’aura fallu qu’un tour du véhicule pour que le chien, galvanisé par sa tâche, gratte au bon endroit et soit récompensé pour sa trouvaille. Le reste des douaniers opère sur le terrain par équipe de trois agents minimum. « Et, à partir de quatre, l’un d’eux porte une arme d’épaule. » Un fusil mitrailleur, à l’effet dissuasif, dont l’usage est strictement encadré, réservé aux seuls cas où la vie des personnes est mise en danger. Quant à la stratégie pour contrôler tel ou tel véhicule ? À nouveau : le flair… Celui des douaniers qui font de leur expérience le gage d’une plus grande pertinence dans leurs contrôles. La lutte contre la fraude n’est pas une science exacte. « Il n’y a pas de profil type, encore moins de garanties. On sait ce que l’on cherche, jamais ce que l’on trouve. » Mais l’expérience des douaniers fait leur pertinence, et des critères aussi anecdotiques que la plaque d’immatriculation (le département ou le pays étant jugé intéressant selon si le contrôle est mené sur un axe nord-sud ou sud-nord) peuvent constituer un motif pour rabattre un véhicule et s’entretenir avec son conducteur, les questions de routine – provenance, destination, chargement – étant l’occasion d’analyser son comportement, ou malaise le cas échéant…

Sang-froid
Les douaniers doivent bien entendu savoir garder leur sang-froid pour gérer les conflits, de la vexation ou l’incompréhension du conducteur visé par un contrôle, souvent désamorcée par un échange « ferme mais courtois », à l’agression proprement dite. Réagir vite, aussi. « Les fraudeurs savent ce qu’ils ont sur eux, nous non. On aura toujours un temps de retard. » Et admettre que rien ne pourra jamais endiguer complètement les flux de marchandises, sur les routes du département. Une stratégie ciblée pour cette profession sans routine, risquée oui, mais passionnante et profondément humaine.

« La fraude ne vient pas à nous, c’est à nous d’aller au-devant d’elle »
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