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La chronique d’Éric Kempinaire : « Se jeter à l’eau »

Leïla travaille à l’aquarium de Nantes, a un bel appartement au-dessus d’une poissonnerie et un copain très amoureux mais un peu trop absent à son goût. Elle s’accommode de cette existence sans relief jusqu’au jour où divers petits événements vont briser cette apparente quiétude. Ébranlée dans ses certitudes, elle décide de s’isoler dans la maison de sa grand-mère
sur la côte. Cet album nous présente une femme d’aujourd’hui face à ses choix de vie, ses peurs et ses désirs. Suite à une sorte de burn out, Leïla devra faire des choix et se reconstruire en osant affronter son passé. La scénariste Gwenola Morizur et la dessinatrice Elléa Bird ont choisi un sujet plombant mais ont réussi la gageure de réussir un album vibrant d’émotions, de poésie et d’espoir. Pas de longue introspection, pas de psychologie de bazar, uniquement la finesse de l’observation et une grande tendresse pour Leïla, une jeune femme d’aujourd’hui. Le graphisme d’Elléa
Bird a ce « je ne sais quoi » de douceur et de poésie qui vous fait directement entrer en empathie avec un beau personnage. La dessinatrice utilise également une mise en couleur simple héritée de la ligne claire qui parle à l’âme du lecteur. L’éditeur a, quant à lui, fait un magnifique travail tant sur la qualité de papier utilisée que sur la couverture rehaussée d’or.
Un merveilleux album qui mérite une place de choix dans votre bibliothèque !

Se jeter à l’eau
par Gwenola Morizur et Elléa Bird
Éditions Jungle, 18 €

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