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Les pérégrinations du Progrès dans Bourg

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Antoine Rousset, ancien journaliste au Progrès à Bourg, revient sur les différents locaux occupés par la quotidien dans la ville.

Je les aurai toutes faites. Sauf une. La dernière en date. Celle qui vient d’ouvrir près du champ de foire au 6 impasse Alfred-Chanut, au Clos Wanner. Un vaste espace fonctionnel sur un étage, avec tous les services réunis : rédaction, publicité, vente. Un outil moderne en pleine évolution. Les agences du Progrès ont semé leur ancrage dans la ville comme une sorte de jeu de piste à retrouver sur un plan de Bourg. En essayant, avec l’aide de mon confrère Alain Lelandais, d’en établir, avec le plus d’exactitude possible, les principales étapes et dates d’ouverture et de fermeture. En fait, ce qui compte le plus, c’est ce que leur souvenir, à ces agences baladeuses, d’un coin à l’autre de la cité, nous a laissé, à nous qui y avons travaillé, comme à tous ceux, Bressans d’hier et d’aujourd’hui, qui y sont passés au moins une fois, à tous les âges de leur vie.

Cinq quotidiens sur Bourg !
D’abord, un matin d’octobre 1960, ma 4 CV arrive de Saint-Étienne, je débarque pour la première fois à Bourg où je viens d’être nommé. Pas bien compliqué m’a-ton expliqué, après le pont de Lyon tu vas tout droit, Le Progrès est tout au bout, au 2, en bas de l’avenue… J’apprendrai vite que quand on dit « l’avenue » au centre-ville, c’est bien sûr celle d’Alsace-Lorraine. En partant, j’avais tranquillisé ma mère : « T’inquiète pas, à Bourg j’en ai pour six mois à peine, et je serai de retour ». J’avais 20 ans. J’y passerai toute ma carrière ! Un hall à traverser, et Hélène Vagner la secrétaire qui m’accueille, me fait découvrir un bureau minuscule que l’on partagera à trois. Avec Claude Garbit le chef de centre et Robert Ferroud. La cohabitation ne sera pas toujours simple. Le travail non plus. Mais il y a de la vie, du passage dans ce hall qui a la télé (en noir et blanc), Couderc/ Albaladejo et le rugby le dimanche, et les nouvelles du jour qu’Hélène écrit à la craie sur tableau noir. Les passants, les badauds, sont friands de cette actualité à chaud qui leur est offerte, en même temps qu’un abri quand il pleut. Et la boisson pas loin au Français chez Pierrot, au Square chez Michèle ou au Sport-Club chez le grand Deguin. Quand ce n’est pas au bar Bichat, dans la rue du même nom, où Le Progrès aura aussi des locaux en étage pour les sportifs surtout. À cette époque, dans les années 60 et 70, il y a cinq quotidiens sur la ville, dont quatre à 50 mètres les uns des autres, Le Dauphiné libéré rue Gambetta, L’Écho-Liberté place de l’Hôtel de Ville ainsi que la République Nouvelle juste en face qui sort l’après-midi, comme Le Courrier de l’Ain de Gilbert Coltice un peu plus haut dans l’avenue. Une belle concentration de presse dont il ne reste, au quotidien, que le seul Progrès depuis longtemps. Avec La Voix de l’Ain en hebdo toujours là. Bien là.


Le journal d’une vie
Puis, un peu avant 1980, ce fut le départ du Progrès de l’avenue Alsace-Lorraine pour des locaux plus vastes, dans un immeuble de l’avenue Louis-Jourdan au 1er étage, avec comme voisins immédiats une dentiste et un kiné, qui nous eurent parfois comme clients…. La rédaction s’y était étoffée, des collègues du Dauphiné libéré et de L’Écho-Liberté nous y avaient rejoints, les moyens techniques dont nous disposions permettaient de fabriquer un journal bien amélioré. Les pérégrinations du Progrès dans Bourg En 1988, changement à nouveau, mais pour trois ans seulement, pour un déménagement place Edgar-Quinet, en attendant que Le Progrès prenne le temps de s’installer, propriétaire à part entière, dans cet immeuble de plusieurs étages de la place Joubert, pour y demeurer sans accroc majeur 34 ans ! C’est là où il se trouvait il y a encore un mois avant d’aller voir ailleurs, à partir de fin mars/début avril 2025, dans cet immeuble de l’impasse Alfred-Chanut, où il a pris désormais ses marques et où il va poursuivre sa longue marche en avant. Ainsi va la vie de ce Progrès qui fait corps avec la ville depuis tellement d’années, depuis tellement de générations d’hommes et de femmes qui chaque jour demandent le journal et l’achètent sans même prononcer son nom. Par habitude. Oui, cher vieux Progrès, qui fut aussi celui de confrères et copains disparus dont je me souviens aujourd’hui, du visage et de la voix, avec encore plus d’émotion en évoquant ici les pérégrinations locales de ce titre de presse qui restera pour moi à jamais celui de toute une vie.

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