Son histoire avec le livre commence tôt. Déjà petite, Mélissa fouille « dans les bacs de la bibliothèque, sur les stands des brocantes… Ça a toujours été un plaisir. »

Plaisir de lire, donc, mais aussi d’écrire. Avant même les rédactions obligatoires ; depuis qu’elle « sait former des phrases » en fait… À l’époque, elle préfère les jeux d’imagination à ceux de société avec des règles strictes. Et très vite elle se lance. « Beaucoup de débuts de roman que je n’ai jamais terminés ! » Du format long. Toujours de la fiction. Car l’auteure apprécie de pouvoir changer d’identité – de vie, tout court – au gré de ses personnages. « On endosse un autre costume, tout est possible ! » Son registre de prédilection ? Le drame. « On voit ce qu’il y a de plus beau, de plus fort chez l’être humain dans sa capacité à surmonter les épreuves. » Notamment dans Tout le bleu du ciel, où un jeune homme condamné entreprend un voyage au côté d’une parfaite inconnue recrutée par petite annonce. « Au départ, ils sont radicalement différents. Puis leur relation se transforme. » D’un fait grave, Mélissa arrive à faire un roman feel good. Le genre à être « remboursé par la Sécu ! » réclament ses lecteurs. « C’est un état d’esprit : on a tous des petits drames, relativise l’auteure avec sagesse. Il faut apprendre à les surmonter, s’en nourrir, en faire une force. » Attirée d’abord par des études en psycho – elle a finalement choisi éco-gestion -, Mélissa n’a jamais renié son goût pour le décryptage des mécanismes émotionnels. À tel point « qu’inventer des fêlures, un passé, un comportement aux personnages me permet de mieux cerner les gens dans la vraie vie ». Une compréhension de la nature humaine qui va jusqu’à faire avancer, sauver parfois, créer le déclic auprès de ceux qui la lisent. « Je ne pensais pas avoir un tel impact ! Faire passer un bon moment oui, mais pas plus… » Son premier éditeur a eu le flair. Parmi les manuscrits déposés sur une plateforme, le sien a été repéré. Et a donné lieu au succès qu’on lui connaît. Désormais, Mélissa est auteure. « À aucun moment j’aurais pensé pouvoir en faire mon métier. C’est comme star de cinéma : on en rêve, mais c’est très rare qu’on y arrive. » Ses ouvrages sont traduits et vendus à l’étranger, adaptés même. « Il y a un projet de série, et un de BD. » Rien de concret encore ! Mais avec une nouvelle récompense – décernée par l’Académie de la Bresse – au côté d’une réalisatrice saluée et passée aux César… « Sait-on jamais, ça peut ouvrir des portes ! »