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Onze containers pour une maison : le défi de Lucas Chichoux à Saint-Martin-du-Mont

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Sous les arbres du bois Vollet, en marge de l’axe reliant Bourg à Ambérieu, s’élève un édifice comme l’on en voit encore peu. En containers. Un projet porté par l’artisan menuisier Lucas Chichoux. Visite.

« Je jouais aux Lego quand j’étais gamin. » Lucas a grandi, mais il a gardé le goût pour la construction modulaire. Les briques sont devenues containers, et son jeu compte aujourd’hui onze pièces, pour composer ce qui d’ici l’été prochain deviendra sa maison. Inspiré par ces géants de métal servant de stockage sur les chantiers, séduit aussi par leur esthétique brute, il a choisi d’en faire le matériau de base d’une construction originale. « J’ai cette idée depuis quinze ans. » Alors quand il s’est lancé, fin 2025, les plans étaient déjà clairs dans son esprit. Des plans revus par l’équipe de Maison Primo pour composer avec la pente du terrain et optimiser l’orientation. « Le rendu est fidèle à ce que je voulais. » Soit une maison sur trois niveaux : garage au rez-de-jardin, « je bricole beaucoup j’ai besoin d’espace », espace de vie intégralement ouvert au-dessus, avec des baies XXL sur la forêt attenante ; chambres, bureau et sanitaires à l’étage supérieur. « Je n’imaginais pas que ça ferait si grand ! » observe Lucas. Car les containers sont de gros modèles : des High Cube de plus de 12 m de long et quasi 3 de haut, qui pour la plupart sont passés par tous les continents. « Ils ont un numéro de suivi, je me suis amusé à regarder. »

Hermétique

Si le container est autorisé pour bâtir chez soi, le Plan local d’urbanisme impose que rien ne soit visible depuis l’extérieur. Aussi l’artisan prendra-t-il soin d’isoler puis de couvrir d’enduit ; pour un style maison d’archi : cubique et très épurée, réservant à l’intérieur tout le charme des muraux qui ondulent, conservent leurs « pocs » et taches de rouille. « Dans le salon, je vais les laisser tels quels… » Des bleus, des rouges, combinés au vert alentour. Une belle palette, surmontée d’un toit végétalisé duquel l’eau s’écoulera par les évacuations consacrées. « J’ai pris une marge de sécurité partout où j’ai pu » assure le prévenant Lucas, préférant aller au-delà des normes et préconisations pour donner à la structure une assise fiable et durable ; « mur de soutènement et radier totalisent 107 m3 ». Pour être confortable, aussi. Notamment thermiquement car, les travaux de l’été l’ont prouvé, « en plein soleil on monte à 60°C à l’intérieur. » Quelque 20 cm de laine de bois viendront ainsi enrober la maison, plus 40 sur la toiture. Quant aux huisseries, « le plus gros poste », elles seront d’excellente qualité et doublées tantôt de volets roulants ou BSO… De quoi maintenir une température agréable en toute saison.

& immense

L’espace intérieur sera baigné de lumière, grâce à de larges ouvertures. Il sera aussi très vaste : plus de 200 m2 habitables pour une famille de quatre. « Évidemment, on n’a pas besoin de tout ça. Mais je ne pense pas faire d’autre maison, alors autant voir grand. » Surtout que Lucas aime recevoir et pourra ici convier les siens à Noël et pour les anniversaires sans jamais se sentir à l’étroit. Sans compter le terrain, de presque 2 000 m2, et les bois de 3 000 à côté en forme de paradis pour les enfants. « C’est un terrain dont on a hérité », révèle Lucas. Une économie certaine sur le coût total du projet. Car s’il le prépare depuis des années, prix et taux ont explosé depuis, et un même budget n’autorise plus les mêmes ambitions. « Je me fixe un maximum de 200 000 €. » Une somme qui reste 30 % moins élevée que celle attendue pour une telle construction – « J’avais fait faire des devis, si tout était réalisé par des artisans je serais à 630 000 € ». Une somme possible aussi parce que Lucas gère seul 90 % du travail – avec l’aide régulière et précieuse de l’entourage. « Je m’organise en fonction. » En fabriquant lui-même des appareils de levage et anticipant chaque geste pour assurer le déplacement d’éléments très lourds. « Mes deux grands-pères avant moi étaient menuisiers-ébénistes. Ils savaient tout faire de leurs mains. » Preuve ici et en grand format que la transmission a fait son œuvre.

Suivez les étapes du chantier sur Instagram @11containers

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