Dans les coulisses de la rénovation de la cocathédrale Notre-Dame.
Prendre de la hauteur à Bourg, une expérience rendue possible grâce aux travaux de rénovation et à l’impressionnant échafaudage de 220 tonnes qui ceinture l’édifice Notre-Dame du XVIe siècle, culminant à près de 70 mètres. « Il s’agit d’un bâtiment à part entière », confie Loïc Morel, responsable du service études et travaux à la mairie de Bourg-en-Bresse. Marche après marche, les véhicules, les bâtiments et la végétation se rétrécissent, offrant une vue panoramique sur l’agglomération et son patrimoine emblématique. « L’avenue Alsace-Lorraine et le tribunal paraissent minuscules », glisse une élue, avant de se retourner et de désigner le monastère royal de Brou, en tirant le même constat.

L’altitude et le soleil révèlent la splendide toiture vernissée, dite « à la bourguignonne », de la résidence éternelle de Marguerite d’Autriche. En tournant les talons, la cocathédrale Notre-Dame apparaît à nous, et notre œil peut se poser sur les moindres détails, imperceptibles depuis la rue. Les travaux, commencés au début de l’année 2025 et qui s’achèveront à l’automne 2026, ont redonné une blancheur éclatante aux pierres qui pavent le monument. « Un expert analyse chaque pierre pour en connaître l’état intérieur. Après ce test, il décide si elle doit faire l’objet d’un nettoyage ou d’un remplacement », explique Loïc. Celles devant être remplacées sont prélevées localement, dans la carrière de Drom, puis taillées directement sur le chantier, dans les ateliers installés en contrebas, place Georges-Clémenceau. Classé Monument historique depuis 1914, l’édifice religieux a dû se séparer temporairement de ses vitraux, envoyés en restauration dans des ateliers du Cher et au nord de Cologne, en Allemagne.
Quelques étages plus bas, la Vierge à l’enfant, une statue de près de 5 mètres de haut surplombant l’entrée principale du monument, (qui reste ouvert au public pendant la durée des travaux) bénéficie elle aussi d’une restauration. Une équipe s’attelle à la reconstruction des doigts et du nez. « C’est une action rendue possible grâce à la documentation à notre disposition », précise Loïc Morel, qui ajoute : « Ce n’est pas le cas de toutes les statues. Pour certaines, nous n’avons pas suffisamment d’éléments permettant une restauration fidèle ». 4,8 millions d’euros sont nécessaires pour offrir une cure de jouvence à cette figure qui domine le centre-ville burgien. « C’est un chantier incroyable, le plus gros de ma carrière sur l’aspect patrimonial », conclut Loïc Morel.

Rencontre avec l’architecte en charge du chantier de Notre-Dame, Renzo Wieder
Pour comprendre les enjeux de la restauration de cet édifice emblématique de Bourg-en-Bresse.
Lundi 8 septembre à 18 h 30.
Parvis de l’hôtel de ville à Bourg
Réservation : 04 74 42 46 00
Gratuit.