Septembre : il faut reprendre le collier, et l’écolier doit racheter un cahier. Plaisir de rentrée : palper du papier. Au seuil de l’automne, la blanche page a l’hivernale virginité de la piste enneigée ou du lac verglacé. Quelle ivresse d’y danser au stylo l’entrelacs des signes ! Jadis (j’ai connu cette époque in extremis, souvenir bien ancré), la journée commençait par un plongeon périlleux : tremper la pointe du porte-plume dans la fontaine du pupitre, par exemple pour écrire Le Corbeau et le renard. S’il ne fallait pas sortir de Saint-Cyr pour réussir l’opération, le grade requis était tout de même sergent-major. Quel bonheur de s’acquitter sans tache de sa tâche ! Une joie à en crier. Moralité : si votre grammage se rapporte à votre plumage, la rentrée sera fabuleuse.
Suivez la flèche, la chronique de Christophe Fléchon : Papotons papeterie
