Posté le 2 mai 2024 par La Rédaction

C’était il y a presque 80 ans. Le 5 juin 1944, un événement horrible, infâme, se produisait au lycée Lalande à Bourg, pendant les épreuves du Baccalauréat : la rafle par la milice de lycéens et professeurs.

Dès 1941, le lycée Lalande est le théâtre de quelques manifestations individuelles marquant leur opposition à l’État français de Vichy. Un groupe d’élèves résistants se forme fin 1942. Un maître d’internat, Hugues Barange, et un élève de seconde, Marcel Thenon, fondent la première section des FUJ (Forces unies de la jeunesse). La section comptera une trentaine d’élèves résistants. Ils livrent de la presse clandestine, manifestent lors des partances pour le STO (Service du travail obligatoire), troublent à chaque fois qu’ils le peuvent l’armée d’occupation… Après la destruction des fichiers de la STO par les FUJ, Hugues Barange est arrêté, torturé à Montluc et fusillé. Marcel Thenon sera déporté en Allemagne. Paul Morin, responsable des FUJ, lui succède. Il est arrêté à son tour, puis déporté en 1943.

La résistance lycéenne semble décapitée. Pourtant, des groupes se reforment et s’organisent. Ils apprennent le maniement des armes et l’utilisation des explosifs. Ces groupes de lycéens de Lalande multiplient les coups de force à Bourg et alentour. Le 5 juin 1944, trois d’entre eux sont désignés par le colonel Romans-Petit pour attaquer, rue Teynière, le caissier de la Trésorerie générale au moment d’un transfert de fonds. La milice est informée par un indicateur et tend une embuscade. Deux membres des FUJ sont gravement blessés et arrêtés. En possession d’une liste de résistants, les miliciens font irruption au lycée Lalande pendant la dernière épreuve du Baccalauréat. « À 16 h 15 », selon le récit de Jean Marinet, une horde de miliciens surexcités, vociférant et tirant des coups de feu, envahissent le lycée en hurlant les noms inscrits sur la liste qu’ils possèdent. Ils rassemblent élèves et professeurs dans la cour d’honneur, et les alignent avec brutalité face au mur sous la menace de deux fusils mitrailleurs. Onze élèves sont suspectés d’avoir participé à des actes de résistance, mais ce sont finalement une soixantaine d’élèves et professeurs qui sont embarqués dans un camion découvert, sous un violent orage, à destination de Saint-Amour où était alors installé le poste de commandement de la milice. Dix résistants sont maintenus et endurent des interrogatoires musclés : coups de crosse, coups de pied, coups de poing, mise à nu, flagellations avec le ceinturon, entre autres supplices… Les dix élèves qui devaient être fusillés échappent à la cour martiale, mais sont déportés dans un camp dit « de représailles » en Haute-Silésie. Le lendemain, 6 juin, jour du Débarquement en Normandie, la ville de Bourg-en- Bresse est bouclée et la milice procède à de nombreuses arrestations. Au total, 37 élèves du lycée Lalande sont morts pour la France, déportés, torturés, fusillés ou tombés au combat. Le lycée Lalande est le seul établissement civil en France à avoir reçu la médaille de la Résistance par décret du 3 octobre 1946.

Commémoration du 80e anniversaire

CINÉ-RENCONTRES

Mercredi 5 juin (20:00)
Les lycéens, le traître et les nazis de David André
Cinéma La Grenette

Mercredi 12 juin (20:00)
Des lycéens font actes de résistance d’Alain Fabbiani
Cinéma Le Vox

Séances gratuites

Infos : laresistanceaulyceeLalande@ laposte.net www.lalande2.com