Ambronay, la commune bugiste était jusqu’ici repérée à la latitude 46°00’23’’. Mais à l’automne, le 11 septembre fort précisément, le village va basculer à la « latitude baroque », puisque tel est le thème de la 47e édition du festival de musique baroque. Durant trois week-ends, l’abbatiale va accueillir quelques amis fidèles comme William Christie, mais surtout la fine fleur de la musique baroque avec de jeunes ensembles déjà bien installés et des groupes émergents. Des rendez-vous qui prennent parfois l’apparence de passages de témoins entre les grands anciens et les nouvelles générations.
Durant tout ce temps, la musique va jaillir sous la voute de l’église millénaire mais aussi dans la salle Monteverdi et dans la salle des fêtes rebaptisée voilà déjà quelques temps Espace Benassy, en hommage à un ancien maire et conseiller départemental qui a marqué la commune de son engagement et de sa générosité.
Pas moins de vingt-cinq concerts sont programmés sans conter des ateliers (théâtre, bulles de son), des visites de l’abbaye (dot une en langue des signes), des rencontres avec des artistes, des scènes amateurs.
« Bach au violon » le 13 septembre
Quatre grands concerts marqueront cette 47e édition, avec un retour aux sources (certains y verront sans doute une forme de testament) pour deux anciens. Tout d’abord le 12 septembre, après une longue absence, William Christie reviendra proposer deux pièces de Marc-Antoine Charpentier : le court opéra qu’il avait dirigé en 1981 et qui a donné son nom à son ensemble (« Les Arts florissants »), et « La Descente d’Orphée ». Et en clôture, le 27 septembre, Jordi Savall viendra revisiter le « Llibre Vermell de Montserrat », son premier enregistrement qui date de 1979 !
Un autre rendez-vous prestigieux, le dimanche 13 septembre, cette fois-ci avec Amandine Beyer et son ensemble Gli Incogniti : dans « Bach au violon », ils interpréteront notamment deux des concertos brandebourgeois. Une plongée dans la musique polyphonique italienne du XVIe siècle, c‘est la proposition lancée par le grand ami d’Ambronay qu’est Leonardo García-Alarcón qui dirigera bien sûr le Chœur de chambre de Namur et la Capella Mediterranea avec « ROMA ! » : on entendra notamment différentes œuvres d’Allegri dont le Misere et d’Alexandre Scarlatti.
La fine fleur du baroque français
Entre le « Requiem imaginaire de Charles Quint », qui ouvre cette 47e édition le vendredi 11 septembre, et le « Llibre Vermell de Montserrat » dirigé par Jordi Savall, le dimanche 27 septembre, c’est (aussi) un festival de musique baroque du sud, de l’Italie surtout qui va être proposé par de jeunes ensembles éblouissants de talent.
Par exemple (le 13 septembre), les trois jeunes musiciennes de Ecco la Primavera : entre envolées guerrières et déclarations d’amour, sous le titre « Terres guerroyées, dames courtisées », tout est conquête… Ou la « Passion italienne » (le 18 septembre), de Rossi à Monteverdi, par l’Ensemble La Palatine. Le lendemain, à 15 heures dans l’abbatiale, le voyage musical entre Venise et Byzance devrait être chavirant avec l’Ensemble Irini dirigé par Lila Hajosi. Et, à 20h30, la musique de fête, profane ou religieuse, sera au rendez-vous avec « Venise, de Razzi à Vivaldi », interprété par Le Poème harmonique de Vincent Dumestre.
Une certitude, cette année encore les places seront chères.
Philippe Berthon
47e festival d’Ambronay, du 11 a 27 septembre. 04 74 38 74 04 et ambronay.org