Posté le 7 juin 2024 par La Rédaction

Elle ouvrira le bal de cette nouvelle édition du festival, le 20 juillet au monastère de Brou. Rencontre avec une artiste protéiforme au rebond magnifique, Anna Chedid.

Vous avez commencé par mettre en mots, avec l’écriture de poèmes. Pourquoi a-t-il été nécessaire de mettre aussi en musique ?
Je me suis vite rendu compte que l’écriture était une expression que j’adorais et qui résonnait très fort en moi, mais qu’il manquait quelque chose. J’avais besoin de mettre cette écriture dans un écrin sonore et musical. La musique est venue terminer ce que je voulais exprimer.

Chaque album correspond à une période de vie. Comment vivez-vous d’interpréter des titres avec lesquels vous n’êtes plus en phase ?
J’adore ! Ce qui est fort avec les chansons, c’est qu’elles prennent des tonalités, des couleurs, des interprétations différentes suivant les moments de la vie. Des chansons comme Les Yeux de ma mère, Ce qu’ils deviennent, je les ai écrites il y a 10 ans, mais elles résonnent toujours fort.

Avec Peau neuve, vous faites table rase après une période difficile. Ce dernier album vous a-t-il fait l’effet d’une thérapie ?
Cet album parle vraiment de renaissance, de mue. Et cette mue m’a donné l’audace de réaliser tout ce que je n’osais pas faire avant. Peau neuve, ça parle de se transformer et de devenir encore plus fort. Se révéler. J’ai décidé de faire tout ce que j’avais envie de faire, tout ce que je ne m’étais pas autorisé avant : monter mon label, produire mon disque, faire les arrangements…

Vous entamez la saison des festivals : quel type de concert a votre préférence entre la salle et le plein air ?

Pour moi, un concert est un concert. Je peux jouer dans une toute petite salle, dans un café, dans le salon, dans un Zénith, dehors, partout dans le monde… c’est un concert ! Un moment unique que l’on partage avec les gens, quelle que soit la jauge, quel que soit le lieu. Il y a toujours la magie de la rencontre.

Quel répertoire réservez-vous aux festivaliers le 20 juillet, en ouverture d’À la folie ? Les titres du dernier album, un panachage ?
C’est vraiment un panachage. D’ailleurs j’aime bien, il y a « Nach » dedans ! Il y a à la fois d’anciennes chansons et des nouvelles, mais ça parle de ce thème de renaissance.

Comment appréhendez-vous cette vie sur la route ?
C’est la vie que je préfère ! On se rend compte, dans ces moments-là, que notre maison, c’est nous. Que la stabilité est intérieure et que notre vrai socle et notre vraie maison, c’est la façon dont on vit les choses. Ça apprend aussi la confiance en soi : on bouge, alors il faut être solide !

Vous êtes issue d’une famille d’artistes : a-t-il été difficile d’exister en tant qu’être et pas fille, ou sœur de ?
Trouver sa place dans sa famille, trouver sa place dans le monde, c’est une quête que l’on mène tous. Que l’on soit dans une famille de musiciens renommés ou pas. C’est une épopée. Évidemment, j’ai la chance d’être née dans un milieu comme celui-là, c’est un énorme avantage. Quand on commence à se professionnaliser, les médias, le public comparent : on peut se poser des questions, se demander si l’on a vraiment de la valeur, du talent… Mais quand on doit faire quelque chose et que l’on sent qu’il faut le faire, alors il n’y a plus de question. Maintenant, je sais que c’est mon métier.

Découvrez le programme du festival à la Folie !

  • Samedi 20 juillet (20:30) : NACH, Chanson française

  • Samedi 27 juillet (20:30) : FISH LE ROUGE, Musiques actuelles

  • Samedi 3 août (20:30) : THE CINELLI BROTHERS, Blues : Ces quatre musiciens multi-instrumentistes
    s’inspirent du blues des années 1960-1970 pour proposer un répertoire hybride entre rock et pop.

  • Samedi 10 août (20:30) : DELEONES TANGO, ORQUESTA Tango : Les neuf musiciens nous emmènent quelques décennies en arrière, dans un Buenos Aires en noir et blanc, à la (re)découverte des tangos de compositeurs incontournables.

  • Samedi 17 août (20:30) : LES FRÈRES SMITH : Afro groove, Ces onze frangins allient depuis deux
    décennies funk et highlife, jazz et soul, saveurs tropicales, incandescence cuivrée et polyrythmies.

  • Samedi 24 août (20:30) : LEILA OLIVESI OCTET : Jazz, Pianiste et compositrice franco-mauritanienne,
    inspirée par les plus grands (Duke Ellington, Mary Lou Williams), Leïla compose un jazz acoustique
    contemporain de très haut niveau.
à la folie
  • Samedi 31 août (20:30) : L’ENSEMBLE MASQUES : Musique classique, En première partie, les choristes du Choeur du Concert de l’Hostel Dieu invitent à redécouvrir de célèbres mélodies françaises. L’ensemble Masques, lui, explorera la sonate en trio.


Infos et résa festival À la folie :
www.monastere-de-brou.fr
Prix d’entrée au monument : 11 €, gratuit – de 26 ans