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Anthony Alves, un Bressan parmi les « loups » portugais

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« Antho » Alves, pilier droit made in Bresse, connaît, à 34 ans, l’apogée d’une carrière semée d’embûches : la Coupe du monde en France… avec les Lobos (loups) du Portugal. Élevé au chant du coq, Anthony Alves a grandi dans l’Ain, à Malafretaz. Les soirs de match du XV de France, la Marseillaise résonnait dans la maison familiale. A Portuguesa , La Portugaise, la remplaçait quand le pays des œillets jouait… au foot, la plupart du temps. Le ballon ovale n’a pas la même cote de popularité chez les Lusitaniens. En 2007, pourtant, le Portugal dispute la Coupe du monde de rugby. En France, déjà. Le jeune Bressan d’à peine 18 ans se prend alors à rêver du même destin, un jour. Quand l’hymne des Lobos a retenti à l’Allianz Riviera de Nice, avant le match face au Pays de Galles, samedi 16 septembre dernier, les larmes de fierté coulaient dans le clan Alves, des deux côtés de la frontière. Malgré la défaite (8–28), le pilier droit a tenu bon en mêlée, et s’est même autorisé à jouer au pied, à la manière d’un ouvreur, en début de rencontre. « J’ai fait une belle merde, oui », ironisait-il après-coup. Il a été remplacé autour de l’heure de jeu, juste avant le troisième essai gallois. Lors du nul face à la Géorgie une semaine plus tard (18–18), le sélectionneur Patrice Lagisquet l’a laissé sur le banc. Histoire de le garder au frais pour les deux chocs contre l’Australie (dimanche 1er octobre), puis les Fidji (dimanche 8) ?

Construit dans la difficulté

«Antho» Alves touche ses premiers cuirs du côté des Vennes, au SA Bourg. Dans son «club de cœur», il découvre l’esprit du jeu et la camaraderie entre copains, des valeurs accrochées à sa chair comme une Madeleine de Proust. Plutôt doué, il intègre l’entente SAB – US bressane, ce qui l’amène à jouer avec les Violets jusqu’en Reichel. Explosif et bon plaqueur, il garde de bons et de moins bons souvenirs de ses années à l’USB. « On ne m’a peut-être pas accordé autant d’importance qu’à d’autres, résume-t-il sans amertume. Tout ce que j’ai obtenu dans ma carrière, j’ai dû aller le chercher. Rien ne m’a été donné. » Parti tenter sa chance à Montauban dès 2009, il est une victime collatérale des soucis financiers des Occitans. Derrière, il se relance en Fédérale 1, et ronge son frein jusqu’en 2015, à Chalon puis Montluçon. Il retrouve le monde professionnel et la Pro D2 sous les couleurs d’Aurillac, avant de rejoindre Grenoble, et ensuite Mont-de-Marsan, où il lui reste encore deux ans de contrat. « J’ai une troisième année en option, mais je ne pense pas la faire », confie l’avant franco-portugais, s’avouant un peu lassé du monde du rugby. Avec ce Mondial, il s’offre un sacré jubilé avant l’heure.

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