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Jean-Marc Pansa le pêcheur et gardien de but devenu basketteur international

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Arrivé à la JL Bourg cette saison, Jean-Marc Pansa a étrenné ses deux premières sélections en équipe de France en novembre. Un destin inattendu pour le Guyanais, qui n’a commencé le basket qu’à 15 ans, plus passionné par le foot et la… pêche en mer. Voici son histoire.


«Je suis originaire de Kourou, en Guyane. Quand j’étais jeune, j’étais passionné de pêche en mer. C’est mon père qui m’a initié en m’emmenant sur son bateau alors que j’étais tout petit. J’y ai rapidement pris goût et ça continue encore aujourd’hui : chaque été, quand je rentre chez moi, je peux partir passer une journée entière en mer… Il y a énormément d’espèces de poissons en Guyane, puisque l’on se trouve à proximité de l’Amazonie. Certaines sont très prisées, comme l’acoupa, qui a une chair excellente. On trouve aussi de très gros poissons, comme la carangue ou le mérou, qui peut peser jusqu’à 200 kilos ! Quand j’étais tout jeune, j’en ai attrapé un qui faisait à peu près 80 kilos ! Ça m’avait pris 1h30 – 2h pour le sortir de l’eau. C’est un poisson qui se bat beaucoup : dès qu’il est ferré, il va se cacher dans sa grotte pour essayer de se sauver. Ça avait été une belle bagarre pour l’empêcher de rejoindre son trou.

C’est un souvenir marquant ! De manger son poisson, tout fraîchement pêché, c’est beaucoup plus appréciable et ça fait de la nourriture pour plusieurs semaines (il rit). Il y a quelques liens entre la pêche et le basket. Ça me permet de travailler ma patience et le fait d’en vouloir toujours plus. Attraper un premier poisson donne forcément envie d’en avoir d’autres. C’est ce que j’arrive à retranscrire dans le basket : quand je réussis une action, je veux toujours reproduire cela et aller en chercher plus ! Plus jeune, mon sport préféré était le football ! J’en ai fait en club de 7 à 14 ans, je jouais gardien de but. Mais avec ma taille, c’est progressivement devenu trop compliqué de plonger, surtout pour arrêter les ballons au sol. Vu que j’étais grand, on m’orientait en permanence vers le basket mais je ne voulais pas forcément en faire, donc j’ai essayé d’autres sports : futsal, handball, natation, un peu de rugby, même du golf.

Puis un jour, en sortant de la piscine, un ami m’a proposé un un-contre-un : un coach est arrivé et m’a dit de passer à l’entraînement de son club. C’est parti de là. J’avais 15 ans. Après seulement quelques mois de pratique, il y a un recruteur de Cholet qui est venu me voir. Je savais à peine faire un double pas, je n’avais aucune base, mais il a vu un potentiel et m’a invité à un camp à Cholet. J’y ai passé une semaine, mais ils n’avaient plus de place pour moi. J’ai eu le déclic en rentrant en Guyane. En discutant avec mon premier coach, Gaëtan Parton, il m’a fait comprendre que je pouvais vraiment faire quelque chose dans le basket. Le but est devenu de bien bosser pendant toute la saison, refaire le camp à Cholet, trouver un centre de formation et partir. C’est ce qui s’est passé : au bout du troisième jour, Nanterre est venu me voir et j’ai fait le grand saut vers la métropole. C’était la première fois que je quittais toute ma famille, je ne connaissais personne : du coup, l’adaptation a été très, très compliquée.

Sportivement, j’avais un très gros retard basket par rapport aux autres. À tel point que Nanterre se questionnait sur mon avenir en Espoirs puisque je ne tournais même pas à 1 point de moyenne en Cadet. Quand ils m’ont annoncé qu’ils pensaient me faire jouer avec les U20 Région, ça a touché mon ego et j’ai bossé comme un fou tout l’été en Guyane. Quand je suis revenu, Nanterre a constaté mes progrès et j’ai gagné ma place comme ça. Par conséquent, après avoir traversé tout cela, ça a été une sensation exceptionnelle que de fêter mes deux premières sélections en équipe de France. Entendre la Marseillaise, m’a donné beaucoup de frissons. C’est gratifiant de porter le maillot bleu, surtout avec un parcours aussi atypique… »

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