Rencontre avec le Burgien Jérémie Haudiquet, 24 ans, qui entame sa deuxième saison à l’Asvel en tant qu’entraîneur des U15 Région, et assistant des U18 Élite.
La saison dernière, vous remportez un titre national (U15) et finaliste de la coupe de France (U18). Que retenez-vous de ces expériences ?
À l’Asvel, j’apprends à manager, mais aussi à développer mon côté humain. J’ai grandi et progressé grâce aux différents coachs, notamment Pierric Poupet. Je suis fier du travail accompli par mes équipes. Vivre une finale de coupe de France à l’Accor Arena était un rêve.
Comment devient-on entraîneur ?
J’ai toujours aimé parler, m’exprimer sur et en dehors du terrain. C’était inné chez moi. Je n’ai jamais été un grand joueur, j’ai toujours évolué en région à la JL Bourg et à Villars-les-Dombes. L’idée d’entraîner est venue après, grâce à un ami, mais aussi à Nicolas Croisy et Pierre Murtin. À 16 ans, je me suis dit : « Pourquoi pas gagner un peu d’argent tout en prenant de l’expérience, en me faisant plaisir ? » Alors j’ai pris les rênes des 8-9 ans de la JL, puis j’ai obtenu une licence Staps. Pendant mes études, j’ai entraîné les U15 de Saint-Priest basket, avant de rentrer à l’Asvel et à la Tony Parker Académy, grâce au président de l’association.
Votre intégration à l’Asvel ?
J’avais beaucoup de pression, car lorsque l’on est à l’Asvel, on a une cible dans le dos. Tout le monde veut être dans ce club historique, mais aussi jouer et gagner contre lui. Lorsque les jeunes évoluent ici, les parents pensent que l’entraîneur va transformer leur enfant en joueur professionnel. En tant que manager, on ne doit pas faire de promesse, mais donner le maximum pour que son équipe aille au plus haut niveau. Je vais prodiguer des conseils, échanger, faire des retours techniques et individuels pour qu’il y ait une progression. Parce que c’est bien de dire qu’ils ont commis des erreurs, mais c’est encore mieux de leur montrer comment les corriger.
Dans votre carrière, auriez-vous aimé que l’on vous guide ? C’est sûr ! Plus jeune, j’ai connu une mésaventure lors des sélections départementales. Je n’avais pas été sélectionné à cause d’une blessure et ça m’a fait le plus grand mal. Quelqu’un m’a dit : « On préfère prendre quelqu’un qui n’est pas blessé et qui est moins bon ». Ça m’a fait un choc. À 13 ans, personne ne m’a soutenu. J’attendais que l’on me dise que mon niveau n’était pas remis en cause, car à la base, c’est moi qui devais être choisi. On ne m’a plus jamais recontacté, j’ai ressenti cela comme un abandon. Durant 3 ou 4 ans, je n’avais plus l’envie de progresser, il fallait passer à autre chose.
Depuis cette épreuve, qu’est-ce qui a changé dans votre vie ?
Je ne cherche plus la reconnaissance, ni la gloire. Je n’ai plus rien à prouver. Je suis devenu coach pour être présent dans ces moments-là, justement. Transmettre ce que l’on m’a appris, me sentir utile. Je dis souvent à mes joueurs : « Ne visez pas un niveau précis, mais visez votre meilleur niveau ». J’essaie de m’adapter, communiquer, donner du sens aux entraînements. Certains m’ont remercié. Aujourd’hui, ils évoluent au plus haut niveau, alors qu’ils ne pensaient pas l’atteindre.
Que vous inspire le parcours de Frédéric Fauthoux, passé de la Nationale 3 à sélectionneur de l’équipe de France ?
Je me dis que tout est possible, mais qu’il va falloir cravacher pour y arriver. Frédéric Fauthoux a cassé les codes. Il est entré par la grande porte avec l’Asvel, car le monde professionnel est souvent régi par les mêmes managers. C’est très compliqué d’évoluer dans ces microcosmes. Son parcours est tout simplement remarquable.
La JL, vous espérez y revenir ?
Tout ce que je sais, c’est que je ne veux pas quitter l’Asvel. Aujourd’hui, le club s’inscrit dans le programme de l’EuroLeague et développe ses infrastructures. Je me rends compte de la chance que j’ai. Si un jour je dois partir, forcément je penserai à la JL Bourg.
Mais alors… l’ambiance de l’Astroballe ou celle d’Ekinox ?
(rire) Ekinox, sans hésiter. L’ambiance est incroyable ! Elle restera ancrée…
