Coach de basket féminin de l’année à deux reprises, en 2013 et 2019, Matthieu Chauvet, aujourd’hui coach en dépassement personnel et formateur, a dépassé ses propres limites en bouclant l’une des courses les plus difficiles au monde : le Marathon des sables au Maroc.
250 kilomètres répartis sur six étapes, avec des températures pouvant atteindre jusqu’à 60 degrés en plein soleil et 45 à l’ombre et un sac de 10 kilos sur le dos, contenant toute l’alimentation pour la durée de l’épreuve, le nécessaire pour dormir et faire sa toilette… Le tout, à réaliser dans un temps imparti ! C’est le défi que s’est lancé Matthieu Chauvet, ancien coach du Charnay basket, club féminin de première division. « Le Marathon des sables, c’était un rêve, comme quand j’avais 14 ans et que je disais que je voulais être coach professionnel », confie celui qui a réussi à boucler cette aventure exceptionnelle dans le désert du Sud marocain. « J’ai besoin de vivre des aventures, des expériences, et d’inspirer les gens. J’ai écouté mon intuition qui me disait que c’était le moment. »
Une préparation rigoureuse
Après avoir validé son inscription, Matthieu lance sa préparation. Première étape : protéger ses pieds. « Ils souffrent énormément, car il fait extrêmement chaud. Les chaussures sont enveloppées dans des guêtres pour ne pas laisser entrer le sable. Cela donne un effet cocotte-minute. Pendant 6 mois, j’ai tanné mes pieds tous les matins. Je les passais au citron pour endurcir la peau, la rendre plus souple et résistante, suivant les conseils de mon podologue. » Puis, cinq à six jours par semaine, il court dans le Revermont et participe au Trail des Maquisards. « Il faut avoir de l’endurance, car il faut remettre ça tous les jours. La première étape fait 30 kilomètres, la deuxième 40 km, la troisième plus de 85 km… Nous sommes en autosuffisance totale. Parfois, dans le sable, tu as l’impression de ne pas avancer, ton sac te fait mal… tu es seul. Tu vises le prochain check point. Le soir, tu manges un vrai repas (lyophilisé), tu dors mal sous une tente. Ta salle de bains, c’est une bouteille d’eau et un morceau de savon. Même chose pour ta lessive. On se lève deux heures avant le départ de la course pour le briefing vers 4 h 30, pour un départ entre 6 h et 7 h 30. »
Black-out
Et parfois, le corps dit stop. Certains y laissent la vie. « Sur la 4e étape, je n’avais plus de son, plus d’image. Je ne sentais plus d’énergie, une nausée m’empêchait de m’alimenter. Je commençais à vaciller. Je me suis accroché pour atteindre le prochain check point. En arrivant, je n’étais pas bien. Après un contrôle médical où ils m’ont requinqué, j’ai pu repartir. Ils m’ont donné du Coca. C’est le seul truc que je pouvais avaler. Quand j’ai fini la gourde, j’ai hacké mon cerveau pour transformer l’eau citronnée de mon bidon en Coca citronné », confie Matthieu, heureux finisher. « Le désert, c’est une psychanalyse. Seul, des heures face à toi-même. Tu repenses à plein de choses. Quand tu as soif, chaud, que ton corps n’en peut plus… Tu te connectes avec ce qui t’entoure. C’est indescriptible ! » De conclure : « Nous sommes tous capables de faire des choses incroyables. Les limites sont celles que l’on se pose soi-même. Le dépassement de soi, c’est vaincre ses peurs ». Et d’inviter d’autres à l’imiter. Pourquoi pas vous ?
