Cet été, Vincent, le journaliste bressan aux dix Coupes du monde de football, vivra ses cinquièmes olympiades où il tiendra, dans le journal L’Équipe, une chronique quotidienne librement inspirée de son vécu in situ. Après avoir participé à la sélection des journalistes accrédités et avant d’entrer en Seine, il revient sur les moments forts des Jeux qu’il a vécus, avec des souvenirs intacts gravés dans le limon fertile de sa mémoire.
Du 26 juillet au 11 août, 20 000 professionnels des médias seront à pied d’œuvre sur les 36 sites de compétition de Paris 2024. Pour accéder aux 10 000 tribunes de presse ou positions photo, ils devront présenter une accréditation. Or, ils étaient cinq fois plus nombreux à candidater. Pour la presse écrite et les photographes, 6 000 accréditations ont été délivrées dont 400 réservées aux médias français. Président de l’Union des journalistes sportifs français (UJSF), et en lien avec le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), Vincent s’est livré au marathon printanier de la sélection. Sur quels critères ses précieux sésames ont-ils été attribués ? « Au niveau français, nous avons reçu trois fois plus de demandes que de places disponibles, confie-t-il. Pour établir la sélection, nous avons étudié le suivi des Jeux précédents de chaque titre ainsi que la taille de leur rédaction et leur nombre d’éditions. » À l’échelle nationale, L’Équipe et ses trois médias (le site, la chaîne et le journal) se taillent la part du lion avec 71 accréditations alors qu’au niveau de la presse quotidienne régionale (PQR), c’est Ouest-France, ses 41 éditions et ses 700 000 exemplaires vendus chaque jour, qui décroche la timbale. « Nous avons été ouverts à tout, même au petit hebdo local, avec toutefois une préférence pour des rédactions qui s’intéressent au sport avec des journalistes d’expérience. Les accréditations pour les JO ne sont pas des billets de spectacle VIP. »
C’est où Séoul ?
Le grand reporter de L’Équipe tiendra une chronique quotidienne comme il l’avait fait lors de la Coupe du monde de rugby avec Duluc dans la mêlée. Un exercice de style, souvent décalé, dans lequel sa plume inspirée et inspirante excelle et où il ne s’interdit rien. « Lors de la dernière soirée des Bressans de l’année de l’Académie de la Bresse, j’ai rencontré Florian Grengbo. Je vais aller le voir et le suivre. En cas de médaille, je ne m’interdis pas une chronique sur l’ADN bressan du cyclisme sur piste avec un clin d’oeil à Daniel Morelon. » À l’été 1986, Vincent quitte la rédaction du Progrès de l’Ain pour la « Sportive » du siège lyonnais du quotidien. « On m’avait attribué le rugby et l’Olympique lyonnais, mais j’ai assez vite couvert de nombreux événements. » Il sera ainsi le seul journaliste du Progrès à couvrir les Jeux de Séoul en 1988. « Les mesures de sécurité n’avaient rien à voir avec celles d’aujourd’hui et je me souviens avoir terminé les cérémonies d’ouverture et de fermeture sur la pelouse du stade olympique avec les athlètes. Au niveau professionnel, c’était intense. Je couvrais trois à quatre épreuves par jour, soit autant d’articles à écrire. Je n’ai pas beaucoup dormi, mais que de souvenirs ! » Séoul restera marqué par le nouveau record du monde de Ben Johnson sur 100 mètres. Mais le Canadien courait trop vite pour être honnête. Testé positif aux stéroïdes, il sera disqualifié. Une première mondiale !
Dream Team à Barcelone
Pour Vincent, 1992 est une double année olympique. L’hiver passé, il troque la doudoune d’Albertville contre le bermuda, et met le cap sur Barcelone. Ces Jeux olympiques se déroulent dans un contexte géopolitique particulièrement bouleversé. Intervenus en 1991, la chute de l’URSS et la fin du régime de l’Apartheid en Afrique du Sud font des JO de Barcelone les tout premiers sans aucun boycott, les 169 Comités olympiques mondiaux prenant part à la compétition. Ces JO marquent également la fin de l’amateurisme à l’image de l’arrivée des joueurs professionnels de basketball américains de la fameuse Dream Team. « Michael Jordan, Magic Johnson, Scottie Pippen ou encore Larry Bird dans la même équipe, la meilleure au monde jamais réunie sur un parquet. Elle gagnait ses matchs avec une telle avance ! Le plus petit écart sera de 32 points en finale contre la Croatie. Au village olympique, ils vivaient comme des rock stars, adulés par les autres athlètes qui assistaient à leurs entraînements, leur demandaient des autographes et de se faire prendre en photo avec eux. » Cette incroyable Dream Team mania en viendra même à éclipser les six médailles d’or du gymnaste biélorusse Vitaly Scherbo. Une première également, jamais égalée depuis.
Vincent Duluc à eu des liens privilégiés avec les athlètes
Vincent est conquis par l’atmosphère de fête qui règne dans la Ciudad de Gaudí avec des spectateurs venus du monde entier qui avaient toujours soif et jamais sommeil. « Après les épreuves, le public descendait la colline verdoyante de Montjuïc. Le chemin était une longue procession bruyante et colorée de sons et de lumières avec les chants des trois ténors José Carreras, Plácido Domingo et Luciano Pavarotti. C’était fantastique ! » Mais pas question d’oublier la feuille de route sur les Ramblas. La consigne tripartite de sa rédaction lyonnaise est claire : un tiers d’articles mondiaux, un autre tiers de nationaux et le dernier consacré aux régionaux. « En PQR, nous vivons avec les athlètes toute l’année. On connaît tout de leur vie, de leur préparation, de leur forme du moment. En zone mixte se créent des rapports qu’on n’a pas en presse nationale. » Pour la France, Marie-José Pérec remporte sur le 400 mètres la première de ses trois médailles olympiques (elle sera sacrée sur 400 et 200 mètres quatre ans plus tard à Atlanta).
Ce dont nous avons le plus besoin…
Spectateur aux Jeux d’Athènes (2004) et Londres (2012), Vincent est cette année un rouage essentiel du dispositif hors normes de L’Équipe et de ses trois médias : 24 heures sur 24 pour la chaîne, des infos en continu sur le site et une pagination spéciale pour le journal, le tout en interaction permanente. Sur les sites de compétition, dans les rédactions, sur les plateaux ou dans les régies, c’est toute une entreprise de presse sportive qui sera mobilisée comme aucune autre au monde. « C’est un énorme défi pour nos journalistes et l’ensemble des collaborateurs du groupe L’Équipe, mais nous sommes prêts. Les Jeux, ce sont des plus-values sportives, bien sûr, mais aussi économiques, touristiques, culturelles et sociales. Je formule le vœu que ce soit une très grande fête populaire à Paris, dans toutes les villes où se dérouleront des épreuves et jusqu’en Polynésie. Je crois que c’est ce dont nous avons le plus besoin actuellement. »
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