S’il est une destination inhabituelle pour partir randonner, c’est bien l’Arménie. Pourquoi l’Arménie ? Le club s’est intéressé à l’opération Sentiers d’Arménie pilotée par l’Afrat, un centre de formation aux métiers du tourisme rural situé dans le Vercors. Son but est d’aider au développement de la randonnée pédestre dans le pays en formant des guides, des gestionnaires d’hébergements en milieu montagnard, en participant à la création d’itinéraires… Des Arméniens viennent en stage dans le Vercors et des agents du Vercors se rendent sur place. Des randonneurs du club burgien ont offert des sacs à dos qu’ils n’utilisaient plus à de jeunes Arméniens et ont programmé un séjour rando du 9 au 16 mai pour 13 participants.
Une Arménie secrète
Premier pays à avoir adopté le christianisme en l’an 301, cette ancienne république de l’Union soviétique est bordée par la Georgie, l’Azerbaïdjan, l’Iran et la Turquie. Peuplée de 3 millions d’habitants sur un territoire de 300 km du nord au sud et de 200 km dans sa plus grande largeur, à une altitude moyenne de 1 800 m, elle est surplombée par le mont Ararat, situé en Turquie, culminant à quelque 5137 m.

Des monastères, mais pas que !
En itinérance, dans un bus et accompagnés de deux guides, l’une pour les itinéraires rando, l’autre pour la découverte culturelle, nous avons enchaîné les randonnées d’un bout à l’autre du pays. Souvent, les randonnées partaient d’un monastère pour finir… dans un monastère ! C’était un plaisir que de nous frayer un chemin entre les lacs, forêts et canyons, sans oublier la traversée de nombreux villages à la rencontre des habitants. Ces monastères, églises, ermitages, tous situés dans des endroits improbables, ont fait le régal des photographes. À notre programme étaient inscrits : le monastère dans le village de Gosh et la montée à son lac où le chant des grenouilles venait rompre le silence ; les complexes monastiques de Sanahin et Haghpat classés au patrimoine de l’Unesco ; la splendide forteresse de Kayan donnant sur de spectaculaires gorges ; le lac Sevan pour une petite croisière en bateau ; le caravansérail fort bien conservé de Sélim sur la Route de la soie ; le transport à l’horizontal dans le téléphérique de Tatev considéré par les Arméniens comme le plus long du monde et surplombant le canyon du Vorotan ; une randonnée en balcon sous des falaises abritant des nids d’aigles et de gypaètes ; la descente sur le grand ermitage de Tatev ; la déambulation dans la ville troglodyte étagée sur des pentes abruptes aujourd’hui désertée de Kenenzoresk, après une traversée sur un impressionnant pont suspendu ; la ville de Goris, au sud de notre périple, avant une remontée en bus avec des vues sur les montagnes aux rochers étrangement sculptés par la nature pour atteindre le village d’Aréni, connu pour ses excellents vins ; le monastère de Khor Virap, bâti sur l’emplacement où fut emprisonné durant treize ans Grégoire l’Illuminateur, fondateur de l’Église arménienne.
« Nous, marcheurs du club, avons été conquis et/ou interpellés par la diversité des paysages montagneux et verdoyants, le caractère tranquille des Arméniens, l’architecture et le bon état des monastères, le mode de vie simple à la campagne, les cabanes de vente de produits locaux le long des routes, le travail de la pierre… et la qualité des repas proposés tout au long du périple »

La cuisine arménienne Une cuisine riche et variée, où la présentation harmonieuse et colorée des plats importe autant que le goût. Des herbes à profusion leur confèrent une saveur particulière. Nous avons goûté à une grande variété de hors d’œuvre et plats principaux, le plus souvent à base de riz, ainsi qu’à une gamme complète de légumes : poivrons, aubergines, choux, courgettes, tomates… agrémentés de raisins secs et pignons de pin accompagnant la viande, tantôt de bœuf, porc, mouton ou poulet. Au bord du lac Sevan, le poisson lavaret est accompagné de pommes de terre grillées. Les pains ne laissent pas indifférents. La préparation du lavash, très fin et cuit dans un four spécial en argile, constitue un vrai spectacle à l’entrée des restaurants. Le randonneur de passage peut, s’il veut imiter l’Arménien à la table voisine, accompagner le repas de petites rasades de vodka. Vous préférerez sans doute un excellent vin d’Arménie, rouge, blanc ou rosé. Le jus d’argousier semble aussi très prisé, si l’on en croit les stands de vente le long des routes. Il est très riche en vitamine C. Également très en vogue : les jus de cornouiller et de grenade.
Erevan, la capitale
Erevan est une ville moderne et animée. Le trafic est intense, avec de belles voitures contrastant avec les Lada croisées dans le pays… Boutiques de mode, cafés avec terrasse, même trottinettes ! Le cœur de la ville bat sur la place de la République avec ses bassins et jets d’eau, entourés d’édifices rosés. À ne pas manquer, le monument Cascade, un escalier monumental orné de superbes sculptures et de « fontaines dansantes ». La vue imprenable sur les majestueux sommets enneigés du mont Ararat dans le lointain récompense la dure montée des marches !

www.nomadays.fr et son correspondant Armeniscapes