Posté le 27 janvier 2025 par La Rédaction

Dans le cadre de la Journée mondiale du deuil périnatal, s’est tenue une conférence-débat au Centre hospitalier de Bourg, à laquelle participaient chefs de service, médecins, psychologues, sages-femmes, et parents endeuillés. Chacun a pu témoigner de ses expériences, difficultés, doutes et émotions. Des débats nécessaires pour mettre des mots sur l’inconcevable.


La grossesse est synonyme de bonheur. Elle annonce l’arrivée d’un petit être. Malheureusement, certaines grossesses n’arrivent pas à terme. Parfois, elles s’arrêtent dans les premières semaines, s’interrompent au bout de quelque temps même à quelques jours du terme. Une perte tragique qui entraîne les parents sur le long chemin du deuil périnatal.

Une réalité, mille façons de la vivre
Le deuil périnatal englobe différentes situations : l’interruption volontaire ou médicale de la grossesse, la mort fœtale in utero, le décès néonatal, la découverte fortuite du décès lors des examens, le contexte d’urgence au moment de la naissance. Après la perte du bébé, les parents traversent un parcours émotionnel particulièrement complexe, variant d’une personne à l’autre. Certaines ressentent un sentiment de vide, parfois de culpabilité et une immense tristesse. D’autres un sentiment d’impuissance. « Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? » Chaque individu réagit d’une manière différente et unique. Traverser l’épreuve du deuil en couple peut être une force, même si parfois un décalage existe entre les deux parents. Quand l’un en parle, l’autre s’enferme dans le silence. « Le silence, souligne l’une des psychologues, devient une protection, le parent reste alors seul au monde. »

Le deuil, cette terrible épreuve
Comme dans tous les deuils, cela implique un travail personnel et intime, nécessitant de se réinvestir complètement. La famille et les amis sont très importants. « Il est primordial de bien s’entourer et surtout ne pas rester isolé. » Même en restant bienveillant, l’entourage peut parfois faire preuve de maladresse en essayant de réconforter les parents dans la peine. « Vous êtes jeunes, vous en verrez d’autres… » Ce type de phrase fait non seulement du tort, mais en plus, « c’est renvoyer le ou les parents dans la solitude ». Aucun enfant ne peut remplacer celui qui vient de disparaître. Là encore, il convient d’être fort et prendre sur soi. L’accompagnement de proches et l’aide psychologique sont indispensables pour surmonter la terrible épreuve. Le dialogue, la libération de la parole sont capitaux. « Ceux qui n’ont pas vécu un tel drame, souligne l’un des parents concernés par le deuil périnatal, sont dans l’incapacité de comprendre la profondeur de la blessure, le traumatisme suscité par la perte de cet être cher que l’on attendait. »

Un entourage démuni
Le deuil d’un bébé est indicible, complexe à gérer pour l’entourage, qui n’ose parfois pas s’immiscer par pudeur ou manque de tact. Pas simple en effet de savoir comment faire. Il ne faut pas, dans ces moments de grande tristesse oublier les proches, et notamment les grands-parents, confrontés à une double peine : celles de ne pas avoir connu ou à peine le bébé, et d’être démuni face à la souffrance de leur propre enfant. Eux aussi souhaitent ardemment aider, sans savoir de quelle façon. Il est difficile de comprendre comment surmonter le deuil d’un être qui n’a pas ou peu existé, sans aucuns souvenirs à se remémorer. Socialement, le bébé ne s’inscrit pas ou très peu dans la vie de l’entourage, les proches n’ont pas eu le temps d’aller à sa rencontre. Les parents restent ainsi les seuls à connaître son existence et endurer son absence.