Posté le 1 décembre 2022 par La Rédaction

Il faut remonter au début du XXe siècle pour trouver l’origine du concours des MOF. Ces trois petites lettres qui désignent l’un des titres les prestigieux, celui du Meilleur ouvrier de France. Ce concours avait primitivement deux objectifs. Tout d’abord celui de susciter des vocations à une époque où le nombre d’artisans diminuait, mais aussi de récompenser les professionnels, « en attestant l’acquisition d’une très haute qualification dans l’exercice de leur activité ». Depuis, tous les trois où quatre ans, se déroule le prestigieux concours. Le titre de Meilleur ouvrier de France (MOF) est unique. Pour tous les lauréats, il s’agit d’un honneur que d’être reconnu par ses pairs. « Je suis fière de représenter et de valoriser les valeurs d’excellence professionnelle. Ma passion pour mon métier, mon goût du travail, font partie intégrante de la personne que je suis. Je continue à me former et à m’investir pour garder le niveau de compétences et de connaissances digne d’un col bleu-blanc-rouge » souligne Stéphanie Durand-Toulouse, Meilleur ouvrier de France 2011 dans la filière esthétique et art du maquillage. « Ce concours, poursuit Stéphanie, fait partie des moments les plus forts de ma vie. Des heures de préparation, le stress des épreuves, l’angoisse du concours et enfin la reconnaissance de mon travail. »
Le concours du MOF est extrêmement difficile. Il nécessite des mois, voire des années de préparation intensive. Tous les candidats à ce défi soulignent les heures et les heures de travail. Ne jamais baisser les bras, savoir parfois surmonter les phases de découragement et n’avoir qu’un seul et unique objectif, le titre de Meilleur ouvrier de France. Devant un jury d’experts, il faut faire montre de dextérité, de connaissances techniques modernes et traditionnelles, faire preuve de créativité… En un mot : de savoir-faire. Un peu moins de 10 000 personnes peuvent se prévaloir du titre de MOF. Un titre qui est décerné à vie. Un titre si important que toute personne qui prétend à tort le détenir, peut être envoyée en prison !
Le département de l’Ain est très représentatif, tant sur la qualité des candidats présentés que sur les résultats obtenus. « Nous sommes très bien classé sur le plan régional et nous figurons dans le top 20 national », précise Serge Miroglio, président du groupement départemental et Meilleur ouvrier de France 2004 en mosaïque d’art. « À ce jour, 97 Aindinois sont MOF. Le premier d’entre eux fut Louis Lerat, un artisan de Bourg, dans la filière charpente bois, en 1924. Le groupement peut s’enorgueillir également d’avoir des MOF ayant obtenu plusieurs titres. C’est le cas de René Chevassus, Jean Girardot, André Gonin, André Morandas, et aussi Michel Carrara section graveur en 1986 et section travaux marbriers en 1991. Il convient également de citer Georges Blanc, nommé Meilleur ouvrier de France honoris causa, médaille remise par le Président de la République actuel. » Les MOF, dans leur très grande majorité, ont cette envie de transmettre aux plus jeunes. Depuis 1985, la Société des Meilleurs ouvriers de France organise le concours des Meilleurs apprentis de France (MAF), dont l’objectif est de « développer le goût du travail bien fait chez les jeunes apprentis, de reconnaître leurs efforts pour atteindre l’excellence et d’élever leurs perspectives personnelles ».

Parmi les MOF de l’Ain

Serge Miroglio
MOF 2004, mosaïque d’art. Formation à l’AFPA de Bourg, président départemental du Groupement des Meilleurs ouvriers de France.

Stéphanie Durand-Toulouse
MOF 2011, esthétique et arts du maquillage

Joseph Girod
MOF 2015, génie climatique-chauffage

Osman Guven
MOF 2015, photographie d’art

André Toulouse
MOF 1979, chaudronnerie en métaux

Michel Carrara
MOF 1986, gravure
MOF 1991, travaux marbrier