Posté le 1 avril 2021 par La Rédaction

Meilleur marqueur du championnat de France de basket, l’arrière de la JL Bourg, Danilo Andjusic, ne vit pas tout seul dans sa maison implantée au cœur du quartier des Vennes. Depuis l’année dernière, son épouse l’a rejoint : Ivana Maksimovic, l’une des sportives les plus reconnues de Serbie puisque double championne d’Europe et vice-championne olympique de tir à la carabine.

Télévision, journaux, magazines… Vous êtes partout dans les médias serbes. Vous formez l’un des couples les plus médiatiques du pays ?

Danilo Andjusic : Oui, nous sommes tous les deux des sportifs professionnels et les gens sont intéressés par notre vie. Surtout par Ivana en fait. Tous les Serbes la connaissent depuis qu’elle a remporté une médaille olympique. Et moi, de mon côté, je fais partie de l’équipe nationale, j’ai joué pour le Partizan Belgrade, la plus grande équipe du pays avec l’Étoile Rouge. Les gens qui suivent le sport me connaissent et c’est sûrement pour cela que nous sommes autant sollicités.

Ivana Maksimovic : C’est pour ça que c’est parfois bien de se retrouver au calme ici, à Bourg. À Belgrade, on court de tous les côtés, on ne sait pas où donner de la tête. Ici, nous avons trouvé de la tranquillité. C’est beaucoup plus calme et nous avons plus de temps pour nous-mêmes, c’est précieux.

DA : Ah oui, c’est vraiment l’un des gros points positifs de la vie ici.

IM : Après, je ne sais pas qui est vraiment le plus connu entre nous deux. Le tir à la carabine n’est pas un sport suivi par le grand public, il y a peu de gens passionnés. Cela dit, je crois que mes résultats ont attiré l’attention, surtout que je viens d’une famille connue dans le sport serbe. Je suis fière d’avoir contribué à mettre un coup de projecteur sur le tir à la carabine, au fait que des gens aient essayé de comprendre les règles, de suivre les compétitions et de nous encourager. J’espère que ça pourra donner des idées à la nouvelle génération… Mais ça reste totalement différent du basket qui est le sport n°1 ou 2 en Serbie, tout le monde regarde les matchs de l’équipe nationale.

Lors de l’été 2015, leur mariage fait la une des médias serbes.

Comment avez-vous démarré votre sport ?

IM : C’est une histoire familiale de mon côté. Mes parents se sont rencontrés comme ça. Mon père, Goran Maksimovic, est une légende vivante en Serbie depuis qu’il a été sacré champion olympique (en 1988, à Séoul, en tir à 10 mètres, ndlr). Ma mère m’a coaché pendant dix ans, elle était avec moi quand j’ai été médaillée à Londres. Donc à part mon frère qui est parti faire des études scientifiques aux États-Unis, toute ma famille gravite autour du tir à la carabine.

DA : Moi aussi, c’est de famille. Mon père était un sprinteur, il a été champion de Yougoslavie du 100 mètres. Quant à ma mère, elle jouait au basket. Tout le monde fait du sport dans ma famille donc c’était normal de s’y mettre aussi quand j’étais petit. J’ai choisi le basket pour suivre mon meilleur ami qui en faisait déjà. Son père était joueur professionnel et ça m’intéressait beaucoup. D’ailleurs, mon petit frère, Luka, a fait la même chose puisque lui joue en Bosnie-Herzégovine cette saison.

Autant dire que votre fils a déjà de bons gènes sportifs…

DA : C’est clair que c’est déjà dans son ADN.

IM : (elle rit) On verra ce qu’il fera de sa vie.

DA : Il a beaucoup d’énergie, on espère qu’il voudra faire du sport. Mais qui sait ? En tout cas, il fera ce qui l’attire.

IM : Après, il montre déjà beaucoup d’intérêt pour le basket. Un peu pour le foot aussi mais plus pour le basket car il regarde beaucoup de matchs de Danilo et il n’arrête pas de montrer son père sur le terrain. Il s’amuse déjà avec des ballons, sur des petits paniers. Ça l’intrigue pour le moment mais je ne sais pas si ça l’intéressera vraiment sur le long-terme. Il est intelligent, il fait preuve de curiosité pour beaucoup de choses. Peut-être qu’il ne fera pas de sport mais nous serions très heureux s’il choisissait de suivre nos traces.

Tokyo, le « grand rêve » de Danilo Andjusic

Vos deux carrières paraissent assez opposées dans leur conception : vous, Ivana, avez connu très jeune le succès alors que Danilo, vous semblez arriver à son sommet à l’approche de la trentaine…

IM : C’est vrai ! Le point culminant de ma carrière a été au début de ma vingtaine. Ce n’est pas quelque chose de commun dans notre sport : les meilleurs résultats arrivent généralement vers 30 – 35 ans. J’imagine que je devais avoir quelque chose de spécial dans mes gênes et que mes parents ont été de bons professeurs. Grâce à ça, j’ai accompli tout ce que je voulais dès mes débuts. Alors que je suis sûre que Danilo a encore beaucoup de choses à montrer et à prouver (elle rit).

DA : Exactement ! Je crois que j’arrive dans mes meilleures années. J’ai évolué dans beaucoup de pays différents, ce qui m’a fait gagner en expérience. J’ai aussi énormément mûri et je pense être actuellement dans la meilleure situation que j’ai connue depuis que j’ai démarré ma carrière. Les prochaines saisons vont être extrêmement importantes pour moi, j’espère arriver au plus haut niveau possible d’ici deux ans.

Est-ce possible de vous voir tous les deux aux Jeux Olympiques de Tokyo cet été ?

IM : Non… Je n’y serai pas. Puisque tout est fermé ici, y compris le stand de tirs, je ne m’entraîne pas et je n’ai donc pas pu me qualifier. Mais quelqu’un de cette famille doit aller à Tokyo, j’espère que Danilo y sera.

DA : C’est mon plus grand rêve alors j’espère aussi bien sûr ! Tout s’est très bien passé au cours de mes deux dernières expériences avec l’équipe nationale (en novembre 2020 et février 2021 ; quatrième meilleur marqueur des qualifications pour l’EuroBasket 2022, ndlr) alors on verra. Je croise les doigts pour que l’on donne ma chance mais la décision finale ne me revient pas. Je m’entends bien avec le sélectionneur Igor Kokoskov, avec le reste de l’équipe. J’espère au moins pouvoir être appelé pour la préparation afin que le coach puisse décider à ce moment-là. Mais oui, je pense qu’il y a une chance que je sois aux JO (la Serbie doit d’abord se qualifier via un tournoi organisé à Belgrade fin juin dont elle partira favorite face à Porto-Rico, l’Italie, le Sénégal, la République dominicaine et les Philippines, ndlr).

Grâce à son passage à Bourg, Danilo Andjusic a retrouvé le maillot serbe pour la première fois depuis 2013 (photo : FIBA)

Ivana, cela ne veut pas dire que vous en avez terminé avec votre carrière de tireuse ?

IM : Non, pas encore, même si mes plans ont changé au cours de la dernière année. Cette pandémie a tout bouleversé. Après, bien sûr, quand je regarde dans le rétroviseur, j’ai connu tellement de réussites et de belles choses. Mais il y a encore tant de choses que je veux accomplir, tant de médailles que j’aimerais décrocher, et pourquoi pas une nouvelle aux JO, qui sait ? Je suis encore jeune, mes proches me soutiennent alors je pense que la porte est encore ouverte. Mais ma famille est devenue ma priorité. Ma carrière n’est plus à vitesse grand V comme avant où j’enchaînais camp d’entraînement, compétition, camp d’entraînement, compétition, etc… Je suivrai Danilo où il jouera mais je trouverais quand même un moyen de continuer ma carrière tel que je le souhaite.

Donc Tokyo 2021 à deux, ce ne sera pas possible. Mais pourquoi pas Paris 2024 alors ?

Les deux ensemble : Ce serait super !

DA : On en parlait récemment, on rêve de participer ensemble aux Jeux Olympiques. C’est dans trois ans, ce n’est pas si loin…

IM : Peut-être Paris oui, c’est possible…

« Mais c’est incroyable, tu as porté le drapeau serbe devant le monde entier »

Ivana, qu’est-ce que cela fait de gagner une médaille aux Jeux Olympiques ? C’est presque un label qu’on vous appose pour le reste de la vie, c’est pratiquement la première chose qui ressort lorsqu’on parle de vous non ?

IM : Oui, et moi-même c’est la première chose à laquelle je pense lorsque j’évoque ma carrière.

DA : C’est le plus grand accomplissement dans n’importe quelle carrière sportive en fait.

IM : Exactement, une médaille olympique représente le rêve d’une grande majorité de sportifs, surtout dans les disciplines individuelles comme la mienne. Parmi toutes les compétitions, les JO sont de loin la plus prestigieuse. Pour moi aussi, c’était un rêve qui devenait réalité. Depuis que je suis petite, mon père a été ma source de motivation. J’ai toujours voulu faire mieux que lui, avoir une médaille d’or, ou peut-être deux (elle rit). Dès que j’ai eu l’opportunité d’aller aux JO, je me suis tatoué les anneaux olympiques sur le bras. J’étais heureuse, le simple fait de m’être qualifiée suffisait à mon bonheur. Puis je n’ai cessé de progresser pendant les deux années de préparation avant Londres, j’enchaînais les bons résultats. Du coup, remporter cette médaille d’argent n’était pas une surprise absolue, je savais que j’étais prête. Mais me voir sur ce podium avec cette médaille autour du cou, sentir tout le pays derrière moi, entendre tous ces gens crier mon nom, c’était quelque chose de spécial que je souhaite à tous les athlètes. Y compris à moi-même (elle sourit) puisque connaitre de nouveau un tel moment est quelque chose qui m’inspire et me pousse à continuer d’avancer en pensant aux prochains JO.

Ivana Maksimovic, 22 ans, sur le podium des JO à Londres en 2012 (photo : Tim Hipps)

Vous étiez extrêmement jeune lorsque tout cela s’est enchaîné. Vous avez réalisé la portée de vos résultats sur le coup ou c’est maintenant, avec le recul, que vous saisissez mieux la signification ?

IM : Au début, non bien sûr, je ne réalisais pas du tout. C’est avec les années qui passent que j’ai compris à quel point c’était grand. Je suis devenu de plus en plus fière avec le temps, surtout que je connais tellement d’autres sportifs qui s’entraînent depuis 20 ou 30 ans pour cela et qui n’ont toujours pas cette médaille. Maintenant, je peux dire que je suis fière de moi et je sais que j’ai accompli quelque chose de grand.

Vous avez même porté le drapeau serbe lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016. C’est presque le plus grand honneur possible pour un sportif…

DA : Quand Ivana parle de sa carrière, je crois qu’elle ne pense pas trop aussi au fait qu’elle a été porte-drapeau. Je pense qu’elle ne réalise toujours pas que c’est vraiment arrivé…

IM : (elle coupe) Non, je sais que ce moment était énorme : porter le drapeau serbe au milieu du Maracana.

DA : Avec le monde entier qui te regarde…

IM : Tu es au centre de toutes les attentions. En Serbie, mon nom était partout, on parlait de la famille Maksimovic, de mon père. Ça a fait la fierté de tout le monde. Même si mon père a été champion olympique, il n’a jamais eu l’honneur d’être porte-drapeau. Ma famille a toujours connu des réussites ou des médailles mais ça, c’était un peu comme la cerise sur le gâteau. Après mon podium de Londres, c’est la deuxième chose qui restera inoubliable dans ma carrière. C’est un rêve pour n’importe quel athlète, ça vaut la peine de travailler pour connaitre de tels moments ensuite.

Quand on regarde la liste, on voit que celui qui vous a précédé était un certain Novak Djokovic…

IM : (elle coupe) Oui, que des grands noms.

DA : C’est pour ça que je pense qu’elle n’a pas tout à fait conscience de la portée de ce qu’elle a accompli. Quand on en parle, je lui dis : « Mais c’est incroyable, tu as porté le drapeau serbe devant le monde entier ! » Et là, ça fait tilt un peu.

IM : (elle rit) Je pense que je m’en rendrai compte quand je serai un peu plus âgée.

DA : Et que tu pourras en parler aux enfants.

Ivana Maksimovic et Novak Djokovic, les deux derniers porte-drapeaux de la Serbie.

Danilo, vous étiez dans le Maracana ce jour-là ?

DA : Non mais j’étais bien à Rio, avec mon frère. On a regardé cela dehors, sur un écran géant, au milieu de milliers de personnes. Franchement, c’était un grand moment, très émouvant. J’ai versé ma petite larme quand je l’ai vu arriver avec le drapeau, j’étais tellement heureux pour elle.

IM : Alors que moi, je n’ai pas pleuré (elle rit). J’essayais de me concentrer sur l’instant présent, d’être pleinement consciente de chaque seconde qui s’écoulait, d’en profiter un maximum, de ne rien oublier. Et d’essayer de porter ce drapeau normalement car il était énorme alors que je suis plutôt petite. Je faisais attention à ma posture, à ma démarche car je voulais le faire avec fierté, avec dignité. Ne pas se casser la figure en mondovision aussi…

IM : (elle rit) Oui, surtout ça accessoirement, ne pas tomber devant le monde entier. J’étais nerveuse, mon rythme cardiaque était super élevé et c’était la première fois de ma vie que je me disais qu’il fallait vraiment que j’essaye de mémoriser chaque instant afin que ce moment reste gravé à jamais dans mon esprit.

« Rejoindre la JL Bourg a changé ma carrière »

Quel est votre regard sur la carrière de l’autre ?

DA : Que dire ? Je pense que le plus beau moment d’une carrière de sportif est d’abord de participer aux Jeux Olympiques, ensuite, si possible, d’y gagner une médaille et voire même d’être porte-drapeau lors de la cérémonie d’ouverture. Elle a déjà tout fait. Je ne vais pas dire que la suite de sa carrière ne comptera pas, mais pas tant que ça au final, puisqu’elle a déjà réussi, elle a déjà connu cette sensation d’être au sommet. Elle a accompli tant de choses incroyables lorsqu’elle était jeune mais si elle décide de continuer, tout le monde sera derrière elle afin qu’elle nous ramène cette médaille d’or. Voilà ce que je pense d’elle : dans la famille, j’ai un exemple formidable de ce que doit être un vrai champion.

IM : (elle rit) Merci ! Oui, il y a toujours quelque chose de plus à réaliser. De mon côté, je suis extrêmement heureuse de grandir à ses côtés et de le suivre à travers son parcours. Il a gagné en maturité, il est plus fort et toutes les expériences, bonnes ou mauvaises, l’ont renforcé. Je suis tellement fière de lui et je sais que le meilleur reste à venir. Les cinq prochaines années vont être les siennes !

Tous les deux, vous avez défendu les couleurs de la Serbie. Qu’est-ce que cela fait de représenter son pays ?

DA : C’est fort, surtout chez nous. Nous sommes un peuple avec beaucoup de fierté nationale. Pour moi, ça a toujours été quelque chose de spécial que de revêtir le maillot serbe, que ce soit lors de mes premières sélections à l’occasion du championnat d’Europe 2013 ou même maintenant. Après avoir été éloigné aussi longtemps de l’équipe nationale, j’ai ressenti la même émotion. Quand tu enfiles le maillot serbe, tu sais que ce n’est pas un match comme tous les autres. C’est une fierté et ça le restera toujours.

IM : C’est vrai. Pour un athlète, il n’y a rien qui peut te rendre plus fier que de te battre pour ton pays.

Le 5 août 2016, Ivana Maksimovic emmène les 103 athlètes serbes dans le mythique Maracana de Rio
(photo : Comité International Olympique / John Huet)

Est-ce que l’on peut trouver des similarités entre vos deux sports ? Un tir à 50 mètres ou un shoot à trois points requièrent tous les deux de la précision par exemple…

DA : (il hésite) L’idée est la même mais ça reste assez différent. Dans le basket, tout va si vite. Quand tu prends un shoot, peu importe si ça rentre ou non, il ne faut pas trop y penser et continuer à jouer.

IM : Alors que dans mon sport, il y a un peu plus de temps.

DA : C’est plus statique.

IM : Il faut arriver à se calmer, à canaliser son adrénaline qui peut vraiment devenir ton ennemi.

DA : Le mental est capital.

IM : Il faut contrôler ses émotions et ses pensées. Alors que parfois, quand je regarde un match de basket, je n’arrive pas à comprendre comment tu peux rater ton shoot si tu as tout réalisé parfaitement car dans ma discipline, si tu respectes toutes les étapes, le tir sera bon. Le basket est un sport de mouvement et de vitesse donc les petites erreurs sont normales. Mais oui, dans les deux sports, il faut de la précision, du sang froid, notamment pour les lancers-francs.

DA : Ah oui, les lancers-francs, c’est un bon exemple ! Là, on pourrait trouver des similarités avec ce qu’elle fait.

Danilo, en 2019, quand vous avez signé un contrat d’un mois avec la JL Bourg, j’imagine que vous étiez assez loin d’imaginer que l’histoire entre vous et le club prendrait une telle dimension ?

DA : Exact. C’était vraiment pour du court-terme initialement et je ne vais pas mentir, je pensais surtout à moi quand j’ai signé. Je ne connaissais pas le club en arrivant mais mon agent a évolué en France lorsqu’il était joueur (Gorjan Radonjic, coaché par Savo Vucevic à Bondy en 2000/01 puis passé par Dijon, Paris, Châlons-Reims et Hyères-Toulon, ndlr). C’est lui qui a vraiment pris le temps de me présenter le club, de m’expliquer la situation, de m’énumérer tout ce qui était bien ici. Donc je n’avais pas trop de doutes, j’étais convaincu que ce serait un bon endroit pour moi. J’étais déterminé à tout donner, à jouer mon jeu et tout s’est bien goupillé ensuite. C’est pourquoi cela aussi longtemps que je suis là. Je suis heureux d’avoir aidé la JL Bourg à atteindre le meilleur classement de son histoire la saison dernière, à s’être invitée sur la carte du basket européen, à s’être qualifiée pour le Top 16 de l’EuroCup. Personne ne nous pensait capable d’aller aussi loin, je suis vraiment content d’avoir pu participer à tout cela ici.

Vous avez l’impression de jouer le meilleur basket de votre carrière en ce moment ?

DA : Oui, c’est évident. J’avais déjà connu quelques bonnes saisons, notamment en Russie, mais ces deux dernières années ont été les meilleures de ma carrière. Je me sens très bien quand je suis sur le parquet, c’est le plus important. Je joue bien parce que je profite de chaque seconde passée sur le terrain. J’aime le rôle que j’ai dans cette équipe, j’apprécie le fait d’être un leader. J’espère que je pourrais continuer comme cela. Mais je ne veux pas penser qu’à moi, les résultats collectifs sont extrêmement importants et je suis ravi que l’équipe tourne bien.

« On repartira de Bourg avec beaucoup de bons souvenirs »

Votre signature à la JL Bourg restera donc comme un tournant dans votre carrière ?

IM : Bien sûr.

DA : Oui, signer à Bourg a changé ma carrière. Je n’avais jamais eu un rôle aussi important à un tel niveau de compétition auparavant, notamment en EuroCup. Je suis vraiment reconnaissant auprès de Savo (Vucevic) de m’avoir confié autant de responsabilités. Nous avons une excellente relation, on se comprend assez facilement. Je crois vraiment que cela a été un tournant dans ma carrière pour l’instant.

Votre départ de la JL Bourg en juin prochain est déjà un secret de polichinelle. Vous souhaitez retourner en EuroLeague ?

DA : Bien sûr, l’EuroLeague est mon objectif. J’ambitionne de faire un pas en avant, de retrouver un niveau de compétition encore plus élevé mais je veux d’abord rester concentré sur la fin de cette saison. On verra ce qui arrivera par la suite.

Danilo Andjusic est le meilleur marqueur actuel de Jeep ÉLITE
(photo : Jacques Cormarèche)

Bien sûr, la vie quotidienne est totalement bouleversée depuis un an mais est-ce que vous vous plaisez à Bourg-en-Bresse ?

IM : Oui, je m’y plais. J’étais déjà venu à de nombreuses reprises en France mais jamais plus de deux – trois semaines. Il y a tellement de tireurs célèbres qui sont originaires de France donc pas mal de camps d’entraînements sont organisés ici. Ici, j’aime les gens et la nourriture ici. La vie à Bourg est assez calme, ça change de Belgrade, mais j’apprécie vraiment. Il y a un lac, un centre-ville, beaucoup de choses à voir. Filip adore aller voir les chevaux au centre équestre ou tous les animaux que l’on ne peut pas trouver dans une grande ville comme Belgrade. On s’est construit de beaux souvenirs ici, on repartira de Bourg avec une belle image et beaucoup de choses positives.

DA : C’est pareil pour moi. J’aime la ville, même si c’est plus petit que ce à quoi nous sommes habitués. Il y a pas mal d’endroits intéressants à côté comme Lyon, Genève ou Annecy. À Bourg, j’apprécie aussi la tranquillité, on peut vraiment se concentrer entièrement sur le basket. On s’y sent vraiment bien, même si tout est un peu fermé en ce moment. On emmène juste Filip à Bouvent pour qu’il puisse courir là-bas et profiter des espaces de jeux. Et il y a un dernier point très important : tous les gens qui travaillent à la JL sont vraiment de bonnes personnes, ils sont toujours prêts à aider pour n’importe quoi.

IM : Personnellement, je passe aussi mon temps libre à travailler sur une marque de sacs à main que j’ai créé, Ivy (@ivythatsme sur Instagram). La mode est quelque chose qui m’a toujours intéressée, la création aussi et j’ai reçu pas mal de critiques positives jusque-là, en Serbie et en Europe. Ce n’est pas mon occupation principale pour le moment mais ça me plait. J’espère que cela deviendra une grande marque à l’avenir et que je pourrais ouvrir mon magasin à Paris (elle rit). Ce serait tellement bien.

Il y a une grosse communauté de gens originaire des Balkans à la JL Bourg. C’est quelque chose qui aide aussi ?

IM : Énormément, oui, surtout pour moi. Il y a d’autres femmes de joueurs avec qui je m’entends très bien, des enfants avec qui Filip peut jouer, comme avec ceux des Savovic. On se sent toujours plus à l’aise quand on peut passer du temps avec des gens qui viennent du même endroit que vous.

DA : De pouvoir parler dans notre langue aussi.

IM : On organise beaucoup de repas entre nous. Dès qu’il y a quelque chose à fêter ou un jour particulier comme Noël, on se réunit tous ensemble.

DA : En fait, c’est surtout agréable en ce moment, quand tout est fermé. C’est bien de savoir que l’on peut passer du temps avec d’autres. Après, au niveau du basket, on ne forme pas un clan des Balkans. On a un très bon groupe de gars dans l’équipe, je passe aussi du temps avec les Américains par exemple. Mais il est évident que c’est toujours plus simple d’avoir quelqu’un qui vient du même pays.

Alexandre Lacoste

Ici en compagnie de leur fils, Filip, Danilo Andjusic et Ivana Maksimovic ont annoncé le 10 mars qu’ils attendaient un deuxième garçon.

Danilo Andjusic

Basketteur à la JL Bourg depuis 2019 – Né le 22 avril 1991 à Belgrade – 1,95 m

Son palmarès :
International serbe
Champion d’Europe cadets en 2007
Champion d’Europe juniors en 2009
Vainqueur de la Coupe de Serbie en 2012
Champion de Serbie en 2012
Vainqueur de la Coupe de Bosnie-Herzégovine en 2019


Ivana Maksimovic

Tireuse sportive (carabine 50 mètres trois positions et carabine 10 mètres) – Née le 2 mai 1990 à Belgrade – 1,63 m

Son palmarès :
Jeux Olympiques :
Médaille d’argent Londres 2012 (50 mètres trois positions)

Championnats du Monde :
Médaillée de bronze Munich 2010 (50 mètres trois positions, par équipe)
Médaillée de bronze Grenade 2014 (10 mètres, par équipe)

Championnats d’Europe :
Championne Moscou 2014 (10 mètres, par équipe)
Championne Maribor 2015 (50 mètres trois positions)
Médaillée d’argent Vierumäki 2012 (10 mètres, par équipe)
Médaillée de bronze Osijek 2013 (50 mètres trois positions)
Médaillée de bronze Moscou 2014 (10 mètres)