À tout juste 20 ans, l’étudiante Flavie Magro a déjà cinq années d’expérience à son actif. Contributrice régulière à Magville Oyonnax, la jeune femme fait ses armes à l’École supérieure de Lille en option journalisme pour, d’ici trois ans, acter enfin son entrée dans le métier.
« Ça fait bizarre d’être de l’autre côté.» Pour la première fois depuis qu’elle mène des entretiens, Flavie a voix au chapitre. À elle, de raconter l’histoire. Comme elle aimait à le faire plus jeune, sur les bancs de l’école. « Le déclic a eu lieu en 3e, quand j’ai eu l’occasion de faire un stage à La Voix de l’Ain.» Trois jours auprès des journalistes et sur le terrain, auprès d’un maire en campagne et d’une entreprise de la Plastics Vallée, à poser des questions, prendre des notes et rédiger. « Mon premier papier, c’était sur un fabricant installé à Izernore. J’avais écrit pour m’entraîner, rien n’avait été publié… » Les trois jours d’observation du métier auront suffi pour faire naître le projet d’en faire le sien, encourageant Flavie à surmonter sa timidité pour se confronter à tous ceux qu’elle devra raconter. « C’est assez paradoxal. » Formateur surtout, l’adolescente en peine ne serait-ce que pour prendre rendez-vous par téléphone – « Ma mère restait à côté de moi ! » – gagnant en assurance à mesure que s’enchaînent les expériences. « J’ai progressé, vraiment » ; la jeune femme ne se privant plus, désormais, de poser une question par peur de tomber à côté. « Au contraire, j’en pose un maximum ! » Une posture « du novice » appréciée par les interlocuteurs, ravis de pouvoir détailler leur histoire, leur métier, leur monde sans craindre la redite ou l’évidence. Arrivée très tôt parmi les contributeurs à Magville – « J’ai toujours connu et trouvé ce magazine très beau, j’adorais y retrouver le visage de personnes d’Oyo que je connais. Jamais je n’aurais pensé être dedans un jour ! » – elle est sollicitée régulièrement pour rendre compte de la vie du territoire et présenter ses figures. Passée par la presse écrite, l’apprentie journaliste a aussi rencontré les équipes de Radio B et France 3, à Bourg. De quoi appréhender la façon de bâtir et partager l’information par d’autres biais que le papier et le web seuls. Si Flavie se garde encore de trancher en faveur de tel ou tel support entre print/web, radio et vidéo, elle affirme en revanche sa préférence pour les sujets de société. Depuis son année d’études en Erasmus sous le soleil d’Espagne, Flavie multiplie les exercices terrain pour se préparer à intégrer la sphère des journalistes…