Quand les images d’Adeline Guillemaut, Cueilleuse de mémoires, rencontrent les mots de Charly Cordenod, vice-président de l’Académie de la Bresse, naît un dialogue sensible où la photographie ne se raconte pas, elle se ressent.
Cet ouvrage est né d’un lien artistique, presque d’un dialogue silencieux, entre les photographies d’Adeline Guillemaut et les mots de Charly Cordenod. L’une capte des instants où la lumière révèle l’invisible ; l’autre dépose des phrases qui prolongent cette révélation. Ensemble, ils composent une partition sensible où photographies et mots avancent côte à côte. Fondatrice de Cueilleuse de mémoires, Adeline Guillemaut porte un regard attentif sur les patrimoines, les lieux habités, les visages, les traces discrètes que le temps laisse derrière lui et en fabrique des récits vivants. Ses photographies racontent moins les lieux croisés que les détails qui leur donnent une âme : une fenêtre entrouverte, un mur patiné, une ombre, un chemin, une lumière de fin de journée. Elles ne documentent pas le réel ; elles le révèlent.
Face aux images, Charly Cordenod fait le choix d’une écriture de l’écho plutôt que de l’explication. Ancien journaliste devenu communicant, il résiste ici à la tentation du récit. Ses textes ne décrivent pas les photographies. Ils les accompagnent, les déplacent, ouvrent des pistes intérieures. Chaque page devient ainsi une invitation à compléter soi-même le voyage, à laisser remonter un souvenir, une émotion, une sensation oubliée. C’est sans doute là que réside la singularité de Là où la lumière murmure. Le livre refuse l’évidence. Il laisse de l’espace au lecteur. Il réhabilite la lenteur, l’attention et le silence. Les 176 pages se parcourent comme on visite une exposition : une photographie appelle une pause, un texte invite à revenir en arrière, à prolonger la contemplation. L’ouvrage échappe aux catégories. Là où la lumière murmure rappelle que l’émotion la plus durable naît souvent d’un détail, d’une nuance de lumière ou d’une phrase déposée sans élever la voix. Au fond, ce beau livre est une invitation à reprendre possession de notre regard. À ralentir. À accepter que la poésie surgisse là où l’on ne l’attendait pas. Entre une photographie et quelques mots, dans cet espace fragile où chacun est libre d’inventer sa propre histoire.
Là où la lumière murmure, d’Adeline Guillemaut et Charly Cordenod, 25 €
En dédicace samedi 26 septembre, de 10 à 12 h et de 14 h 30 à 17 h à la librairie Le Forum, 56 Grande rue à Louhans
