Posté le 30 novembre 2023 par La Rédaction

Amarande G a découvert le cuir de carpe de la Dombes un peu par hasard en 2015. Aujourd’hui, le cuir de poisson est la grande passion et la spécialité de cette maroquinière d’art labellisée Origin’Ain, installée à Meximieux.

Chaque peau de carpe est unique et en plus, c’est un produit vraiment local ! » se réjouit Amarande Grand Gniewek en caressant la fine peau de cuir teintée couleur crème posée près de sa machine à coudre. « C’est toujours différent d’un morceau de peau à l’autre. Je mixe ces cuirs avec d’autres de vachette pour les grandes pièces. » Dans sa boutique-atelier de Meximieux, Amarande G, 53 ans, maroquinière d’art labellisée Origin’Ain et Fière d’être Artisan, est devenue une spécialiste du cuir de poisson, une matière qu’elle a découverte un peu par hasard en 2015. « À l’époque, j’ai été contactée par l’Association de promotion du poisson des étangs de la Dombes (Apped). Cette association de pisciculteurs venait de lancer le cuir de carpe de Dombes© et recherchait des artisans susceptibles de le valoriser en organisant un concours. La matière m’a tout de suite plu et son aspect écoresponsable est important pour moi. » 70 % de la carpe, à défaut d’être transformés en produits alimentaires, partaient en déchets. La filière du cuir a permis de valoriser une autre partie du poisson grâce à quelques maroquiniers et relieurs d’art. 1500 peaux sont ainsi utilisées chaque année. Aujourd’hui, Amarande G fabrique ses articles pour la collection collective vendue par l’Apped et pour son propre compte. Et le choix de l’originalité paye : celle qui est devenue depuis vice-présidente de la Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Ain reçoit ainsi le prix Artinov en 2019.

Prototype Amarande G, ancienne organisatrice dans l’événementiel, s’était pourtant reconvertie dans ce métier d’art un peu par hasard en 2014. « J’avais conçu et fabriqué pour ma cousine et moi un sac à main prototype composé de plusieurs compartiments amovibles, reliés entre eux par des boutons pression. En plaisantant, mon mari m’a incitée à déposer un brevet pour le fabriquer… De fil en aiguille, je me suis formée au travail du cuir et je n’ai plus arrêté… » raconte-t-elle en souriant. Certains sacs comme celui-ci restent à l’état de prototype car ils sont trop chers à produire, mais d’autres sacs à main ou accessoires ont vu le jour depuis. Chaque nouveau modèle porte le prénom d’une personne comme le Marie-Claude conçu pour offrir un cadeau à l’ancienne présidente de la route des étangs, Marie-Claude Mas ou le Chantal, un porte-gourde demandée un jour par une cliente. Pour Amarande, les clients sont toujours rois et peuvent demander exactement ce qu’ils souhaitent. S’ils veulent par exemple un portefeuille dans telle couleur plutôt que telle autre, il suffit de le préciser et la maroquinière élabore avec le client le produit de ses rêves jusque dans le moindre détail « jusqu’à la couleur du fil ». Parfois elle restaure aussi de vieux sacs à main vintage car elle a acquis des peaux de cuir de crocodile et de lézard d’époque. Et ses yeux pétillent lorsqu’elle se penche sur une vieille sacoche d’aviateur patinée par les décennies qui servait à ranger les cartes de navigation aérienne. « C’est un cadeau fait à un jeune pilote qui me l’a confié pour que je la restaure et lui donne une nouvelle vie. »

Aujourd’hui, la maroquinière fourmille de projets pour utiliser d’autres cuirs de poisson comme l’omble chevalier, la truite ou le saumon de fontaine élevés par la pisciculture Murgat dans l’Isère. Un travail de longue haleine, car il lui faut un an pour récupérer 5 kilos de peau et lancer un « foulon » pour le tannage des peaux auprès Ictyos, une tannerie spécialisée à Saint-Fons.

  • Marché de Noël de Meximieux 9 et 10 décembre
  • Marché de Noël au château d’Epeyssoles de Georges Blanc 16 décembre

Boutique ouverte sur rendez-vous :
Amarande G
11, route de Saint-Maurice,
Meximieux
& 06 73 28 43 08
amarande@amarandeg.fr
www.amarandeg.fr