Éric Martelat rejoint l’équipe Ma(g)ville pour illustrer à sa façon
l’actu bressane.
Attention ! Avec ses dessins d’humour, cet homme est dangereux ! Son nom : Éric Martelat. Un Bressan pur jus tombé dans une marmite d’encre et de couleurs. Son objectif est de vous faire esquisser un sourire. Depuis 1994 et la fin de cinquième année des Beaux-Arts, Éric croque des dessins pour différents magazines (rock, pêche, canin…) En 1995, il travaille pour la page Jeunes du Progrès avec Marc Dazy. Puis enchaîne pour une saison avec le basket qui vient d’accéder à l’élite. « C’est une époque où la JL perdait ses matchs. Au début, ça les faisait rire, mais après, moins… Si bien que le coach Alain Thinet avait décidé de photocopier mes dessins pour les afficher dans le vestiaire avant le match pour motiver ses joueurs. Ils se sont finalement maintenus. En fin de saison, le journaliste sportif Philippe Sévy avait organisé une rencontre avec le coach pour en parler autour d’un verre », se souvient le dessinateur. Puis Éric intègre le Progrès du dimanche avec son « Vinzou » en 2005. « Un dessin de presse sur l’actualité locale. C’était nouveau pour les hommes politiques qui me disaient que c’était drôle quand ils n’étaient pas concernés. C’est vrai que j’ai souvent tapé sur le maire Jean-Michel Bertrand. C’est à lui que j’ai demandé d’officier pour mon mariage (avec Anne-Laure en 2006). Il a accepté volontiers. T’égratignes les gens, mais au fond de toi, tu les aimes. Il faut distinguer la personne publique et l’autre. »
Comme de nombreux dessinateurs de presse, Éric regrette la moindre liberté de la presse. « Nous sommes dans une société de case. Tu ne peux plus faire de dessins sur les animaux car les associations vont te tomber dessus, les religions… Mon meilleur souvenir, c’est un dessin sur le préfet Philippe Galli. Dans son bureau, il n’y avait que deux images encadrées : une photo dédicacée de Jacques Chirac et mon dessin. Je l’avais caricaturé en caleçon en train de se brosser les dents à l’occasion des Journées du patrimoine », se remémore Éric. Le plus difficile dans cet exercice est de trouver l’idée. « Tu peux faire ça depuis 25 ans, tu ne sais jamais. C’est grisant. Une fois que l’idée est trouvée, c’est fini. Ce n’est que du dessin. Et une fois le dessin publié, il ne t’appartient plus. Il fait sa vie. On va le trouver sympa ou nul. On va le collectionner ou le jeter. »
Et quand il ne dessine pas et qu’il n’enseigne pas au lycée professionnel Marcelle-Pardé, Éric compose et chante pour son groupe de rock Messaline depuis 2014. Il est aussi membre de l’Académie de la Bresse, « une association de bienfaiteurs et de bien fêtards », un peu comme lui.
