Ancien capitaine de la JL Bourg, Philippe Braud est revenu vivre à Bourg-en-Bresse où il s’est reconverti en tant que comptable. Il raconte sa nouvelle vie.
Avant, la spécialité de Philippe Braud était le shoot à trois points. Désormais, ce sont les déclarations fiscales. Retiré des terrains depuis 2019 et une dernière expérience mitigée à Nancy, l’Auvergnat a choisi de s’installer à Bourg-en-Bresse, là où il a joué entre 2012 et 2017, alors même qu’il n’y avait aucune attache avant son arrivée. « Les plus fortes émotions de ma carrière sont incontestablement ici. On savait en partant à Nancy qu’on voulait revenir à Bourg à tout prix », dit-il en incluant sa femme Anne-Sophie, qui a ouvert un cabinet de podologie. « Le gros point d’attache, ce sont nos enfants, qu’on a eus ici. On a aussi élargi notre cercle social au-delà de la simple sphère du basket. On s’y sent vraiment bien. »
L’envie de se challenger
Si Philippe Braud garde encore un pied dans le basket via son statut d’ambassadeur de la JL, un rôle honorifique avant tout, il n’est pas revenu à Bourg pour participer au développement du club. L’ex-capitaine de la Jeu est désormais collaborateur comptable, une reconversion qu’il avait préparée tout au long de la deuxième partie de sa carrière. « J’ai commencé à bosser dessus à 26 ans », explique le titulaire d’une licence DCG (Diplôme de comptabilité et de gestion). « La facilité aurait été de rester dans le basket, mais j’avais envie de me challenger et de voir si j’étais capable de faire autre chose. Pour l’instant, je suis épanoui. » Toutefois, dans sa nouvelle vie, Philippe Braud garde une constante avec l’ancienne : la présence de Julien Desbottes au-dessus de lui. Après l’avoir côtoyé en tant que président à la JL Bourg, le voici désormais sous sa direction au sein du cabinet AGIR audit & gestion. « À aucun moment on n’en avait discuté lorsque j’étais joueur. Lui ne connaissait pas mon niveau vu que je travaillais dans mon coin et moi, je n’en avais pas spécialement envie. L’objectif était aussi de me faire un peu tout seul. Après, quand je suis revenu, j’avais besoin de faire un stage pour valider mon diplôme et je me suis naturellement tourné vers lui. On s’est bien retrouvés. Pour lui comme pour moi, c’est une belle histoire. » Dans une ville où il a d’abord bâti sa réputation avec une balle orange entre les mains, Philippe Braud n’est pas un anonyme. De fait, il craignait de ne pas être pleinement considéré dans sa nouvelle fonction. « Je redoutais un peu que l’on s’arrête à mon passé. Manipuler des chiffres, des déclarations de TVA de sociétés, ce sont quand même des choses importantes. On est en droit d’être un peu sceptique lorsque c’est un ancien sportif ayant tout juste arrêté qui s’en occupe. » Car en effet, l’athlète de haut niveau n’est jamais bien loin, surtout au moment d’évoquer ses perspectives pour sa deuxième carrière. « Je me fixe des défis, j’arrive à avancer. J’ai l’ambition d’évoluer, de ne pas m’arrêter là. Le jour où je sentirai que je plafonne, que j’ai arrêté de progresser, c’est que ça ne me plaira plus. » Un discours aux forts accents de basketteur, ou surtout de compétiteur…