La nouvelle exposition du musée pontevallois s’intéresse au monde paysan. Et fait sortir quelques belles surprises de ses collections
C’était jour de fête le 15 décembre dernier à Pont-de-Vaux qui célébrait la 100e édition de sa Glorieuse de Bresse. Pour marquer l’événement, la ville s’est parée de multiples atours et des habitants et les commerçants ont revêtu des costumes de l’époque tandis que les éleveurs installaient leurs stands dans la salle de la Grenette. L’équipe du Musée Chintreuil s’est elle aussi mobilisée. « Nous avons fait dans ce cadre tout un travail sur la valorisation de la volaille, explique Nelly Catherin, la conservatrice du musée. Avec une compagnie théâtrale locale (2e K de figure), nous avons travaillé à cette occasion sur des paroles de paysans à partir desquelles la compagnie a créé un spectacle. » Avec ce fonds de textes sur la ruralité, « on a monté notre projet à l’arrache, entre novembre et mars, ce qui est très court », poursuivent Nelly Catherin et son assistant Rémi Gentis. Mais cela a permis à l’équipe de se plonger dans les collections du musée, qui sont finalement bien plus riches qu’on pourrait l’imaginer. En témoignent les centaines de plaques de verre photographiques que possède le musée et dont quelques tirages sont présentés dans la nouvelle exposition Les gens de la terre, évocation poétique du monde paysan autour du fonds Édouard Givord et de photographies anciennes.
Les boîtes à histoires de Nathalie Baudry
Le travail d’Édouard Givord, cet architecte installé à Pont-de-Vaux voici un siècle qui a laissé une masse de dessins sur le monde paysan (et la Grande Guerre, durant laquelle il combattit avec le grade de lieutenant), est assurément la révélation de cette exposition. On aurait pu imaginer des carnets de croquis remplis de maisons de ville de la cité pontevalloise… Mais ce sont les fermes bressanes, les basses-cours, les femmes au bord des mares, les charriots tirés par des boeufs auxquels Édouard Givord s’est d’abord attaché. Des oeuvres très réalistes au trait parfaitement maîtrisé et souvent très émouvantes. Les boîtes à histoires de Nathalie Baudry, une artiste plasticienne du Haut-Beaujolais, sortes de collages mi-poétiques mi-drolatiques, complètent l’exposition en détournant des photos anciennes qu’elle met en scène. « Ce sont plein d’histoires particulières qui sont racontées et mises en scène dans cet espace, mais elles convoquent plus largement les souvenirs de chacun et renouent avec un passé à la fois très proche et si éloigné », conclut Nelly Catherin.
De Tony à Chintreuil : Musée Chintreuil, une année de répit…
« Nous avions aussi la volonté de garder l’exposition De Tony à Chintreuil, qu’on avait montée l’année dernière. Elle avait super bien marché avec le public qui redécouvre le peintre et les enfants qui sont complètement séduits par les grands dessins de David Giraudon qui accompagnent l’exposition. Elle est prolongée jusqu’au 2 novembre », complète Rémi Gentis. « On a essayé de revenir sur les idées clichés autour de Chintreuil : travaillant seul dans son atelier, isolé, etc. En fait, pas du tout ! Il était complètement intégré dans la vie parisienne, il connaissait tout le monde des arts. Ce n’était pas un artiste maudit même s’il était pauvre en arrivant de Pont-de-Vaux à Paris, sans formation académique. »

Musée Chintreuil
Plein tarif : 5 € ; réduit : 3 € ; gratuite (- de 26 ans)
demandeurs d’emploi, adhérents Curiosités, les amis du Musée Chintreuil, et le premier dimanche de chaque mois.