Posté le 29 janvier 2026 par La Rédaction

Elle sera, comme depuis sa nomination à la direction du patrimoine et des musées de l’Ain, engagée pour la valorisation des sites culturels du département. Avec le concours de l’équipe sous sa direction, Marina Vitali œuvrera à la promotion du territoire à travers les collections du Domaine des Saveurs – Les Planons à Saint-Cyr-sur-Menthon, et du Musée de la Résistance et de la Déportation à Nantua.

Sens dessus dessous aux Planons
À commencer dès mi-mars et jusqu’en novembre prochain, par l’exposition Dessous de campagne qui sera présentée au Domaine des Saveurs. Et par « dessous », comprendre : lingerie. Des pièces textile donc, avec autour une programmation riche pour aborder tantôt la façon dont on lavait, brodait ou reprisait le linge autrefois, la tradition du trousseau, les pièces phares de la garde-robe féminine, leur évolution et leur symbolique au gré des décennies.

Une approche ethnographique chère à la directrice qui invite les visiteurs du musée, fussentils locaux ou touristes, à cerner un terroir : la Bresse, en l’occurrence, par les usages de ceux qui l’ont habité. « On ouvrira un café bressan où chacun pourra se former à l’art de customiser ses vêtements. » Une pratique en vogue auprès de la jeune génération, manifestement inspirée par l’ancienne et soucieuse de se perfectionner dans le maniement de l’aiguille… « On prévoit aussi un défilé, fruit du travail conjoint des lycéens en Bac pro Métiers de la couture et de la confection à Marcelle-Pardé et de l’entreprise Cotélac. Eux plancheront sur la technique, elle davantage sur l’esthétique. » À leurs propositions s’ajoutera celle des agents du Département autour d’une robe de mariée 100 % récup’. L’agenda des Planons comprend aussi la résidence de l’artiste contemporain Pierre Boggio pour l’événement Campagne première. « Il sera deux semaines chez nous et son oeuvre restera plusieurs mois. » L’autre temps fort au Domaine des Saveurs, c’est le travail des collections avec, à compter du second semestre, la fermeture des collections permanentes – la ferme et l’expo resteront accessibles – pour repenser intégralement le fonds présenté au public dès juin 2027. « La première étape est de savoir ce que l’on veut raconter. L’idée, c’est de travailler sur la gastronomie de l’Ain, pas seulement de la Bresse. Les beaux produits labellisés ou non, avec une entrée tantôt par les filières, les recettes ou les grands noms de la cuisine… sans oublier bien sûr la dimension agricole et les raisons poussant à cultiver tel produit à tel endroit. » S’ensuivent de grandes conversations pour sélectionner les pièces ; et tout un travail de mise en scène, assuré par les agences MAW architectes et Point de fuite. « Ils portent une grande importance aux filières locales et réutilisent à 70 % le matériel existant. » Une approche vertueuse, pour une scénographie pensée en une suite de petits villages au milieu desquels trônera un arbre à palabres de 5 m de haut. « Ce genre de projet montre que l’on peut présenter des choses liées à la vie rurale, à la vie d’avant, mais que l’on ancre dans le contemporain. » Une façon de mêler à l’histoire l’évolution des connaissances, des pratiques, des attentes, d’interroger le citoyen et consommateur sur ce qu’il mange et la façon dont est produit ce qu’il mange. « Plutôt que d’affirmer, on vient poser la question. » Et d’une façon générale : « On ne fait pas table rase du passé. On le fait évoluer pour qu’il continue de parler à l’ancienne génération, en donnant envie à la nouvelle de s’y intéresser sans avoir la sensation que c’est poussiéreux et inintéressant… »

Ton quotidien à toi, c’était quoi ?
Le Musée de la Résistance et de la Déportation promet quant à lui deux expositions, réparties entre mars et juin pour la première et de juillet à janvier 2027 pour la seconde. En mars donc, le public aura accès à une proposition des Archives nationales : Les femmes déportées de Ravensbrück faisant état de parcours de femmes passées par le camp. « Beaucoup d’artistes, notamment Germaine Tillion qui a signé l’opérette Le Verfügbar aux enfers. » Suivra dès mi-juillet, La vie rétro en Playmobil, pour aborder la vie quotidienne des années 30 à 50. Soit une période de grandes transformations soci(ét)ales avec l’arrivée du droit de vote pour les femmes, de la Sécurité sociale, des congés payés. « C’est l’occasion de retravailler sur nos collections d’objets du quotidien, qui sont énormes ! De montrer, aussi, ce que l’on ne montre pas souvent : des confettis qui ont été ramassés le jour de la Libération, des fanions que l’on a agités à Nantua… Autant de marqueurs pleins de sensibilité. » Et de sens, tout court. « 2026, c’est enfin le bicentenaire de la photographie. Dans ce cadre, le ministère français de la Culture lance un grand appel à projets. » Appel auquel l’Ain répond bien entendu avec déjà une foule d’idées en tête. Bref, le calendrier est chargé. Prévoyez d’en profiter…

Domaine des Saveurs – Les Planons
987, chemin des Seiglières à Saint-Cyr-sur-Menthon
03 85 36 31 22
Musée de la Résistance et de la Déportation
3, montée de l’Abbaye à Nantua
04 74 75 07 50