Nouveau directeur général de l’USBPA rugby , Guillaume Guégan arrive avec une priorité claire : remettre le club à l’équilibre et bâtir un projet durable.
Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
Cela fait plus de 25 ans que je travaille dans l’univers de l’industrie du sport. J’ai évolué principalement dans le football, au sein de clubs comme Grenoble, Le Mans ou Tours. J’ai également travaillé en régie commerciale et en agence de conseil. Mon rôle a toujours été orienté vers le développement, le marketing et la vente. Il y a quelques années, j’ai repris des études au CDES de Limoges afin de monter en compétences. J’ai suivi un DU de stadium manager, ce qui m’a permis d’élargir mon champ d’action et de mieux me préparer à des postes de direction générale.
Pourquoi avoir postulé à l’USBPA ?
Pour être honnête, je connaissais peu l’USBPA et la ville de Bourg-en-Bresse. J’y étais simplement passé par hasard. C’est un cabinet de recrutement qui m’a alerté sur le poste en mai dernier. J’ai pris mes fonctions le 1er septembre.
Quelle est votre mission prioritaire aujourd’hui ?
La priorité est claire : remettre le club à l’équilibre financier. L’USBPA traverse une période compliquée. Nous avons la chance d’avoir un actionnaire solide, mais son rôle n’est pas de combler indéfiniment les déficits. Mon objectif est de développer les ressources propres du club pour atteindre un équilibre budgétaire durable. Cela suppose une gestion rigoureuse, le soutien de l’actionnaire et surtout une capacité à générer davantage de revenus.
Cela implique-t-il une réorganisation interne ?
Il n’y aura pas de plan de licenciement. Quelques ajustements ont déjà eu lieu, comme le non-renouvellement d’un contrat en alternance. Mais la masse salariale globale (joueurs, staff et administratif) reste évidemment le premier poste de dépenses. On ne peut pas rogner indéfiniment là- dessus sans mettre en péril la compétitivité sportive.
Quel regard portez-vous sur le championnat de Nationale ?
C’est une division particulière, comparable au National en football. Vous avez toutes les contraintes d’un club professionnel, mais sans les avantages : pas de droits TV, peu d’infrastructures modernes, des recettes limitées. C’est un championnat exigeant, où la viabilité économique est difficile.
Quelles pistes explorez-vous pour développer les revenus du club ?
Il y en a deux principales : renforcer le partenariat avec les entreprises locales et améliorer l’expérience spectateur. Nous avons déjà un public fidèle, avec parfois 5 000 spectateurs à Verchère, ce qui est remarquable pour notre niveau. Mais il faut aller chercher un public plus large, pas forcément passionné de rugby, qui vienne au stade pour vivre une expérience conviviale et familiale. En parallèle, nous travaillons sur des projets autour du stade : nouveaux espaces de réception, événements hors matchs, utilisation de l’enceinte pour des séminaires ou des animations. Le but est de transformer Verchère en un lieu de vie et pas seulement en un stade ouvert 13 fois par an.
Vous parlez beaucoup d’équilibre et de rigueur. Cela veut dire que sportivement, il faudra être patient ? Exactement. Le club doit d’abord se stabiliser. Nous restons ambitieux, mais l’objectif n’est pas de brûler les étapes ni de se mettre en danger. Nous voulons poser les bases solides pour construire l’avenir.
Comment se passe votre acclimatation à Bourg-en-Bresse ?
Très bien ! J’ai trouvé un appartement en centre-ville et je découvre la ville à pied, j’aime beaucoup marcher. Le stade est à proximité, je traverse le champ de foire chaque jour pour aller travailler. Je me sens bien ici, l’accueil est chaleureux.
Votre mot d’ordre pour terminer ?
L’unité. C’est essentiel. Actionnaires, salariés, collectivités, partenaires, supporters… Tout le monde doit tirer dans le même sens. La vie d’un club est faite de hauts et de bas, mais si nous restons unis et sereins, nous pourrons affronter les tempêtes et préparer l’avenir avec confiance.