Deux demi-finales l’an dernier, mais un goût d’inachevé. Cet été, la JL Bourg a changé de visage pour viser plus haut et profiter des failles de ses rivaux. Son président, Julien Desbottes, promet une saison sans complexe et prévient : le club bressan veut bousculer les géants.
Quelle note attribuez-vous à la saison dernière ?
Je mettrais 8/10. Nous avons atteint deux demi-finales sur les quatre compétitions dans lesquelles nous étions engagés. Il faut être lucide sur ce que nous sommes : des challengers face à trois équipes : Monaco, Paris et l’Asvel, qui évoluent dans une autre dimension économique. Mon seul regret reste l’élimination prématurée en Coupe d’Europe.
Aviez-vous planifié la fin d’un cycle pour repartir sur de nouvelles bases et un autre style de jeu ?
En partie, oui. Nous ne nous sommes pas accrochés à une ossature qui avait pourtant accompli des choses extraordinaires, mais il nous semblait plus sain et plus simple d’écrire une nouvelle histoire.
La construction de cette nouvelle équipe met en avant la dimension physique et la verticalité. Était-ce une volonté forte ?
C’est une approche différente, en effet. Il y a aujourd’hui une énorme énergie dans le nouveau staff, et cela se ressent sur le terrain. Il faut maintenant que tout cela se mette en place. Je me prépare aussi à être patient et plus présent. Il est important de rappeler que la hiérarchie du club et nos fondamentaux restent des repères essentiels. J’ai d’ailleurs fait un discours de lancement de saison dans ce sens. Oui, mon investissement sera cette année plus important que les saisons précédentes, où j’avais davantage délégué.
Comment s’est déroulée la préparation en l’absence de Fred Fauthoux, retenu avec l’équipe de France ?
L’absence de Fred est une nouveauté pour le club, mais il a continué à être en contact régulier avec nous. Nous avons surtout eu la chance de pouvoir nous appuyer sur Jean-Baptiste Lecrosnier, qui travaille déjà depuis trois saisons à ses côtés. Le haut niveau d’organisation, à la fois en équipe de France et à la JL, a grandement facilité cette transition.
Quels sont vos objectifs pour cette saison ?
Nous devons être ambitieux. La barre est haut, mais si nous ne nous fixions pas des objectifs élevés, ce ne serait pas dans notre ADN. Notre objectif prioritaire, c’est d’atteindre les playoffs, et, dans l’idéal, une demi-finale. Cette année, nous pourrons peut-être profiter de certaines difficultés rencontrées par Villeurbanne et Monaco, tandis que Paris a dû tout reconstruire… Mais il faudra rester vigilants : Cholet, Strasbourg et d’autres équipes vont aussi nous bousculer.
Et sur le plan économique ?
Notre budget sera compris entre 8 et 8,5 millions d’euros, selon notre parcours en Coupe d’Europe et en playoffs. Je suis satisfait de la solidité du club. Ma priorité est que, le jour où je ne serai plus président, le club soit encore plus fort qu’à mon arrivée. À l’époque, notre budget n’était que de 2,5 millions d’euros… Quel chemin parcouru !
Vous avez aussi réussi à conserver votre indépendance financière ?
Exactement. Contrairement à d’autres clubs qui dépendent d’un seul gros partenaire, nous avons fait le choix de l’indépendance. Le fait de ne pas bénéficier de droits télé nous a obligés à aller chercher les ressources « à la sueur de notre front ».
Quelles sont vos plus grandes fiertés ?
Avoir le coach de l’équipe de France chez nous, voir nos U21 devenir champions de France, et même avoir un joueur drafté au premier tour NBA.
Qu’en est-il des infrastructures ?
Le projet de centre médical nous a beaucoup mobilisés ces derniers mois. Concernant la salle, nous allons rouvrir le dossier avec les collectivités et la Sogepea. Il existait un plan d’investissement pour les 10 ans d’Ekinox, mais les élections municipales vont forcément ralentir certaines décisions. Je veux croire, cependant, que notre club saura dépasser les clivages politiques.