Retour sur les échanges des Rencontres du leadership organisées par la JL Bourg, autour de la question : quelle place accorder aux sujets de société en entreprise sans fragiliser la prise de décision et la cohésion des équipes ?
Pour Christel Troxler, directrice RH de Stratus Packaging, l’entreprise ne peut plus se considérer comme un monde à part. Composée d’individus faits « de chair et d’os », elle est perméable aux tensions sociales et doit assumer son rôle, notamment en matière de non-discrimination.
Mais cette ouverture suppose un équilibre : tous les débats extérieurs n’ont pas vocation à entrer dans l’entreprise, au risque de fragiliser le collectif. Elle insiste également sur un malaise managérial croissant : « On ne peut plus rien dire ». Selon elle, l’enjeu n’est pas de se taire, mais d’apprendre à mieux dire, avec responsabilité.
Olivier Blum, du Crédit Agricole Centre-Est, illustre cette articulation entre performance et engagement sociétal à travers des initiatives concrètes, notamment en faveur des salariés aidants. Il souligne l’importance d’un cap clair : intégrer des réalités de vie dans l’organisation du travail n’est pas seulement social, c’est aussi un levier de performance durable.
Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière, rappelle que ces enjeux trouvent aussi leur traduction dans le dialogue social, avec la construction d’accords permettant d’accompagner ces évolutions sans pénaliser les salariés ni les entreprises.
Enfin, Pape-Philippe Amagou, formateur en leadership, déconstruit l’opposition entre bienveillance et autorité. Pour lui, être « bien-pensant » ne signifie ni uniformité ni faiblesse, mais alignement entre valeurs et décisions. Le leadership moderne repose sur la capacité à dialoguer, à inclure sans renoncer à décider.
Au final, loin d’être un frein, l’entreprise dite « bien-pensante » peut devenir un levier puissant, à condition de clarifier les règles du jeu et de former des managers capables de conjuguer exigence, écoute et courage décisionnel.
Le grand témoin :
Boris Diaw, manager de l’équipe de France de basket, champion NBA, champion de France avec Pau, 247 sélections avec les Bleus, aux côtés de la journaliste Gaëlle Million.
« Je n’ai jamais vu gagner une équipe qui ne s’entend pas. »
« On ne laisse pas la vie personnelle à la porte : mieux on se connaît, mieux on joue ensemble. »
« Être capitaine, ce n’est pas être le seul leader, c’est faire en sorte que tout le monde donne le meilleur de soi. »
« La bienveillance, ce n’est pas de la faiblesse : c’est ce qui permet à une équipe de performer. »
« Être leader, c’est aussi savoir quand parler… et quand laisser un autre prendre la parole pour le bien de l’équipe. »
