Posté le 29 janvier 2026 par La Rédaction

« Placer Bourg et l’Ain sur une carte » : l’expression revient à l’unisson chez les élus comme chez les dirigeants de la JL Bourg. Pour Hélène Cédileau, viceprésidente du Département de l’Ain, et Jean-François Debat, maire de Bourg-en- Bresse et président de Grand Bourg agglomération, le parcours européen du club bressan a profondément changé la perception du territoire. La finale franco-française face au Paris basketball a offert une exposition médiatique inédite. « Le nombre d’accréditations à Bourg et à l’Adidas Arena en a été la preuve. Nous avons croulé sous les demandes », se souvient Fabrice Pacquelet, directeur général de la JL.
Une notoriété désormais installée
Ce rayonnement n’allait pourtant pas de soi. Le président Julien Desbottes rappelle qu’aux débuts de l’aventure européenne, remplir Ekinox pour des matchs continentaux relevait parfois du défi. « Aujourd’hui, c’est tout l’inverse. Il y a une vraie appétence des supporters pour l’Europe. Le tournant, c’est clairement l’épopée jusqu’à la finale. Depuis, le rapport du public à la Coupe d’Europe a changé. » Affronter Istanbul, Athènes ou Londres n’est plus seulement un prestige sportif : c’est une vitrine. « Cela nous positionne durablement parmi les meilleurs clubs français et cela concrétise notre régularité au plus haut niveau », insiste Desbottes.
Un levier économique maîtrisé
Sur le plan financier, disputer l’EuroCup ne signifie pas forcément des profits immédiats, mais un équilibre raisonné. « Aujourd’hui, l’objectif est de couvrir les coûts. Un match de play-offs à domicile permet d’assurer l’équilibre. Aller plus loin génère des recettes supplémentaires, même si elles sont en partie redistribuées via les primes de performance », explique le président. Au-delà des chiffres, l’Europe structure aussi le rythme du club et renforce sa crédibilité institutionnelle.
Une attractivité décisive pour les joueurs
Sportivement, l’impact est majeur. L’exposition européenne facilite la signature de joueurs ambitieux, prêts à s’inscrire dans un projet tremplin. « Certains profils n’auraient clairement pas signé sans la Coupe d’Europe. Elle sert de vitrine, même si cela implique parfois une forme d’éphémère. C’est notre modèle, celui d’un club challenger », assume Julien Desbottes.
Un accélérateur pour les entreprises partenaires
Cet effet vitrine profite aussi aux partenaires. Didier Lamy, président du club des partenaires BB+ (343 entreprises), souligne un changement d’échelle : « Le rayonnement est passé du département à l’Europe. Pour une PME comme pour une grande entreprise, c’est une ouverture, une image de dynamisme et de modernité. » Les voyages européens organisés autour des matchs de Londres à Riga illustrent cette dimension unique. « Ce sont des expériences hors norme, mêlant sport, réseau et échanges d’expertise. Sans le basket, nous ne serions jamais allés dans certains endroits », souligne Didier Lamy. À Bourg-en-Bresse, la Coupe d’Europe dépasse désormais le seul cadre du parquet. Elle est devenue un outil de notoriété, d’attractivité et de cohésion économique. Une manière, pour un « petit club gaulois », de rivaliser avec les grandes capitales… et de faire rayonner tout un territoire bien au-delà de ses frontières.

Quelle coupe d’Europe pour la saison prochaine ?
EuroLeague et Eurocup ? Si la JL Bourg remporte l’EuroCup, elle pourrait être invitée à participer à l’EuroLeague. « J’ai l’habitude d’être rêveur et ambitieux, mais aussi pragmatique. Il existe une possibilité que l’EuroLeague soit totalement refondue, avec un format à 24 équipes réparties en deux poules de 12. La JL est aujourd’hui numéro un au ranking : sportivement, si nous gagnons, nous pouvons être appelés. On ne s’interdit rien. » La BCL ? « Elle est redevenue une compétition sportivement intéressante. Elle pourrait devenir, à l’avenir, l’antichambre de la NBA Europe, une compétition à laquelle nous ne pourrions pas prétendre, car réservée aux équipes des grandes métropoles européennes. Pour moi, gravir l’Himalaya en basket, ce n’est pas possible, mais le mont-Blanc, bien équipé, pourquoi pas ! »