Ancien agent, François Lamy officie en tant que consultant sportif de la JL Bourg depuis 2022. Présentation.
François Lamy est un homme libre. « Il a besoin de cette liberté », souffle le président Julien Desbottes. Enfermer les gens hyper talentueux comme lui dans un cadre, ce serait contre-productif. On n’a jamais imaginé qu’il pourrait en être autrement. » Ainsi, le consultant sportif de la JL Bourg n’est officiellement pas salarié du club. « Plutôt prestataire externe », précise le principal intéressé. « Il est libre de tout, reprend Julien Desbottes. Libre de son fonctionnement, libre de ses horaires. Il pourrait même éventuellement travailler pour d’autres clubs, selon certaines contraintes, dans un cadre de semi-exclusivité. » Mais qu’il se rassure, le dirigeant n’a pas vraiment à partager son consultant avec la concurrence. « J’essaye de me concentrer sur la JL, indique François Lamy, aux multiples champs d’action au sein du club. J’interviens sur la stratégie sportive, la définition du recrutement, sur l’aspect institutionnel. Il faut aussi que je garde un oeil sur le coaching, car on a failli perdre Freddy (Fauthoux, pour l’Asvel) la saison dernière. Je suis attentif à tous les axes de développement pour qu’il n’y ait pas de saute d’humeur dans le projet. » Une deuxième vie dans le basket, presque une troisième même, pour un homme qui a d’abord été l’un des agents les plus influents du marché français. Le rêve du Breton a pris corps en 1997, lors d’une tournée de promotion de certains joueurs américains en Europe, avant que lui ne place son premier client dans un club : Aundre Branch, à Rueil. Suivront « entre 700 et 800 joueurs », répartis sur deux décennies, certains devenus des légendes du championnat, et lui contribuant aussi largement au conte de fée vécu par Nanterre dans les années 2010. « François Lamy a été primordial dans notre réussite, indique Pascal Donnadieu, l’ex-coach emblématique de la JSF. 80% des gros coups que j’ai faits sur les Américains, c’était lui. »
Pas l’intention de partir de la JL
Puis est arrivée l’étape suivante, celle des responsabilités au sein d’un club. Une opportunité manquée avec Orléans en 2018 s’est presque transformée en un mal pour un bien, puisque c’est Tony Parker qui est venu toquer à sa porte l’année suivante pour l’Asvel. Deux saisons à Villeurbanne, avec un titre de champion de France et l’obtention d’une licence permanente en EuroLeague, suivies de huit mois en tant que manager général adjoint au Zalgiris Kaunas (Lituanie) avant les premiers pas à Bourg-en-Bresse en 2022, d’abord pour assurer le passage de témoin avec Frédéric Sarre. « C’est un travail complètement différent de celui d’agent, explique-t-il. Si l’on cherche un confort financier, c’est peut-être moins intéressant, mais pour moi qui suis à la recherche d’aventure collective enthousiasmante, c’est beaucoup plus épanouissant. » Et de fait, à bientôt 50 ans, François Lamy n’a « pas l’intention de partir ». Signataire début 2024 d’un contrat 3+2, l’homme aux mille réseaux dans le basket européen est dithyrambique quand il s’agit d’évoquer la courbe de croissance de la JL Bourg, passée de la Pro B à la finale d’EuroCup en sept ans. « Il y a très peu de clubs qui génèrent une économie autosuffisante, ils doivent se compter sur les doigts de deux mains en Europe. C’est à ce point-là. Ici, tout est carré, il faut se rendre compte de la qualité du travail de Julien Desbottes. Tant qu’il sera à la tête du club, le destin de la JL est entre de bonnes mains. » Et tant que François Lamy sera en charge de la stratégie sportive aussi ?