Posté le 30 janvier 2024 par La Rédaction

Joueur majeur de la JL Bourg, Bodian Massa n’était pas destiné à devenir basketteur professionnel. Plus jeune, il espérait devenir… journaliste !

Trélazé, dimanche 26 février 2023. L’équipe de France affronte la Lituanie et un jeune pivot crève l’écran pour sa première avec les Bleus : Bodian Massa, à créditer de la meilleure évaluation du match (16). Pas mal pour quelqu’un qui n’a pas touché une balle orange avant ses 16 ans! Le nouvel intérieur de la JL Bourg nous a conté sa vie d’avant le basket. « Je suis né à Marseille, mais j’ai grandi à Aulnay-sous-Bois, dans la cité des 3000. C’était une zone sensible, c’était chaud en bas de chez moi, mais ça ne m’a jamais intéressé. Il y avait souvent de la violence dans les quartiers, mais ma mère a réussi à m’en écarter par son éducation. Elle est agent de sûreté à l’aéroport de Roissy. Je vivais avec elle, mon petit frère et ma petite sœur, on ne manquait de rien. Ma jeunesse, c’était le foot. C’était ma passion, et ça l’est encore ! Je suis supporter de Liverpool et un peu de l’Olympique lyonnais. C’étaient les grandes années. On parlait souvent de foot avec mes potes. J’en ai fait jusqu’en Benjamins, au poste de défenseur, mais j’ai arrêté car je n’avais pas un super niveau. Au collège, je me suis mis au handball. Là, j’étais bon ! J’étais grand et j’avais de la puissance pour mon âge. J’ai même été pris en classe hand de la 5e à la 3e . Je jouais arrière, puis je suis devenu gardien car j’avais la maladie d’Osgood-Schlatter. Le club d’Aulnay, d’un bon niveau, voulait que je vienne, mais ça ne m’intéressait pas d’être gardien pour me manger des pralines à longueur de journée. J’ai arrêté le handball après la 3e . Le métier que je voulais faire à l’époque, c’était journaliste sportif. Au collège, c’est moi qui écrivais les articles dans notre journal sur les rencontres de la classe de hand. J’ai même des vidéos de moi en train de faire semblant d’interviewer mon frère sur des matchs de foot

« Le basket, c’est quoi ce sport ?! »

« En seconde, je suis parti vivre à Marseille, chez ma grand-mère. J’avais fait le tour d’Aulnay et j’avais besoin de découvrir autre chose. Sauf que je ne faisais pas de sport pendant les premiers mois et je me suis rendu compte qu’il fallait que je m’y mette, car je ne connaissais personne. J’habitais à Septèmes-les-Vallons, j’allais au lycée dans le centre-ville de Marseille, donc je ne fréquentais pas les gens qui vivaient vers chez moi. Je me suis remis à faire du foot au SO Septèmes, mais j’avais un problème : j’avais de trop grands pieds pour les crampons, ça me faisait trop mal. À chaque fois en match, au bout de cinq minutes, je disais à l’arbitre que ce n’était pas supportable et je jouais en running. Au moment de reprendre à la rentrée, j’arrive quelques jours après la reprise et je les vois tous courir autour du terrain. Là, je me dis que je ne me sens pas de refaire toute une saison avec des crampons. Toute ma vie, les gens m’ont répété de faire du basket car j’étais grand. Et moi je répondais : « Jamais de la vie, arrête, tu me prends pour un Américain… C’est quoi ce sport ?! » Je connaissais juste les noms de Michael Jordan, par Space Jam, et Tony Parker, mais je ne suivais rien du basket. Au collège, je n’en ai pas fait une seule fois, ça ne m’intéressait pas. Sauf qu’au bout d’un moment, ça a fini par me rentrer dans la tête. Quand je suis allé voir le président de Septèmes pour lui dire que j’arrêtais le foot, même lui m’a dit de m’y mettre, que son gendre était entraîneur aux Pennes-Mirabeau. Je me rappelle très bien de mon premier entraînement en 2013 : je n’avais aucune base, je ne savais même pas dribbler et mon coach m’a appris le double pas. À cette époque-là, ça ne m’a jamais traversé l’esprit d’en arriver là et d’être un jour appelé en équipe de France. Ma mère est grave fière ! »