Posté le 29 avril 2026 par La Rédaction

Arrivé en cours de saison, le directeur général de l’USBPA, Guillaume Guégan, dresse un constat lucide : si le terrain a tenu ses promesses, le modèle économique doit évoluer. Entretien sans détour.

Quel bilan tirez-vous de la saison sur le plan sportif ?
Je suis arrivé un peu après le début de saison. Les objectifs fixés étaient de faire mieux, ou au minimum aussi bien que la saison précédente. On espérait notamment aller chercher cette 7e place, qui était en- core accessible lors de la dernière journée. Finalement, ça ne sera pas le cas, on devrait terminer 8e, une position que l’on a occupée toute l’année. On a été à notre niveau. Il a manqué un petit plus pour franchir un cap.

Et sur le plan économique, quel est votre regard ?
L’objectif est clair : arrêter de se faire peur chaque saison avec des situations financières fragiles. Le club doit rapidement trouver un équilibre économique. Cela passe par une réduction des coûts et, en paral- lèle, le maintien voire le développement des recettes. C’est une équation complexe. On comprend l’inquiétude qu’ont pu ressentir les supporters lorsqu’il a été question d’une possible rétrogradation. De notre côté, actionnaires, salariés et avocats ont beaucoup travaillé, sans faire de bruit. Je pense en particulier à Dominique Louis qui s’est énormément investi pour trouver des solutions. L’appel a été fructueux et nous a permis de rester au niveau qui doit être le nôtre : la Nationale.

Rester en Nationale était une priorité ?
Oui, clairement. Descendre d’un niveau n’aurait en rien résolu nos problématiques économiques. Au contraire, le message envoyé aurait été négatif et contre-productif. Nous avons défendu cette vision auprès de la commission d’appel : il vaut mieux rester à ce niveau et travailler différemment, notamment sur le plan sportif, pour rester compétitifs et continuer à fédérer nos supporters.

Vous lancez un projet ambitieux autour de la formation et de la pluriactivité. Pouvez-vous nous l’expliquer ?
L’idée est simple : accompagner nos joueurs dans leur double projet, sportif et professionnel. Nous aurons plusieurs profils dans l’effectif : un tiers de joueurs encore professionnels (une dizaine maximum), un groupe en formation, notamment des jeunes ou des joueurs en reconversion, avec des parcours certifiants au club. Et un dernier tiers de joueurs qui partageront leur temps entre le rugby et une activité professionnelle chez nos partenaires.

Vous avez donc sollicité vos partenaires économiques ?
Nous avons lancé un appel pour identifier des opportunités d’emploi. L’objectif n’est pas de pénaliser les joueurs, bien au contraire. Plutôt que de baisser les salaires, ce que certains clubs ont fait, nous avons cherché des solutions pour maintenir leur niveau de rémunération grâce à une activité complémentaire. 

Ce modèle devrait-il être généralisé au niveau national selon vous ?
Ce serait intéressant, mais difficile à uniformiser. Il existe une vraie disparité entre les clubs, notamment en termes de moyens. Certains bénéficient de soutiens importants, publics ou privés. Même avec des dispositifs comme le salary cap, on sait qu’il y a des écarts dans la réalité. Cela dit, il est évident qu’il faut freiner la surenchère financière. Cette saison, deux clubs ont disparu en cours de championnat : c’est un signal fort.

Un partenariat avec un club de niveau supérieur pourrait-il être une solution ?
Pourquoi pas. Il y a des échanges avec le LOU sur des profils. Mais il faut aussi accepter certaines contraintes, comme la possibilité de voir ces joueurs rappelés à tout moment, en particulier quand la prise en charge du joueur est portée par le club prêteur. Personnellement, je ne suis pas fermé à ce type de collaboration avec le LOU ou Oyo. Il faut arriver à dépasser les rivalités locales dans l’intérêt commun des clubs et des joueurs.

Vous avez déjà commencé à sonder les joueurs ?
Oui. Les profils que nous recherchons correspondent à cette nouvelle organisation : des joueurs en formation, d’autres en reconversion (par exemple vers le métier d’entraîneur ou des fonctions commerciales) ou encore des jeunes déjà diplômés, conscients que leur carrière sportive ne sera qu’une étape. L’objectif est d’accompagner ces parcours intelligemment.

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Guillaume Guégan, le directeur général de l’USBPA, micro en main.