Posté le 3 novembre 2022 par La Rédaction

Dans la chaleur réconfortante d’une auberge de village, à quelques encablures du Jura voisin, se cache un duo plein de talent. Détour gastronomique au cœur de Coligny, avec Géraldine et Vincent Debourg.

Entre le hall d’accueil et la salle de restaurant, un décor entre tradition bressane et modernité se dessine peu à peu, mêlant une collection de cocottes, argenterie et pièces plus contemporaines. Avec la douceur qui la caractérise, Géraldine nous accompagne à table, présentant tour à tour la carte et la bible vinicole, regroupant tout de même plus de 800 références. Un bel hommage au vignoble jurassien et à toutes les régions françaises, avec une large proportion de bouteilles accessibles à toutes les bourses. Une fois l’amuse-bouche dégusté, les coquilles Saint-Jacques françaises font leur entrée, justes saisies et accompagnées d’une vinaigrette aux herbes fraîches et d’une pulpe de légumes anciens. Quelques éclats de chorizo et un condiment de crevettes grises captivant apportent un relief très agréable à la dégustation. Une alliance entre terre et mer que l’on retrouve dans une deuxième entrée autour du foie gras. En consommé, en sucette au pain d’épices et en terrine, ce dernier est associé au fumé de petits dés de haddock, compensé par la fraîcheur iodée de quelques coques. Un véritable parti pris à la fois audacieux et délicieux qui confère au foie gras une dimension digeste et rafraîchissante. La dégustation se poursuit avec une assiette clochée sous laquelle se cache un homard, fumé minute aux herbes du jardin. Un très beau produit à la cuisson soyeuse, contrasté de quelques légumes croquants et d’une poudre de corail de homard. Le plat suivant fait l’éloge d’un produit emblématique de la région : la poularde de Bresse. À la crème et aux morilles, elle nous régale de sa finesse de chair, s’accompagnant d’une sauce à la fois digeste et savoureuse. Ici comme pour les plats précédents, l’intégrité du produit est préservée, sans artifices ni saveurs trop ostentatoires. Le dîner se termine par deux desserts, entre Paris-Brest et forêt noire, le premier mêle chocolat, griottes à l’eau de vie et praliné pour un ensemble gourmand et parfaitement portionné, le tout accompagné d’un Maury de 1985 aux arômes torréfiés de café et de cacao. La dégustation se ponctue enfin par un dessert où l’accord mets et vin se déroule au cœur de l’assiette. Dans une assiette creuse, une salade de suprêmes de pamplemousse se voit accompagnée d’une quenelle de sorbet à la mandarine corse et d’une écorce de pamplemousse confite au curaçao bleu. Une fois sur table, l’assiette se voit généreusement arroser de Cerdon pour un accord entre sucre, amertume, acidité et pétillant.

Le temps de lire la carte des digestifs et l’impressionnante collection d’Armagnac et l’heure de repartir approche. Un très joli restaurant qui vaut sans aucun doute de faire quelques minutes de route supplémentaires pour aller le découvrir, tant pour sa cuisine et son service que pour sa très belle carte des vins.

Au petit relais
445 Grande rue RD 1083 01270 Coligny
04 74 30 10 07 – www.aupetitrelais.fr

Menus de 35 à 119 €
Menu du déjeuner à 26 €
Du lundi au dimanche, le midi. Lundi, mardi, vendredi et samedi soir.