À 27 ans, Pierre-Eliot Cornaton est aujourd’hui installé à Séville, où il profite du soleil andalou tout en menant une vie professionnelle et personnelle qu’il n’aurait jamais imaginée lorsqu’il entamait, il y a quelques années, un Bachelor à Bourg suivi d’un master à Paris. Cette trajectoire l’a conduit à un poste stratégique au sein d’un géant mondial du fruit rouge : Hortifrut EMEA, fournisseur numéro un de Walmart et de Costco, dont le chiffre d’affaires atteint plusieurs milliards d’euros. L’entreprise, implantée notamment en Andalousie grâce au rachat de la société Atlantic Blue, est un acteur majeur de la myrtille et de la framboise. Pierre-Eliot y occupe une double fonction : responsable commercial pour les marchés au sommet du fruit rouge Pierre-Eliot Cornaton vit à Séville, où il occupe un poste stratégique au sein d’un géant mondial du fruit rouge. francophones et product manager framboise. « Concrètement, je vends nos fruits rouges aux grandes centrales d’achat type Grand Frais, Intermarché, Carrefour… et je contribue à la stratégie commerciale sur la framboise à travers toute l’Europe », explique-t-il. Ses journées se partagent entre déplacements et visioconférences, entre France, Maroc, Portugal et Espagne. « Une journée classique, c’est de 8 h 30 à 19 h. Parfois, nous sommes sur le terrain, dans les exploitations : on goûte les fruits, on observe les variétés, on échange avec les producteurs. » Le jeune Bressan jongle avec trois langues : français, anglais et espagnol selon ses interlocuteurs, et se rendra prochainement au Moyen-Orient, marché dont il a désormais la responsabilité. Si la transition professionnelle a été nette, l’arrivée à Séville n’a rien d’un saut dans l’inconnu. Pierre-Eliot y avait déjà vécu six mois dans le cadre d’un Erasmus et, surtout, il y retrouve sa compagne, native de la ville. « Ça m’a beaucoup aidé, c’est sûr. » Car Séville, dit-il, « ne livre pas ses clés facilement ». Ville fière et attachée à ses traditions, elle observe les nouveaux venus avant de les accueillir pleinement. « Même un collègue venu d’une autre région d’Espagne a mis du temps à s’intégrer. » Lui a pu compter sur les réseaux sociaux, le sport, le travail… et sur le cercle d’amis de sa partenaire.
Aujourd’hui, il savoure ce que Séville a de singulier : une identité forte et vibrante, bien différente des grandes métropoles européennes. « Pour moi, c’est l’Espagne authentique : le flamenco, la semana santa, les traditions, la feria… Rien à voir avec Madrid ou Barcelone. » Une ville à taille humaine, où l’on traverse le centre en quelques minutes à pied ou en tram. Son appartement est niché dans un quartier animé, rythmé par les pas des jeunes qui sortent tard, les éclats de voix et la lumière tiède des fins de journée. Il évoque aussi la semaine de fête où une véritable ville éphémère surgit, faite de chapiteaux immenses, de restaurants, de musique et de rencontres. Il profite des concerts, du marathon et des innombrables animations qui rythment la ville. Le fromage français lui manque parfois, mais pour le reste, « on mange très bien ici ». Bien sûr, il garde un oeil sur l’actualité française et conserve des attaches fortes en Bresse, tout en s’ancrant peu à peu dans cette ville où le quotidien semble plus lumineux. S’y voit-il à long terme ? « Difficile à dire. Pour l’instant, je m’y sens bien », répond-il prudemment.