Posté le 30 janvier 2024 par La Rédaction

Si la façade de pierres enchevêtrées et les grappes de maïs pendant de la toiture annoncent une destination purement traditionnelle, il n’en est rien. La cheminée crépite à notre arrivée. Du coin de l’œil, un couple de paons nous scrute à l’extrémité du jardin, espérant déjà pouvoir glaner quelques morceaux de pain. Nathalie arrive avec les cartes et le déjeuner commence. Originaire de Dijon, le couple mène sa barque depuis bientôt 24 ans. Regonflant les voiles à chaque changement de carte, l’esquif meillonnassien oscille bien vite d’une destination à l’autre. Choisissant de ne pas choisir, le chef propose ses plats sous forme de trilogies, permettant à chacun de privilégier l’une des trois entrées du moment… ou de les goûter toutes les trois ! Trop tentant. Les Saint-Jacques marinées au maracuja, nouilles et ciboulette ouvrent la danse en mélangeant les influences tropicales et asiatiques. Un petit peu étourdis par leur parure, les fins pétales fondent sur la langue et nous appellent à poursuivre notre route. Le foie gras est fondant, la compotée de pommes au safran qui l’accompagne d’une belle justesse, le poulpe légèrement ferme mais bien accommodé. Les idées sont là. Une entrée au format intéressant qui permet de se faire une bonne idée de la cuisine du chef. La suite, c’est un turbot au Champagne, se présentant dans un registre très classique et bien français. Le bœuf arrive. Il trône fièrement sur son jus au genièvre, laissant deviner une burrata coulante et crémeuse sous sa couronne de champignons. Le fromage joue ici le rôle d’un beurre maître d’hôtel, fondant et nourrissant la viande au fil de la dégustation. Une tombée d’épinards, un jus au genièvre, une pointe d’acidité, une très belle cuisson et vous obtenez un plat sacrément intelligent, dans lequel on aimerait se replonger été comme hiver. Un petit assortiment de fromages classés dans l’ordre de dégustation assure la transition avant le dessert. Est-ce qu’on a encore faim ? Eh bien pas vraiment. Les assiettes étaient généreuses et l’après-midi s’annonce riche en rencontres comme en découvertes. Mais la silhouette gracile du millefeuille nous rappelle à l’ordre. Tel un palmier géant, garni de crème fouettée dense et sacrément vanillée, ce premier dessert est à la fois lisible et profondément addictif. Un croustillant évanescent, une crème onctueuse, quelques points de caramel sur le côté et on en commanderait presque un bon kilo pour le dévorer devant la télé ! La poire au caramel finit de contenter les becs à sucre, à la fois ferme, fondante et bien confite. Mélange entre une cuisine bourgeoise et un exotisme très lisible, la cuisine de Frédéric est à mi-chemin entre le voyage et la maison. Envie de vous faire chahuter, mais pas trop ? C’est ici que cela se passe.

Auberge Au Vieux Meillonnas
108 rue Mollard Le Bourg à Meillonnas
& 04 74 51 34 46
Du jeudi au mardi midi
Du jeudi au samedi soir
Menus de 36 à 54 €
Menu du jour en semaine : 15 €
Menus à la carte de 45 à 70 €