Posté le 5 octobre 2023 par La Rédaction

Il y a des dimanches où tout est au poil. Du soleil, une légère brise pour rafraîchir cette fin d’été encore généreuse, la perpective de découvrir un restaurant, un service, une cuisine. À notre arrivée, la terrasse est à moitié pleine. La glycine qui couvre la terrasse fait virevolter de petites gouttes de soleil sur les tables simplement dressées. Un décor qui se suffit à lui-même, comme celui d’un repas de famille dominical. À l’image du lieu, le service se veut également dépouillé de tout artifice. Aline est aux commandes, distillant bonne humeur et décontraction à chaque table. Ici, on n’a pas peur de poser la bouteille sur la table et de laisser le client se servir, le sourire est de mise, la simplicité aussi. Pour profiter de la lecture, un joli Coteaux de l’Aubance illumine ce début de déjeuner de son nectar safrané et abricoté. Un liquoreux trop oublié qui donne le ton d’une table faisant fi des convenances venues de Gascogne. Et c’est tant mieux. La carte des vins est encore timide, mais s’étoffe peu à peu, les clients apportant leur grain de sel à cet édifice difficile à construire pour les néophytes. De loin, on devine le chef Yann s’activer au fourneau, délivrant une cuisine dans laquelle la prétention n’existe pas. Pas de plat trop cérébral, de virage mal négocié ou de prise de risques, chaque assiette reste cantonnée à ce que le chef maîtrise. La soupe aux deux tomates est bien assaisonnée, le foie gras joliment cuit, les sauces gourmandes et parfaitement réduites.

Une cuisine sans accroc, exotisme ni manières, mais diablement efficace. Très beau souvenir d’un plat de haricots coco délicieusement terrien, contrasté par le piquant de fines tranches de chorizo et la douceur d’éclats de mûre fraîche. Le bar est également bien accompagné, servi sur un très beau beurre blanc au pamplemousse agrémenté d’œufs de truite et de ciboulette. Une sauce que l’on se verrait bien servir à la louche, enrobante, sapide et vivace comme on les aime en cette mi-saison. C’est avec ce genre d’adresse que l’on se souvient d’aller à l’essentiel. Cuisson, assaisonnement, réduction, température, un joli dressage… et c’est tout. Pas de feuilles en biscuit, pas de fleurs sans goût, pas de points de sauce identiques d’un plat à l’autre, pas de pâles copies… Non. Un filet de bœuf à la sauce bien morillée, une andouillette goûteuse et fondante, une purée de céleri légèrement vanillée, de bons légumes. La carte est courte, mais pensée pour être sûre. Une à une, les lignes de la carte sont rayées, le chef étant bien décidé à nous faire goûter la totalité de ce que la saison lui offre. Au moment du dessert, le duo royal chocolat-glace vanille bataille avec les mirabelles au safran. Deux desserts réconfortants à souhait que l’on a plaisir à manger, même après 4 entrées et 4 plats.

C’est finalement ce que l’on attend d’un restaurant dominical. L’assurance de se faire plaisir et d’être à table comme à la maison. Souriant et régalé. Un dej’ en famille à organiser ? Ne cherchez plus.

L’Auberge lentaise 418, Grande rue à Lent & 04 74 21 55 05 Du lundi au dimanche midi (fermé le mercredi) Vendredi et samedi soir Menus de 38 à 68 € Menu du déjeuner : 20,50 €