Posté le 30 janvier 2024 par La Rédaction

Nos rédactrices, Chloé et Marine, ont testé une séance photo comme en 1851.

On a tous en tête cette scène de la Gloire de mon père : Marius et son père Joseph, fusil fier et paire de bartavelles pendue au ceinturon ; l’abbé immortalisant l’exploit derrière sa chambre au collodion… Une technique mise au point en 1851, « au début de la photographie, son inventeur Nicéphore Niepce obtenant de premiers résultats probants dans les années 1830 (voir page 36)». Une technique, dont le photographe de la rue Charles-Robin Romain Bebon pense – en la découvrant par hasard au détour d’une vidéo – qu’elle est « la seule façon valable de faire un portrait »… Alors il cherche, se forme, s’équipe. « Pendant plusieurs mois j’ai déchiffré des manuels anciens, j’ai perfectionné ma technique auprès d’un papy qui a accepté de me livrer quelques secrets… » Depuis fin 2023, le jeune Burgien propose donc lui-même le processus au collodion humide. En clair : le portrait ancien, sur plaque verre ou métal.

Un rendu exceptionnel

À l’ère du tout-numérique, de l’intelligence artificielle, Romain Bebon mise sur une technique vieille de 170 ans pour des clichés d’une finesse incroyable. Avec l’impression sur chaque cliché de plonger un siècle en arrière. Le modèle, en plus de poser sous une armée de projecteurs, suit chaque étape de la fabrication de sa photo. « Je fais tout de A à Z. L’enduction de la plaque au collodion, son trempage dans un bain d’argent, le séchage, l’installation dans le châssis, la prise de vue – dans les règles de l’art ! -, la dépose d’un fixateur en chambre noire, d’un révélateur, le séchage encore, l’application d’un vernis à la lavande. » Et toujours, l’émerveillement. « La photo au collodion humide a ceci d’exceptionnel qu’elle donne en une seule prise une vision de soi qui plaît. » Sans aucune retouche.

Une expérience hors du temps

Toutes les deux sommes passées derrière l’objectif de Romain. Une vingtaine de minutes en tout pour nous tirer le portrait, et nous le tirer bien. L’appareil seul apporte à l’expérience tout son charme. Il est d’époque, l’objectif en tout cas, quand la chambre bois originelle trône en vitrine… Le visage de celle qui pose apparaît à l’envers sur le verre dépoli. Tout est fait manuellement, à l’ancienne. Le placement du trépied, la mise au point, le retrait du cache, le déclenchement du flash et, par lui, quelque 7000 W livrés aux yeux du modèle. Le plaisir réside dans la découverte du visuel à mesure que Romain verse ses potions. L’enchantement, dans les nuances de gris. L’équilibre, aussi, entre la netteté du regard et le flou de l’arrière-plan. La satisfaction enfin, dans l’obtention d’un portrait qui nous plaît. Sans réserve. « Une fois vernie, elle ne bouge pas pendant plusieurs siècles. »

Studio Romain Bebon
56, rue Charles-Robin à Bourg
3 formats : 10 x 12 cm, 13 x 18 cm et 20 x 25 cm
À partir de 90 €
Événement sur demande